Le monument Monette

Suzanne Séguin et son fils Charles sont les... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Suzanne Séguin et son fils Charles sont les nouveaux propriétaires du Marché Monette.

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Les Monette ont quitté. Mais qu'adviendra-t-il de ma tourtière!?

J'aime la tourtière. Et ma préférée est celle qu'on prépare au Marché Monette, rue Eddy, dans le Vieux-Hull.

Mais avant d'aller plus loin, clarifions une chose tout de suite. Et là je m'adresse surtout aux Bleuets du Lac-Saint-Jean. Je vais parler de «tourtière» dans cette chronique. Ou de ce que vous appelez par chez vous un «pâté à la viande». Je sais que votre tourtière ne ressemble en rien, ou si peu, à ce que l'on appelle ici une tourtière. Donc, pas besoin de m'écrire pour me corriger, je suis bien conscient que votre tourtière est unique et la meilleure au monde. (Dieu sait que vous me l'avez fait comprendre au fil des ans. J'ai même été juge une année au concours de tourtières de l'Association des Bleuets de l'Outaouais. Et pour me remercier, on m'a nommé membre honoraire de cette association. Je serais donc un Bleuet!)

Mais bon... revenons au Marché Monette. 

Saviez-vous que la famille Monette a vendu son commerce? C'est arrivé le 15 février dernier, il y a à peine une semaine. Les Monette ont quitté discrètement, sans tambour ni trompette. Comme s'ils ignoraient que leur épicerie est une véritable institution dans le Vieux-Hull.

Fondée il y a 95 ans par Gédéon Monette, à l'époque où les commerces de la rue Eddy (alors rue du Pont) fourmillaient d'activités, elle est restée dans cette famille toutes ces décennies. De Gédéon à son fils Claude et sa femme Adéline, puis de ce couple à leur fils Philippe, ce sont des générations de Monette qui se sont succédé dans cette petite épicerie de la rue Eddy.

Mais tout ça est passé à l'histoire le 15 février dernier. Et bien que ce commerce conservera toujours le nom Marché Monette, plus un seul Monette n'y travaillera.

Qui sont les nouveaux propriétaires de l'endroit, demandez-vous?

Ils se nomment Séguin. Charles Séguin et sa mère, Suzanne Séguin. Une famille de Hull, donc des gens d'ici.

«C'était l'une des conditions de vente imposées par les Monette, de dire la nouvelle propriétaire, Suzanne Séguin. Ils ont reçu plusieurs offres pour leur commerce familial au cours des dernières années. Mais c'était toujours des gens de l'extérieur qui voulaient l'acheter. Et les Monette ont insisté pour que ce soit des gens d'ici, des gens de la place, des gens qui connaissent le secteur et la clientèle. Et nous sommes bien contents qu'ils aient accepté notre offre.

- Mais vous savez, Mme Séguin, que vous aurez d'énormes pointures à chausser? L'épicerie Monette est une institution dans le coin.

- Une institution, dites-vous? Je dirais plutôt un monument!»

Mais un monument que les Séguin croient pouvoir améliorer, sans toutefois trop brusquer sa clientèle qui semble être restée fidèle, même si tous les anciens employés de cette épicerie ont quitté le 15 février dernier.

«Nous avons invité ces employés à rester, affirme Mme Séguin. Mais ils ont tous choisi de quitter. Il faut comprendre que la grande majorité d'entre eux étaient membres de la famille Monette. Des fils, des petits-fils, des soeurs et le reste. Et ils ont tous préféré passer à autre chose. Mais Philippe (Monette) passe nous voir presque tous les jours pour nous conseiller et nous guider. On l'apprécie beaucoup.

- Et que comptez-vous changer dans l'épicerie?

- On veut compléter et améliorer l'offre alimentaire sur l'Île de Hull, de répondre Charles Séguin.

- On veut ajouter des produits locaux et biologiques, de renchérir sa mère. On veut aussi améliorer l'offre des mets à apporter qu'on prépare ici, et aussi ajouter plus de fruits et de légumes. Je pense qu'on peut concurrencer les magasins à grande surface et offrir les mêmes prix qu'eux.

- Ce ne sera pas un supermarché, mais une vraie épicerie, d'ajouter Charles.»

Mais la «question qui tue» est celle-ci: qu'adviendra-t-il de la tourtière? De «ma» tourtière?

Rien à craindre, m'a rassuré Mme Séguin. Adéline Monette leur a laissé sa recette de tourtière vieille de 95 ans et les nouveaux propriétaires la suivront à la lettre.

«Comme nous suivrons à la lettre les recettes des Monette pour les pâtés au poulet, les cretons et tous les autres mets qu'ils préparaient. Pourquoi irions-nous changer quelque chose qui marche bien?»

Fiou. Ça me rassure...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer