Dans le passé de Montfort

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Jean Yves Pelletier a dévoilé les trouvailles qu'il a faites dans les «catacombes» de l'hôpital Montfort.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / La tâche était colossale.

La mission: mettre de l'ordre dans les archives de l'Hôpital Montfort. C'est-à-dire les archives que la congrégation des Filles de la Sagesse - les fondatrices de cet hôpital construit en 1953 - n'ont pas apportées avec elles en 1969 lorsqu'elles ont légué la gestion de l'établissement de santé au secteur public. Ainsi que les archives de 1969 à 2014.

Cette mission a été confiée à l'auteur et conseiller en patrimoine bien connu de la communauté franco-ontarienne, Jean Yves Pelletier. Celui-ci était de passage au Muséoparc Vanier, mercredi soir, pour justement dévoiler les trouvailles qu'il a faites dans les «catacombes» de l'hôpital Montfort.

«J'ai nettoyé à peu près 3000 boîtes, se souvient-il. L'Hôpital m'a embauché comme conseiller à la documentation historique en 2011. C'était pour un contrat de quatre mois, mais le travail a finalement nécessité trois ans!»

«C'était un vrai pêle-mêle au sous-sol de l'hôpital, dit-il. À l'époque où les Filles de la Sagesse administraient l'endroit, une soeur était attitrée aux archives. Mais quand les bonnes soeurs sont parties, les bonnes manières sont parties avec elles. De 1969 à 2011, les secrétaires sortaient les documents des classeurs et on mettait ça dans des boîtes qu'on plaçait au sous-sol. Cette façon de faire a duré 40 ans et c'était un désastre. La tâche était réellement colossale.»

Quels genres de trucs M. Pelletier a-t-il trouvés dans les archives de Montfort?

«Il y avait beaucoup de choses, répond-il. Il y avait près de 3000 photos, des objets, des crucifix et le bénitier du premier aumônier de Montfort, une espèce de petite boîte qui contenait de l'encens et de l'eau bénite. L'aumônier se promenait avec ça dans l'hôpital pour les mourants.»

«Il avait aussi un petit boîtier de métal dans lequel se trouvaient les lettres patentes de 1932 qui donnaient la permission aux Filles de la Sagesse de gérer des hôpitaux. Puis il y avait une autre lettre - de 1950 celle-là - de Mgr l'archevêque Alexandre Vachon qui confirmait sa permission aux soeurs d'ouvrir et de gérer l'Hôpital Montfort. Ce ne sont que quelques trouvailles parmi tant d'autres.»

Durant les trois années consacrées à sa tâche, Jean-Yves Pelletier a réalisé pourquoi la communauté franco-ontarienne a tant tenu à «son» hôpital quand le gouvernement conservateur de Mike Harris a voulu le fermer en février 1997. Il a compris ce que les dirigeants du mouvement S.O.S. Montfort voulaient dire lorsqu'ils plaidaient que Montfort était beaucoup plus que de la brique et du mortier.

«J'ai très bien compris ce qu'on voulait dire quand on parlait de la famille Montfort, dit-il. Entre 1950 et les années 1990, on comptait à peu près toujours le même nombre d'employés. Et ces gens restaient là pendant des décennies. Et il s'agissait souvent des gens de la même famille. Des oncles, des fils, des tantes, des neveux et le reste. Tout le monde se connaissait. Et les soeurs connaissaient les enfants d'Eastview (Vanier) puisqu'elles enseignaient dans les écoles de cette ville. Donc elles donnaient les emplois d'été à l'hôpital à certains de ces étudiants. Et certains d'entre eux sont restés à Montfort toute leur vie. Pour ces gens, Montfort était leur vie sociale. L'hôpital était toute leur vie.»

M. Pelletier a-t-il trouvé des items et des documents liés à la lutte de cinq ans de S.O.S. Montfort?

«Il y avait l'équivalent d'une dizaine de boîtes sur S.O.S. Montfort, répond-il. La moitié contenaient des photocopies et des copies originales de coupures de journaux. Cette histoire avait fait les manchettes nationales et on comptait un nombre important d'articles publiés dans la presse francophone et anglophone.»

«Et l'autre moitié des boîtes contenaient la pétition de 135 000 noms recueillis pendant deux mois par LeDroit. Gisèle Lalonde a apporté ces signatures à Queen's Park le 16 avril 1997. J'ai donc fait le ménage dans ces boîtes-là. Ce sont des documents très importants.»

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