Une région tricotée serrée

Je m'assurerai que ces réfugiés reçoivent en main... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Je m'assurerai que ces réfugiés reçoivent en main propre nos tricots afin qu'ils sachent que notre communauté est chaleureuse, accueillante et tricotée serrée», affirme Marie-Josée Cusson.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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CHRONIQUE/ Une centaine de réfugiés syriens seront accueillis à Gatineau d'ici la fin de l'année. Et d'autres s'ajouteront sûrement à ce nombre après les Fêtes.

Tout un choc les attend...

Je vous parle de l'hiver. Je parle des froids impitoyables de janvier et de février que même nous, Canadiens, trouvons parfois cruels et insupportables. Et ça me rappelle un passage amusant d'une entrevue que m'avait accordée l'humoriste sénégalais Boucar Diouf en mars 2012. Voici ce qu'il avait raconté sur son arrivée au Québec, en 1991, par une froide journée d'hiver:

«Il y a trois chocs quand t'arrives. Il y a le choc linguistique, le choc culturel et le choc thermique. Tu vis trois chocs en même temps. Et le plus difficile, dans mon cas, était le choc thermique. Je trouvais qu'il faisait terriblement froid quand je suis arrivé. Et mon premier hiver, je l'ai vécu difficilement. Je capotais bien raide, comme on dit. C'est là que l'expression 'péter au frette' a pris tout son sens!».

Marie-Josée Cusson, de Cantley, a concocté un projet - ou «une initiative citoyenne», comme elle dit - pour que la centaine de nouveaux arrivants à Gatineau ne «pètent pas au frette» cet hiver. Et elle a baptisé son projet: Un bonnet pour la paix.

Son objectif est de recueillir des bonnets (tuques), des foulards et des mitaines de laine tricotés par des gens de l'Outaouais afin de les remettre aux réfugiés syriens à leur arrivée, et ainsi atténuer leur «choc thermique».

«Ces familles qui arriveront d'ici la fin de l'année viendront enrichir et embellir nos communautés, dit-elle. Donc l'objectif de mon initiative est de favoriser la solidarité et de susciter, par l'entraide, un élan d'acceptation de ces nouveaux arrivants. On tricote avec nos mains. On remet nos tricots dans leurs mains. Symboliquement, on leur tend la main.»

Traductrice au gouvernement fédéral et mère de deux enfants âgés de sept et neuf ans, Marie-Josée Cusson, 35 ans, a été renversée d'apprendre récemment que six Québécois sur 10 sont réfractaires à l'initiative du gouvernement Trudeau d'accueillir au pays 25 000 réfugiés de la Syrie. «J'ai donc décidé d'agir pour convaincre ces 'six sur 10' du contraire», explique-t-elle.

Mme Cusson invite les gens de l'Outaouais, jeunes et vieux, à tricoter bonnets, foulards et mitaines, et à déposer leurs oeuvres dans des boîtes de cueillettes placées dans trois commerces de la région.

(Ces trois lieux sont le magasin Fabricville du boulevard Maloney Ouest, secteur Gatineau, le magasin Magifil du boulevard St-Joseph, secteur Hull, et à l'hôtel de ville de la municipalité de Cantley, chemin River).

«Je fais régulièrement ma tournée de ces trois endroits pour recueillir les tricots, explique Mme Cusson. Et si d'autres commerces de Gatineau veulent me faire une place pour une boîte de cueillette, ils n'ont qu'à communiquer avec moi.»

Marie-Josée Cusson n'est cependant pas dans le secret des dieux. Comme un peu tout le monde, elle ignore la date d'arrivée des réfugiés syriens à Gatineau. Comme elle ignore qui exactement les accueillera et où cette centaine de personnes habiteront.

«Je vais communiquer avec les organismes impliqués dans cet accueil pour voir où et comment je pourrai remettre les tricots fabriqués par les gens d'ici, dit-elle. Mais actuellement, je n'en sais pas plus. J'écoute les nouvelles comme tout le monde, je me tiens au courant. Et dès qu'on aura plus de détails, je m'assurerai que ces réfugiés reçoivent en main propre nos tricots afin qu'ils sachent que notre communauté est chaleureuse, accueillante et tricotée serrée», de conclure Mme Cusson de ce jeu de mots.

Pour contribuer, participer ou en savoir plus sur ce projet: bonnetpourlapaix@gmail.com, sur Facebook (Un bonnet pour la paix), ou communiquez avec Marie-Josée Cusson au 819-968-5098.

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