À la rencontre des Fransaskois

Valérie Jackson et Shallyn Chabot, deux étudiantes de... (Denis Gratton, LeDroit)

Agrandir

Valérie Jackson et Shallyn Chabot, deux étudiantes de l'école Saint-Paul et Julien Gaudet, directeur général de l'Association jeunesse fransaskoise.

Denis Gratton, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Il y a ce tableau décoratif dans la salle de bain de ma chambre d'hôtel, en Saskatchewan, qui se lit comme suit, et je traduis librement : « Il est impossible de perdre son chien en Saskatchewan. Car s'il s'évade, vous le verrez courir au loin pendant des jours ».

Il n'y a pas à dire, elle est plate, la Saskatchewan. Pas plate dans le sens joual du mot, c'est-à-dire ennuyeuse. Mais plate comme une crêpe. 

Par contre, il n'y avait rien de plate mercredi, à Saskatoon, où se tenait la neuvième édition de ce qu'on a baptisé la Francofièvre.

Il s'agit d'un grand rassemblement annuel qui regroupe jusqu'à 2000 étudiants de la 7e à la 12e année des 13 écoles de langue française de la Saskatchewan, ainsi que des écoles d'immersion. Cette fête alterne chaque année entre le nord et le sud de la province. Elle est organisée par l'Association de la jeunesse fransaskoise, en collaboration avec les nombreux organismes francophones et francophiles de la province, dont le Conseil des écoles fransaskoises et le Canadian Parents for French.

Que font les jeunes à cette Francofièvre? Ils s'amusent, tout simplement. Que ce soit dans la dizaine de structures gonflables géantes installées dans une immense salle d'un centre d'événements, où dans un kiosque où ils peuvent revêtir des costumes aussi hilarants les uns que les autres, ils s'amusent... en français. Et en après-midi, un spectacle d'artistes fransaskois est présenté pour faire place à la danse. 

Comme ont dit Valérie Jackson et Shalynn Chabot, deux étudiantes de 8e année de l'école Saint-Paul de Saskatoon, « c'est la journée la plus amusante de l'année scolaire ». Et d'ajouter Valérie : « tout le monde est excité de parler français ensemble. »

Le directeur général de l'Association de la jeunesse fransaskoise (AJF), Julien Gaudet, 36 ans, explique la raison d'être de cette Francofièvre.

« Le but est de sortir le français d'un milieu éducatif, dit-il, et de le mettre dans un milieu culturel afin que les jeunes puissent vivre une expérience qui les touche de différentes façons. Parce que souvent, le français est perçu comme quelque chose qu'on utilise seulement à l'école. C'est la réalité dans un milieu minoritaire. Alors ce qu'on fait avec la Francofièvre, c'est qu'on crée un lieu majoritaire francophone. Et on laisse les jeunes s'amuser avec d'autres jeunes francophones qui vivent la même réalité qu'eux dans leur ville respective. Et ce, sans porter de jugement sur la grammaire ou autre matière. Le mandat de notre association est de créer un sens d'appartenance et de fierté fransaskois. Alors c'est ce qu'on fait ici. Et on accueille de 1000 à 2000 jeunes annuellement, tout dépendant de la température et de la région où la fête a lieu. Cette année, nous en attendons plus de 1100. »

Julien Gaudet est originaire de St-Isidore-de-Bellevue, un village majoritairement francophone situé au nord de Saskatoon. Atteint de paralysie cérébrale, il est père de deux jeunes enfants et il dirige l'AJF depuis maintenant trois ans.

« Mais ça fait 16 ans que je suis membre de l'AJF, précise-t-il. J'ai tout fait dans cette association. Et elle m'a permis de voyager et de représenter ma province à plusieurs occasions dans des tournois nationaux de basket-ball et de rugby en fauteuil roulant. Mais il y a trois ans, on m'a dit : «tu vas dorénavant être le boss de l'AJF, Julien. C'est assez le plaisir, c'est le temps de vieillir» », ajoute-t-il en riant.

Un Gatinois dans l'Ouest

La Francofièvre a été fondée en 2007 par l'ancien directeur de l'Assemblée communautaire fransaskoise, le Gatinois Denis Desgagné. Celui-ci a été nommé en novembre 2010 au poste de président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques, à Québec.

Mais il se souvient très bien de ses années dans l'Ouest canadien, lui qui avait été directeur général de l'Association canadienne-française de l'Alberta, avant de déménager en Saskatchewan.

« J'ai grandi - comme on dit maintenant - à Gatineau, Gatineau, dit-il. J'ai fait un voyage dans l'Ouest canadien quand j'étais jeune adulte et je suis tombé en amour avec les francophones de cette région du pays. Alors je suis revenu m'y installer et mes quatre enfants sont nés ici, deux en Alberta, et deux en Saskatchewan.

«J'ai passé de merveilleuses années dans l'Ouest, poursuit-il. J'ai adoré ça. Et en ce qui a trait à la Francofièvre, on savait qu'un tel rassemblement de la jeunesse fransaskoise n'avait jamais été fait auparavant. C'était un peu fou comme rêve. Mais la deuxième année, à Regina, le premier ministre de la Saskatchewan, Lorne Calvert, était là. Il n'avait jamais vu un mouvement comme celui-là et il a félicité les 2000 jeunes présents. Il va sans dire que nous étions tous très fiers.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer