Le village fantôme

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Les instigateurs du projet, avec costumes d'époque, lors de sa présentation en 2012

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CHRONIQUE / Si la tendance se maintient, le Village d'antan franco-ontarien qu'on rêve de construire un jour sur le site de la fromagerie St-Albert parlera de nous et de comment était la vie en 2015...

La création de ce village touristique qui se voudra un peu l'équivalent franco-ontarien du Upper Canada Village, à Morrisburg, tout près de Cornwall, a été annoncée en grande pompe à l'automne 2012. Et selon ce qu'on prévoyait à l'époque, les premiers visiteurs devaient l'étrenner à l'été 2015, soit durant l'été qui vient de passer.

Et on n'a pas lésiné à l'époque pour lancer ce projet. On avait même nommé deux ambassadeurs de ce Village franco-ontarien: l'ancien entraîneur-chef de la Ligue nationale de hockey (LNH), Jacques Martin, natif de St-Pascal-Bayon, et l'ancienne commissaire aux langues officielles du Canada, Dyane Adam, de Casselman.

Je me suis entretenu avec Jacques Martin il y a trois ans, à peine une semaine après l'annonce de la venue de ce village touristique près de son village natal. Voici ce qu'il m'a répondu quand je lui ai demandé pourquoi il a accepté le rôle d'ambassadeur de ce futur lieu: «Parce que c'est une opportunité de retourner chez moi et de revivre mon enfance. Le Village d'antan franco-ontarien donnera l'opportunité à nos enfants et nos petits-enfants de retourner dans le passé et de découvrir la façon dont vivaient leurs ancêtres. Et ce sera aussi une excellente façon de promouvoir le patrimoine franco-ontarien et la langue française en Ontario.»

Toute une réponse, me suis-je dit, venant d'un ex-entraîneur de la LNH qui n'a jamais été reconnu pour sa volubilité. Comme quoi son enthousiasme vis-à-vis de ce projet lui déliait la langue.

Mais le pauvre ambassadeur Martin doit être bien en peine ces jours-ci, de son bureau à Pittsburgh. Tout comme l'ambassadrice Adam doit sûrement l'être, de ses terres sur l'île d'Orléans, près de Québec. Parce que ce Village franco-ontarien est encore loin - très loin - de voir le jour, malgré son ouverture prévue pour l'été dernier.

On apprenait jeudi que ce projet ne pourra être terminé avant 2017. Et 2017 est une prévision pleine d'optimisme puisque selon le président du conseil d'administration de ce village, Robert Laplante, tous les bâtiments n'y seront pas construits en 2017, et «la construction s'échelonnerait par la suite», a-t-il déclaré à TFO.

Donc si je comprends bien, le Village franco-ontarien ouvrira peut-être ses portes en 2017, mais il faudra y retourner quelques années plus tard pour peut-être voir le produit final.

La belle affaire...

Pourquoi tous ces délais? Faute d'argent, c'est aussi simple que ça. Des subventions qu'on espérait obtenir de différents paliers gouvernementaux n'ont jamais été accordées. Les dons du public se sont faits plus rares que prévus. Et pour mettre la cerise sur le gâteau, le gouvernement ontarien n'a pas donné un sou noir de son enveloppe allouée pour les célébrations du 400e anniversaire de présence française en Ontario pour ce projet franco-ontarien.

Voyait-on trop grand pour ce village qui devait reproduire l'Ontario français durant les années 1850 à 1900? Oui. D'ailleurs, l'an dernier, les organisateurs ont dû revoir le projet à la baisse, ramenant le montant initial de 8 millions $ fixé pour l'ensemble des constructions à 3,4 millions $. Et pour atteindre cette somme revue à la baisse, on parle maintenant de lancer une toute nouvelle campagne de financement...

Ce village verra-t-il le jour d'ici quelques années? On le souhaite tous. Mais semble-t-il que tout dépendra - encore une fois - de la générosité des Franco-Ontariens et de la volonté du gouvernement provincial.

Et si le passé est garant de l'avenir, ce village d'antan n'est pas pour demain...

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