La rue Basse-Charlotte

«Voulez-vous bien me dire ce que ce nom... (Etienne Ranger, LeDroit)

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«Voulez-vous bien me dire ce que ce nom signifie, se demande Serge Denis. Ça veut dire quoi, Lower Charlotte?»

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / À compter du 21 mars prochain, la parcelle nord de la rue Charlotte, à Ottawa, portera un nouveau nom. Et ce changement de nom irrite au plus haut point Serge Denis, un résident de cette rue.

On peut le comprendre un peu. C'est plutôt irritant de procéder à un changement d'adresse. Un changement forcé, par surcroît. Il faut signaler la nouvelle adresse à nos contacts et créanciers. Il faut se rendre à la banque pour ajouter notre nouvelle adresse sur nos chèques. Il faut communiquer avec les agences et ministères gouvernementaux. Et le reste, et le reste. Ça ne finit plus, quoi. 

Mais d'abord, pourquoi la Ville d'Ottawa change-t-elle le nom de cette parcelle de rue? Pour éviter toute confusion, dit-on.

C'est que la rue Charlotte est physiquement et géographiquement divisée par un parc. Le parc MacDonald Gardens, l'appelle-t-on. Donc si vous circulez en direction ouest sur la rue Rideau, vous pouvez tourner à gauche sans problème sur la rue Charlotte. Mais il est impossible de tourner à droite, soit en direction nord. Il faut d'abord contourner le parc en question en empruntant la rue Cobourg, pour ensuite tourner à droite sur la rue Heney, pour enfin aboutir sur ce bout de la rue Charlotte. La Ville procédera donc au changement de nom de cette parcelle.

Mais ce n'est pas seulement le tracas d'effectuer un changement d'adresse qui agace M. Denis. C'est aussi, voire surtout, le nouveau nom choisi par la Ville qui l'horripile.

Car dans deux semaines, sa rue ne sera plus connue comme la rue Charlotte, mais bien la rue Lower Charlotte. Oui, Lower Charlotte.

«Voulez-vous bien me dire ce que ce nom signifie, se demande M. Denis. Ça veut dire quoi, Lower Charlotte? Et comment traduit-on ce nom? La rue Basse-Charlotte? Ça n'a aucun sens.

«Il suffit pourtant de connaître un peu l'histoire de la Basse-Ville pour savoir que celle-ci était un bastion de la francophonie. Il y a de l'histoire ici. Vrai, plusieurs familles francophones ont quitté (lors de l'expropriation de 1966 pour construire la rue King Edward). Mais il reste encore beaucoup de francophones ici. Le Patro d'Ottawa, par exemple, est toujours ici.»

(Et il aurait pu ajouter la paroisse Sainte-Anne, l'école secondaire publique De La Salle, l'école élémentaire catholique Sainte-Anne et La Nouvelle Scène, pour ne nommer que celles-ci.)

«Je ne comprends pas la Ville d'Ottawa, de reprendre M. Denis. Oui, la lettre qu'on nous a fait parvenir pour nous avertir du changement de nom à venir était rédigée dans les deux langues officielles. Mais quand le temps est venu de trouver un nouveau nom pour cette rue de la Basse-Ville, on n'a démontré aucune sensibilité à l'égard des francophones et de leur histoire. Et c'est déplorable. C'est même insultant.»

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, a expliqué que toutes les rues scindées à Ottawa, comme la rue Charlotte, porteront dorénavant deux noms. 

Et selon lui, c'est l'Association des résidents de la Basse-Ville qui aurait proposé le nom «Lower Charlotte». «C'est un nom soumis par la communauté», s'est-il défendu.

Des noms francophones à Vanier

Ces changements de noms de certaines rues d'Ottawa apportent cependant une bonne nouvelle pour les francophones du secteur Vanier, m'a indiqué le conseiller Fleury.

Ainsi, une parcelle de la rue Sainte-Cécile sera bientôt renommée en l'honneur de celui que LeDroit a baptisé «Monsieur Vanier» dans ses pages, le centenaire Joffre Bélanger.

Par ailleurs, une parcelle de la rue Genest sera pour sa part renommée afin d'honorer l'ancien conseiller municipal de Vanier et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, (feu) Hector Hotte.

Enfin, la rue Maple, toujours du secteur Vanier, sera rebaptisée «rue de l'Érablière» pour éviter toute confusion avec une autre rue Maple qui se trouve sur le territoire de la Ville.

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