Je n'aime pas les zoos

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CHRONIQUE / Il y a eu manifestation, dimanche, à Wendover, dans l'Est ontarien. Une cinquantaine de personnes s'étaient rassemblées pour dénoncer les conditions de vie des animaux en captivité.

Cet événement organisé par la Ligue de défense des animaux d'Ottawa s'est tenue à la suite de l'incident du 28 février dernier au Zoo Papanack de Wendover, alors qu'un lion blanc africain s'est échappé de son enclos. Et compte tenu du danger qu'il représentait pour les gens du coin, le propriétaire de ce zoo n'aurait eu d'autre choix que d'abattre «le roi de la jungle».

Sans m'immiscer dans le débat à savoir si le propriétaire de ce zoo a bien agi en tuant l'un de ses attraits touristiques les plus courus, je me range dans ce cas-ci du côté de la Ligue de défense des animaux d'Ottawa. 

***

Je recule au mois d'août 2004. Je me trouvais en Nouvelle-Écosse pour préparer une série de chroniques dans le cadre du Congrès mondial acadien qui se tenait dans cette merveilleuse province, cet été-là. Ma douce moitié - une dénommée Manon - m'avait accompagné pour ce voyage. Et une fois le congrès terminé, nous avion décidé de rester en Nouvelle-Écosse quelques jours de plus, question de voir un peu de pays et de s'amuser.

Nous séjournions à Annapolis Royal, un village situé à environ une heure au nord de Yarmouth, sur la côte Est de la province. Un zoo dont j'oublie le nom se trouvait tout près de ce village.

«Et si on allait visiter ce zoo?, que je demande à Manon.

- Vraiment?

- Pourquoi pas? Ce serait une première pour moi. Je n'ai jamais visité un zoo de ma vie.

- Jamais!? T'es parents ne t'ont jamais emmené au zoo de Granby?

- Jamais. Ils ont dû se dire: «avec nos sept enfants, pas besoin d'aller visiter un zoo, on en a un à la maison».

- Bon, d'accord. Si ça peut t'amuser, allons au zoo.»

Je n'ai pas aimé cette visite. En fait, je l'ai détestée.

Les pauvres animaux en cage étaient tous amorphes et leurs yeux semblaient complètement éteints. Comme s'ils étaient sous l'effet d'un puissant sédatif. Ou l'étaient-ils? Et par cette journée ensoleillée, ils restaient couchés et entassés dans un coin, dans le peu d'ombre qui touchait leur cage.

C'est drôle à dire, mais j'ai ressenti une profonde tristesse pour eux. Un peu comme si c'était moi qui étais à leur place, en cage, pour le restant de mes jours.

Il y a quelque chose de tout croche dans un zoo. Quelque chose de presque cruel. Et depuis cette visite au zoo, en Nouvelle-Écosse, je n'arrive pas à comprendre quel genre de plaisir les gens peuvent bien retirer d'un tel divertissement.

Dimanche dernier, pendant que certains manifestaient à Wendover contre les conditions de vie des animaux de zoo, une dizaine de sympathisants au Zoo Papanack se sont présentés sur les lieux pour contrer cette manifestation. Et de déclarer l'un d'entre eux à notre journaliste Martin Brunette:

«...On accuse les zoos de manquer de compassion. (...) Il y a une différence entre un animal qui vient d'un milieu sauvage et un animal qui a été élevé en captivité».

Si cet argument est censé me faire changer d'idée, c'est tout à fait le contraire qui se produit. Car lorsqu'on me dit qu'un animal a été «élevé en captivité», je traduis ça comme: «c'est correct d'aller le voir au zoo puisqu'il a vécu en cage toute sa vie. Ils sont habitués».

Ma compassion envers ces animaux s'accroît davantage en sachant que cette cage est leur vie et qu'ils n'ont jamais connu rien d'autre que ces barreaux qui les emprisonnent, et ces humains qui déferlent librement devant eux à longueur de journée.

Les temps ont changé. La société a évolué. Et les zoos, selon moi, n'ont plus leur place.

Passons à autre chose.

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