Une longue vie à deux

Angéline Bourcier et Lionel Landriault se sont rencontrés... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Angéline Bourcier et Lionel Landriault se sont rencontrés à l'âge de 16 mois.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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CHRONIQUE / Lionel Landriault et Angéline Bourcier, du village de L'Orignal, dans l'Est ontarien, célébreront mercredi prochain leur 75e anniversaire de mariage. Ils se sont rencontrés à l'âge de 16 mois.

Non, le «16 mois» dans la phrase précédente n'est pas une faute de frappe ou d'inattention. Ils se sont réellement rencontrés alors que les deux n'étaient âgés que de 16 mois. Et puisqu'ils sont aujourd'hui âgés de 96 ans, on calcule rapidement qu'ils se connaissent depuis 95 ans! Une longue histoire d'amour, quoi...

M. Landriault explique comment cette rencontre s'est produite il y a presqu'un siècle alors que les deux étaient bébés.

«Angéline est née à Montebello et moi à L'Orignal, raconte-t-il. Sa mère est décédée alors qu'Angéline n'avait que 16 mois et son père ne pouvait pas la garder. Alors elle a été adoptée par son oncle, le frère de son père, qui lui était marié avec ma tante, la soeur de mon père. Donc quand Angéline a été adoptée et qu'elle est déménagée à L'Orignal avec ses parents adoptifs, je l'ai rencontrée. Nous avions le même âge: 16 mois. Mais il n'y a pas de lien de parenté entre nous deux.»

«Mais quand j'étais jeune, j'ai toujours considéré Lionel comme mon cousin, enchaîne Mme Bourcier. On se voyait souvent, dans les fêtes familiales et tout ça. Mais à l'âge de 18 ans, je ne le voyais plus comme mon cousin, j'ai commencé à le voir autrement», ajoute-t-elle d'un éclat de rire.

Les deux tourtereaux se sont mariés à l'âge de 21 ans, le 23 décembre 1940.

«Nous nous sommes mariés le 23 décembre parce que j'étais enseignant à l'époque et on voulait se marier durant mes vacances, dit M. Landriault. Mais dans ce temps-là, on n'avait pas le droit de se marier durant l'Avent (les quatre semaines précédant Noël). Donc il a fallu payer un surplus de cinq dollars pour que l'église fasse exception à cette règle. Et cinq dollars, c'était beaucoup d'argent à l'époque. Pour vous donner une idée, Angéline travaillait chez Bell Canada à L'Orignal avant qu'on se marie et elle gagnait cinq cents de l'heure!»

Ils se sont mariés à L'Orignal, mais ils ont déménagés dans la basse-ville d'Ottawa en 1957.

«On est venu à Ottawa pour faire instruire nos enfants, de dire M. Landriault. Je pense qu'on a pris une bonne décision, hein?» demande-t-il en se tournant vers son épouse.

«Une très bonne décision, acquiesce-t-elle. Nos cinq enfants ont tous réussi dans la vie et nous sommes très fiers d'eux. De les voir réussir dans la vie était mon plus grand rêve et il s'est réalisé. Mais j'ai aussi vu les cinq prendre leur retraite. Ça, par contre, je ne pensais jamais voir ça!» (Rires.)

«C'est vrai que nous sommes fiers d'eux, de reprendre M. Landriault. Comme nous sommes fiers de nos huit petits-enfants qui eux aussi ont réussi dans la vie, et fiers de nos 15 arrière-petits-enfants.»

Fait à souligner: les deux amoureux habitent toujours dans leur maison de la basse-ville. «C'est moi qui fais la popote, de dire Mme Bourcier. Mais on a beaucoup d'aide de nos enfants pour le reste.»

Je ne pouvais quitter ce charmant couple sans lui demander LE secret, c'est-a-dire le secret pour une longue vie à deux.

«Un jour à la fois, a répondu Mme Bourcier. Notre vie s'est déroulée comme ça.»

«On a eu nos tracas, a renchéri son mari. On a eu de bons jours et de moins bons jours. Mais il s'agit de dialoguer, de communiquer, de régler nos problèmes avant qu'ils prennent de l'ampleur, et de ne jamais aller se coucher en colère.»

Bien noté, merci.

Bon 75e anniversaire de mariage à vous deux.

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