Manon la marmotte

CHRONIQUE / Le printemps sera-t-il hâtif cette année? Ou l'hiver a-t-il... (Archives, La Presse)

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CHRONIQUE / Le printemps sera-t-il hâtif cette année? Ou l'hiver a-t-il l'intention de s'accrocher et de rester avec nous jusqu'en mai? On ne le saura jamais.

Non, précision. Les Québécois le sauront. Mais pour le reste du Canada - dont nous, les Franco-Ontariens - il sera dorénavant impossible de savoir si on pourra ranger la gratte en plastique à la fin-mars, ou à la fin-mai.

Willow est morte. Willow était une marmotte. Mais pas n'importe quelle marmotte. Willow était LA marmotte qui, chaque 2 février venu, sortait de son trou pour prendre un peu de soleil. Et si Willow voyait son ombre, cela voulait malheureusement dire que l'hiver se poursuivait pour six semaines supplémentaires. Par contre, si cette marmotte ne voyait pas son ombre, cela voulait dire que le printemps était à nos portes.

Mais c'est fini tout ça. Parce que Willow est morte. Elle est décédée vendredi dernier au Centre de réhabilitation de la vie sauvage des Prairies de Winnipeg, là où elle résidait depuis toujours.

Les employés de ce centre l'ont adoptée quand sa mère, prénommée Willowette je crois, a été tuée par un chien. Une patte brisée avait empêché le retour de la p'tite Willow dans la nature. Et devenue avec le temps trop accoutumée à la présence des humains, elle avait dû rester à ce centre.

Une belle histoire, n'est-ce pas? Sauf la fin...

Selon un employé du centre en question, Willow agissait normalement vendredi matin et mangeait une carotte. Mais quand les employés sont retournés la voir en soirée, ils l'ont retrouvée sans vie. (Si j'étais coroner, je commencerais mon enquête par une analyse de ladite carotte.)

Willow avait six ans. Ce qui est l'espérance de vie d'une marmotte: six ans. Elle serait donc morte de vieillesse. Tout de même dommage qu'elle n'ait pu rester avec nous quelques jours de plus et nous offrir un tout dernier jour de la marmotte. Il aurait sûrement été mémorable. Mais dorénavant, on ne saura jamais plus si le printemps arrivera tôt ou tard. Et c'est triste.

Les Québécois peuvent cependant se consoler. Ne faisant rien comme le reste du Canada, le Québec a sa propre marmotte officielle. Elle s'appelle Fred et, selon les plus récentes informations, elle serait en pleine forme pour faire sa prédiction aujourd'hui. Mais pour nous, amis Francos, oublions ça. Et à tout jamais. Willow n'est plus.

(Oui, je sais que l'Ontario a sa marmotte nommée Wiarton Willie. Mais elle est la marmotte des anglophones. Nous, les Francos, y allons avec Willow, la marmotte franco-manitobaine. Question de solidarité...).

Le jour de la Manon

Je crois avoir une solution pour qu'on puisse savoir, comme les Québécois, si le printemps sera hâtif ou tardif.

C'est la fête à ma conjointe Manon en ce 2 février. Je ne lui ai pas demandé si je pouvais mentionner son âge dans ce papier, je vais donc m'abstenir. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on.

Depuis que je la connais, Manon dit que c'est elle, la véritable marmotte. Que c'est elle qui prédit le printemps. Et je pense qu'elle a raison. L'an dernier, elle a vu son ombre le jour de son anniversaire et, comme on le sait tous, l'hiver et le froid se sont éternisés jusqu'à tard en avril. Je serais donc marié à une marmotte...

Donc à compter de cette année, la date du 2 février ne sera plus connue comme le «jour de la marmotte», mais bien le «jour de la Manon». 

Donc à toi de jouer, Manon. Nous attendrons ton verdict.

Verra-t-elle son ombre ou non? Je vous donne le résultat de sa sortie dans une prochaine chronique, chers lecteurs.

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