Grande soeur et ange gardien

Depuis le 15 février dernier, Lydia Fréchette veille... (Martin Roy, LeDroit)

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Depuis le 15 février dernier, Lydia Fréchette veille sur sa soeur Madeleine.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE/ Il y a quatre ans, quand Lydia Fréchette fréquentait le secondaire III à l'école du Versant, à Gatineau, elle se demandait bien pourquoi son professeur de biologie donnait un cours en réanimation cardiorespiratoire (RCR). «Quand et à quoi cette technique me servira-t-elle?», se demandait-elle.

Sa réponse est venue le 15 février dernier...

Ce jour-là, Lydia, 20 ans, accompagnait ses trois soeurs cadettes, Jeanie, 9 ans, Sophie, 8 ans, et Madeleine, 5 ans, pour une visite chez leur grand-mère qui habite dans un édifice à logements pour personnes âgées à Gatineau. Comme Lydia allait sonner pour que grand-maman leur ouvre la porte du rez-de-chaussée, sa soeur Madeleine s'est effondrée au sol, victime d'un arrêt cardiaque.

«Je croyais qu'elle blaguait, se souvient Lydia. Je lui disais de se relever mais elle ne bougeait pas. Et quand je l'ai tournée sur le dos, j'ai vite constaté qu'elle n'avait plus de signes vitaux. Alors j'ai immédiatement commencé la RCR. Je me suis souvenue que mon prof de bio au secondaire III (Dominique Langlais) nous avait dit qu'il n'y a pas une seconde à perdre quand on constate que la personne n'a plus de signes vitaux. «C'est 'go'!», nous répétait-il. Et dans le cas de Madeleine, il n'y avait aucun doute, c'était un 'go'!».

Et malgré la panique qui l'envahissait, Lydia a pu composer le 911 tout en poursuivant les manoeuvres de RCR sur sa jeune soeur de 5 ans. Les policiers de Gatineau, suivis des pompiers et des ambulanciers, sont arrivés sur les lieux dans les minutes qui ont suivi et, équipés d'un défibrillateur, ils ont pris la relève de Lydia.

Madeleine a été transportée d'urgence à l'hôpital de Gatineau, puis au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO). Et la fillette de cinq ans, qui est atteinte d'une rare forme d'arythmie cardiaque, a-t-on découvert au CHEO, s'en est sortie saine et sauve et sans aucune séquelle après six jours dans

le coma.

«Les médecins au CHEO m'ont dit que Madeleine ne serait plus avec nous si je n'avais pas été là ce jour-là et si je n'avais pas réagi aussi rapidement, dit humblement Lydia. Les manoeuvres de RCR que j'ai effectuées sur elle ont permis à l'oxygène dans son système de se rendre à son cerveau, m'a-t-on expliqué. Et le défibrillateur a fait le reste.

«Mais je peux vous dire que j'ai Madeleine à l'oeil depuis ce jour-là, d'ajouter Lydia. Je veille sur elle. Je ne suis pas mère poule, je suis soeur poule», lance-t-elle en riant.

Lydia Fréchette et sa famille prendront part mardi matin à une conférence de presse de la Fondation ACT à l'école secondaire du Versant. Cette fondation nationale sans but lucratif vise à établir gratuitement des programmes de formation en RCR et en défibrillation dans les écoles secondaires canadiennes.

Elle lancera donc une campagne de financement régionale dans le but de récolter 40 000 $ afin de munir de défibrillateurs 20 écoles secondaires de l'Outaouais. Toutes les écoles de la région offrent maintenant des cours de formation en RCR. La Fondation ACT veut aller un pas plus loin en permettant à ces écoles d'offrir aux enseignants et aux élèves une formation en vue d'utiliser un défibrillateur.

Si cette campagne de financement s'avère un succès, ce sont plus de 3000 étudiants de l'Outaouais qui auront obtenu la formation de RCR et qui, de plus, sauront utiliser un défibrillateur en cas d'urgence. Quand et à quoi tout ça leur servira?

C'est ce que Lydia se demandait...

Pour faire un don à la Fondation ACT: www.fondationact.ca/campagne-outaouais

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