Les francophones se mobilisent

Jeudi dernier, l'auteur-compositeur-interprète louisianais Zachary Richard a donné... (Archives La Tribune)

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Jeudi dernier, l'auteur-compositeur-interprète louisianais Zachary Richard a donné un spectacle-bénéfice à Regina pour venir en aide à L'Eau vive, le seul hebdomadaire francophone de la Saskatchewan.

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CHRONIQUE / Les Fransaskois avaient rarement vu une mobilisation comme celle-là.

Jeudi dernier, l'auteur-compositeur-interprète louisianais Zachary Richard a donné un spectacle-bénéfice à Regina pour venir en aide à L'Eau vive, le seul hebdomadaire francophone de la Saskatchewan. Plus de 230 personnes ont déboursé les 50$ requis pour y assister.

Ça peut sembler un petit nombre pour certains. Mais si on compare la population francophone de la Saskatchewan à celle de l'Ontario, 230 Fransaskois à un rassemblement sont à peu près l'équivalent, toute proportion gardée, du nombre de Franco-Ontariens qui se sont réunis à Ottawa, le 22 mars 1997, pour le grand rassemblement historique du mouvement S.O.S. Montfort.

Ça vous donne une idée.

Grâce à cette soirée en compagnie de Zachary Richard et à d'autres activités de financement tenues au cours des derniers mois chez les Fransaskois, L'Eau vive a pu amasser près de 40 000$ et reprendre sa publication hebdomadaire après un arrêt forcé de trois mois.

Mais que s'est-il passé pour que cet hebdo fransaskois, qui fête cette année ses 45 ans d'existence, soit obligé d'arrêter les presses pendant une si longue période de temps?

«On a frappé un mur financier, de répondre Jean-Pierre Picard, le directeur du développement de la Coopérative des publications fransaskoises. On a amorcé un virage numérique assez ambitieux (et coûteux) en 2014. Puis est arrivée la campagne électorale au fédéral. Et durant une campagne, comme on le sait, le gouvernement ne peut pas dépenser. On ne recevait donc plus notre subvention de fonctionnement de Patrimoine canadien, une subvention qui représente environ un tiers de notre budget. Et vu que cette campagne électorale a été d'une durée record, nous avons été obligés de piger dans nos réserves qui étaient déjà très minces.»

Le coup de la publicité gouvernementale

Un malheur n'attend pas un autre, dit-on. Et L'Eau vive, en plus de perdre ses importantes subventions fédérales durant trois mois, a vu les placements publicitaires provenant de ce même gouvernement fondre comme neige au printemps.

«Les revenus de la publicité fédérale étaient notre principale source de revenus, d'affirmer M. Picard. Plus que ce que l'on recevait en subventions de fonctionnement. Habituellement, on recevait de 80 000$ à 90 000$ annuellement en publicité gouvernementale. Mais on a également coupé ça pendant les trois mois de campagne électorale et ce fut le coup de grâce.

«Mais il faut dire que le gouvernement Harper avait beaucoup coupé dans ces publicités et qu'elles étaient déjà en chute libre depuis quelques années, poursuit-il. Pour vous donner une idée, nos publicités totales en 2014 se sont chiffrées à 176 000$ de revenus. En 2015, ces revenus, toute publicité confondue, ont chuté à 132 000$.»

Il n'y a pas à dire, la situation financière de L'Eau vive est précaire. Heureusement, les subventions du fédéral ont repris. Et il reste à voir si une présentation récente des médias communautaires devant le comité des langues officielles, à Ottawa, afin que le gouvernement assure d'une façon ou d'une autre leur survie portera fruit.

Mais à en juger par le succès qu'a connu la campagne de financement de L'Eau vive et, surtout, le concert-bénéfice offert par Zachary Richard, on peut espérer une longue vie à cet hebdo.

Les Fransaskois, avec leur résilience légendaire, ne le laisseront pas tomber.

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