«Halloween Apple!»

CHRONIQUE / J'ai été transporté plus de 40 ans en arrière,... (La Voix de l'Est)

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CHRONIQUE / J'ai été transporté plus de 40 ans en arrière, dimanche, en lisant sur Facebook un commentaire du collègue de TC Média, Pascal Laplante.

Voici ce qu'il a écrit: «C'est quoi cette expression: Halloween Apple? Entendu pour la première fois de ma vie hier soir.» Et il ajoutait un peu plus loin: «C'est un peu étrange. En fait, c'est beaucoup étrange... mais pas surprenant, quand on y pense: une expression anglophone qui n'existe pas, c'est typiquement Outaouais.»

Mais cette expression existe bel et bien, mon cher Pascal. Car quand j'étais jeune, c'est ce qu'on criait aux portes de Vanier le soir du 31 octobre.

«Halloween Apple!»

Je ne sais pas si c'est ce que les jeunes de Hull, de Gatineau et d'ailleurs en Outaouais disaient en tendant leurs taies d'oreiller pour obtenir des friandises. (Oui, leurs taies d'oreiller...) Mais chez nous, du côté de l'Ontario, c'était la norme. C'était l'expression. Tous les enfants la criaient.

Doit-on conclure que l'enfant qui a prononcé ces paroles à ta porte, samedi soir, est un rejeton de parents franco-ontariens? Peut-être. Probablement.

Pourquoi les mots «Halloween Apple», te demandes-tu? C'est qu'à l'époque - et je parle des années 1960 -, il n'y avait pas de tablettes de chocolat miniatures, ou de sacs de croustilles en format individuel, ou de toutes ces friandises aussi variées les unes que les autres qu'on retrouve aujourd'hui sur le marché. Et plusieurs familles - comme la mienne - ne roulaient pas sur l'or.

Donc plusieurs parents - comme les miens - offraient simplement des pommes à l'Halloween. Mon père achetait un immense panier de pommes et c'est ce que les enfants obtenaient en sonnant à notre porte. On voyait bien la déception dans leurs yeux en recevant ce fruit banal. Mais c'était comme ça. Ce panier de pommes était tout ce qu'on pouvait se permettre. Et imagine un instant, Pascal, si mon père avait pu se permettre d'offrir des bonbons. Nous étions sept enfants chez nous. Disons que tous ces bonbons auraient disparu par magie bien avant le soir de l'Halloween...

Et nous n'étions pas les seuls à donner des pommes le 31 octobre. Nous n'étions pas la seule famille de Vanier qui comptait de nombreux enfants. Quand mes frères, mes soeurs et moi revenaient de notre collecte d'Halloween et que nous vidions nos taies d'oreiller sur la table de cuisine, on pouvait compter autant de pommes que de friandises. Des pommes qu'on jetait dans le panier de mon père. Donc toute la soirée de l'Halloween chez les Gratton était un éternel recyclage de pommes!

***

Mais la question qui se pose est celle-ci: si les enfants détestaient recevoir une pomme à l'Halloween, pourquoi criaient-ils «Halloween Apple»?

On m'a déjà raconté que cette expression voulait dire: «Donnez des pommes à vos risques et périls.» C'est-à-dire qu'il était permis le soir de l'Halloween de lancer les pommes sur les maisons d'où elles provenaient en signe de représailles pour ne pas avoir obtenu de bonbons. Mais de mémoire, personne n'a jamais lancé de pommes sur notre maison. Mais c'est vrai que ce n'est pas moi qui allais vérifier le lendemain matin s'il y avait des dégâts...

En ai-je déjà lancé sur les maisons de mon quartier? Je ne répondrai pas à cette question sans la présence de mon avocat. Disons que d'anciens voisins de la rue Deschamps et des alentours sont toujours abonnés au Droit, et que je ne voudrais pas que nos lecteurs vaniérois se désabonnent pour un geste que j'aurais PEUT-ÊTRE commis il y a 45 ans alors que j'étais jeune, un peu fou et costumé en Batman.

Je vois déjà les lettres de désabonnement s'empiler sur le bureau de notre éditeur et toutes signées: «Dites au "p'tit Gratton" deux mots: Halloween Apple!»

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