Un village à bâtir

Le président du conseil d'administration du Village d'antan... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le président du conseil d'administration du Village d'antan franco-ontarien, Robert Laplante

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Robert Laplante voulait me rencontrer pour me parler du projet qu'il pilote depuis de nombreuses années. J'ai rédigé une chronique sur ce projet, au début du mois, et M. Laplante voulait en discuter plus longuement. Alors «why not?», me suis-je dit.

Je vous parle du Village d'antan franco-ontarien qui était censé ouvrir ses portes à St-Albert, l'été dernier, mais dont l'ouverture a été repoussée à l'été 2017... si les astres veulent bien s'enligner.

Il est bien gentil, ce M. Laplante. Retraité du monde de l'éducation dans l'Est ontarien, il a été enseignant, directeur d'école, surintendant et trésorier au cours de sa longue carrière. Et aujourd'hui, plutôt que de profiter de sa retraite et de se la couler douce, il consacre bénévolement d'innombrables heures à son projet, son «bébé»: le Village d'antan franco-ontarien.

Mais le pauvre est pratiquement seul dans son équipe. Oui, il préside un conseil d'administration de 11 bénévoles, mais il n'a aucun employé. Il n'a personne pour le seconder dans les nombreuses tâches requises à la mise sur pied de ce projet.

S'il avait les sous pour se permettre ne serait-ce qu'un employé, je suis convaincu qu'ils seraient nombreux à faire la file pour l'aider dans la réalisation de ce rêve. Parce que plusieurs croient dans ce village historique et touristique. Et j'en suis un.

Le hic, c'est que Robert Laplante n'a pas d'argent. Pas de subventions gouvernementales. Et c'est triste. Parce que le projet qu'il m'a présenté hier matin, s'il se concrétise un jour sur le terrain de la fromagerie St-Albert, sera absolument magnifique.

Il y aurait d'abord la fromagerie, incendiée en février 2013 puis reconstruite, qui accueille bon an mal an plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. C'est de la crotte de fromage ça, Monsieur.

À deux pas de la fromagerie, on y construirait le Village d'antan franco-ontarien qui reproduirait l'histoire de l'Ontario français durant les années 1850 à 1920. Et entre les deux se trouverait un amphithéâtre à ciel ouvert où se produirait le mégaspectacle l'Écho d'un peuple.

Tout ça sur le même terrain. Et c'est sans mentionner le Musée de la Fromagerie qui compte ouvrir ses portes l'an prochain, et l'incontournable Festival de la curd qui, d'été en été, attire des milliers de gens.

On voit grand à St-Albert. Et pourquoi pas. Tout est là sur la table. Les plans d'affaires, les plans de réalisation, la volonté d'innombrables partenaires et de bénévoles, le rêve. Le rêve est là, à portée de la main.

Il ne manque «qu'un peu» de sous...

Combien? À peu près 3,8 millions de dollars. C'est du moins le budget revu à la baisse par le conseil d'administration du «village». On calcule qu'avec cette somme, cet attrait touristique, ou ce Upper Canada Village franco-ontarien, pourrait accueillir ses premiers visiteurs dès juin 2017. Demain, quoi.

Où sont les élus!?

Mais la contribution des gouvernements provincial et fédéral est essentielle. Indispensable.

On pensait bien que le gouvernement de Kathleen Wynne allait donner à ce projet franco-ontarien une part de son enveloppe allouée pour les célébrations du 400e anniversaire de présence française en Ontario. Mais non. Et pourtant, ce n'est pas un simple bingo ou une fête de quartier qu'on veut mettre sur pied à St-Albert. C'est un endroit qui attirerait annuellement des dizaines de milliers de visiteurs et qui, du même coup, rappellerait à tous notre patrimoine et la contribution inestimable de nos ancêtres à la survie, à la prospérité et à la résilience du peuple franco-ontarien. Ce n'est pas rien!

Où était la ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, quand les gens du Village d'antan ont cogné à sa porte? Et Grant Crack, le député provincial de Glengarry-Prescott-Russell? Où était il, lui? Quelqu'un l'aurait vu?

Robert Laplante a encore espoir de voir le Village d'antan franco-ontarien vibrer un jour. Et peut-être que le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, en 2017, sera la bouée de sauvetage, espère-t-il.

«Je crois que notre projet répondrait à tous les critères pour obtenir une subvention dans le cadre de ce 150e, dit-il. Parce que le Village d'antan franco-ontarien est quelque chose qu'on léguerait aux générations futures, et non une simple fête d'une journée avec des feux d'artifices qu'on oublierait le lendemain.»

Reste à convaincre les élus. Les Francis Drouin, Mélanie Joly et compagnie.

Ainsi que le premier ministre lui-même, le Franco-Ontarien Justin Trudeau...

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