Dans la peau de Papa Glamotte

Notre chroniqueur Denis Gratton a incarné Papa Glamotte,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Notre chroniqueur Denis Gratton a incarné Papa Glamotte, jeudi matin, un peu contre son gré.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Elle est folle, ma foi.

Ces cinq mots me reviennent en tête chaque mois de février quand le Bal de neige se met en branle et que ma collègue Justine Mercier retombe en enfance.

C'est que Justine rêve depuis toujours d'enfiler un costume de Glamotte, l'espace d'une journée. Oui, une Glamotte. Ces mascottes du Bal de neige «mi-toutou mi-marmotte» nommées Papa, Maman et leurs jumeaux Noumi et Nouma. Une drôle de petite famille qui se pointe le museau une fois par année.

Depuis les cinq ou six dernières années, donc, c'est immanquable, Justine appelle les responsables du Bal de neige à la Commission de la capitale nationale (CCN) pour leur demander, voire supplier de la laisser personnifier une Glamotte pour quelques heures.

Elle est folle, ma foi, que je me répète chaque année. Elle sait que la CCN lui dira non. C'est comme ça depuis le début de ses demandes. «Nous ne laissons pas les journalistes enfiler le costume d'une Glamotte», se fait-elle répondre année après année.

Mais elle persiste, elle récidive, elle ne lâche pas le morceau. C'est son rêve, que voulez-vous. Moi je rêve d'un hiver sur une plage dans les Caraïbes. Justine rêve d'un hiver sur un canal gelé, vêtue d'un costume de marmotte engraissée aux stéroïdes. À chacun ses fantasmes, quoi.

«Puis, Justine?, que je lui demande il y a environ trois semaines. As-tu placé ton appel annuel pour jouer Maman la Glamotte?

- Bien sûr, me répond-elle d'un ton plus décidé que jamais.

- T'es folle. Tu sais qu'on refusera ta demande. Lâche le morceau une fois pour toutes ou tu seras encore déçue.

- Pas question. Je pense même qu'ils accepteront cette année.

- Je vais te dire quelque chose, Justine. Je suis tellement convaincu qu'on te répondra non, que si jamais, par miracle, on te répond oui, j'irai avec toi jouer Papa la Glamotte.

- Deal! Mais t'oublies une chose, Gratton. Le Bal de neige est passé entre les mains de Patrimoine canadien. Ils n'ont peut-être pas les mêmes politiques que la CCN en ce qui a trait aux Glamottes.

- Ouais... ouais... Bonne chance avec ça.»

Mardi matin. Justine raccroche le téléphone d'un sourire radieux et me lance: «Ça marche, Gratton! On nous attend au parc Jacques-Cartier jeudi matin!

- Qui nous attend jeudi matin?

- Les Glamottes! Patrimoine canadien a dit oui!»

(Misère... Quand apprendrai-je à me la fermer?)

Justine et moi avons donc joué les Glamottes, jeudi matin. Elle jubilait en enfilant son costume, je maugréais.

Mais j'ai vite réalisé que Justine n'est pas si folle, après tout. En fait, je l'ai enfin comprise, grâce à une fillette haute comme trois pommes. Quand les yeux de celle-ci se sont illuminés en apercevant Papa Glamotte dans le parc et qu'elle s'est précipitée sur moi les deux bras grands ouverts pour m'enlacer, j'ai compris la magie des Glamottes. Et qui sait? Je recommencerai peut-être même l'an prochain.

Serais-je devenu fou, ma foi?

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