Le retour de Bleu nuit

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CHRONIQUE/ «Tu seras content d'entendre ça, Denis. Je viens de lire ça sur ma tablette. Il y a une chaîne de télévision au Québec qui rediffusera Bleu nuit à compter du samedi 12 mars.

- Quelle chaîne de télévision, Manon?

- Prise 2. On dit que c'est une chaîne spécialisée de catégorie B en langue française détenue par le Groupe TVA.

- Alors appelons notre câblodistributeur Rogers Ottawa tout de suite.

- Mais pourquoi?

- Pour qu'on ajoute Prise 2 à notre forfait, c't'affaire!

- Que je te voie appeler Rogers pour ça!

- Je fais des farces, Manon. Tu le sais bien. Je ne regardais jamais Bleu nuit à l'époque où c'était diffusé, et ce n'est certainement pas demain que je commencerai à le regarder non plus.

- T'es comme tous les gars, Denis Gratton. Vous dites tous ça: 'je ne regardais pas Bleu nuit, moi'. Mais curieusement, les cotes d'écoute pour ces films battaient des records. Il y a quelqu'un, quelque part, qui regardait ces films. Et vient me dire, Denis Gratton, que tu n'as jamais vu les films Emmanuelle 4, Histoire d'O et Le dernier tango à Paris?

- Pourquoi nommes-tu ces trois vieux films des années 1970?

- Parce qu'ils feront partie des films qu'on présentera au printemps à Prise 2.

- Ah bon. Alors pour répondre à ta question: non, je n'ai jamais vu les films Histoire d'O et Emmanuelle 1, 2, 3 ou 4. Ça manque à ma culture, faut croire.

- Et l'autre? Le dernier tango à Paris? Tu l'as vu?

- Oui. Et il était ennuyant à mourir, ce film. Disons que Marlon Brando a déjà joué dans de bien meilleurs films. Mais je dois avouer que l'actrice Maria Schneider me...

- Ah! Ah! Donc tu regardais Bleu nuit.

- Pantoute! On présentait régulièrement Le dernier tango à Paris quand je travaillais au cinéma répertoire Towne, au début des années 1980. C'est un film culte. Et comme placier, je devais rester dans le cinéma. Donc c'est là que je l'ai vu. Et revu. Et revu encore. Et plus je le revoyais, plus vite que je m'endormais. En fait, je recommande à tous ceux qui souffrent d'insomnie de regarder ce film le soir de sa diffusion. Profond sommeil garanti.

- Et qu'allais-tu dire, au juste, sur Maria Schneider?

- Heu... rien. Rien. Laisse faire.

- C'est ce que je pensais. Donc tu n'as jamais regardé Bleu nuit, dis-tu? Sache que ça ne me dérangerait pas du tout si tu l'avais déjà regardé. Tous les gars regardaient ça à l'époque.

- Je n'ai jamais regardé Bleu nuit, Manon. Par contre, j'avoue que j'ai déjà regardé l'ancêtre de Bleu nuit.

- Quoi?

- Au début des années 1970 - j'avais 13 ou 14 ans - CFVO (une coopérative télévisuelle de l'époque, ancêtre de ce qui allait devenir CHOT-TVA) présentait le samedi soir ce qu'ils appelaient «Cinérotique». Je ne savais même pas à l'époque ce que le mot «érotique» voulait dire. Mais mes parents étaient à l'extérieur de la ville pour le week-end, et mes frères et soeurs étaient tous sortis. Donc j'étais seul à la maison, je pitonnais tard le samedi soir et, par pur hasard, je suis tombé sur Cinérotique.

- Et...?

- Et j'ai vite compris ce que le mot «érotique» voulait dire!

- Te souviens-tu du film qu'on y présentait?

- Bien sûr que non, Manon! Il y a plus de 40 ans de ça. Par contre, je me souviens de ce que j'ai demandé à mes parents pour Noël cette année-là.

- Quoi ça?

- Une télé pour ma chambre à coucher!

- Idiot...»

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