Monsieur Vanier

Joffre Bélanger en compagnie de son arrière-petit-fils, Éric,... (Martin Roy, LeDroit)

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Joffre Bélanger en compagnie de son arrière-petit-fils, Éric, son petit-fils, Alain et son fils Luc.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Il y avait du monde à la messe...

En fait, ce n'est pas une messe qu'on a célébrée dimanche après-midi à l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Vanier. On a plutôt occupé les lieux pour fêter Joffre Bélanger, un homme qui a donné pratiquement toute sa vie à sa ville natale.

Un homme qui habite Vanier depuis sa naissance. Un homme qui a géré le Centre récréatif de cette ancienne ville pendant des décennies, qui a été membre d'à peu près tous les clubs sociaux imaginables, qui a aussi été membre de la Société Saint-Jean-Baptiste pendant plus de 45 ans et son président pendant plusieurs années, et un homme qui, en 1969, a piloté le dossier du changement de nom d'«Eastview» à «Vanier» après avoir obtenu l'autorisation de la famille du général Georges P. Vanier. Et ce n'est qu'un survol très rapide de sa vie. La liste pourrait se poursuivre sur plusieurs pages.

Bref, on a célébré «Monsieur Vanier» dimanche à «son» église Notre-Dame-de-Lourdes, là où il a travaillé comme marguillier, collecteur, servant de messe, etc. pendant des décennies.

C'était sa fête dimanche. Et Joffre Bélanger a profité de la belle journée automnale pour se rendre aux célébrations en son honneur au volant de sa voiture sport écarlate décapotable, choisissant de garer celle-ci devant les portes de l'église. C'était sa fête, quoi. Pourquoi ne pas occuper la place de choix?

Après tout, on n'a pas tous les jours 100 ans...

Le centenaire

Oui, 100 ans. Oui, sa voiture sport décapotable. Son char d'été, comme il dit.

Sa Oldsmobile, il la gare l'été dans le garage de sa maison de Vanier qu'il habite depuis plus de 50 ans. Elle lui servira l'hiver pour faire ses courses, pour ses rendez-vous chez le médecin, pour aller à la messe matinale, pour se rendre au cimetière se recueillir sur la tombe de son épouse Berthe avec qui il a été marié pendant plus de 74 ans, et aussi pour rendre visite à ses cinq enfants (deux autres de ses enfants ne sont plus de ce monde), ses 14 petits-enfants et ses 16 arrière-petits-enfants.

Toute cette marmaille était présente à la fête, dimanche après-midi. Ils se sont d'abord réunis à la messe de 11h célébrée par l'ami intime de M. Bélanger, Mgr Gérard Deschamps. Puis à 14h, ils ont ouvert les portes de l'église devenue une salle communautaire pour accueillir plus de 200 parents et amis qui tenaient à venir serrer la pince au «bon vieux Joffre».

Et debout, droit comme un chêne, ce dernier les a accueillis et salués un à un en se souvenant clairement d'eux, comme si chacun d'entre eux avait sa place bien spéciale dans son immense coeur.

Un véritable phénomène de la nature, cet homme. Et je devais lui demander: quel est le secret, M. Bélanger?

«Le secret, c'est de faire une bonne vie, a-t-il répondu. Et c'est de ne pas vivre avant le temps. Il faut vivre au jour le jour. Les gens aujourd'hui ont toujours hâte. Ils ont hâte de se lever le matin parce qu'ils ont mille et une choses à faire. Ils ont hâte d'avoir une journée de plus. C'est comme s'ils ont hâte de vieillir. C'est ça le bobo. Le monde se casse la tête.»

«Moi, poursuit-il, je ne me casse pas la tête avec rien. Des ennemis, je n'en ai pas, je ne connais pas ça et je n'en veux pas. J'ai toujours été assez charitable et assez pieux aussi. Et je ne manque jamais la messe du matin. Ça! C'est important. Du lundi au dimanche, je ne la rate jamais. Aller à la messe pour commencer une bonne journée, il n'y a rien de meilleur que ça. Si je n'y vais pas, je suis mal à l'aise toute la journée.»

«Vivre au jour le jour et ne pas courir après l'avenir, il est là le secret. Et ne jamais oublier que la vie nous est seulement prêtée et qu'il faut en prendre soins car elle est délicate.»

La rue Joffre Bélanger

À souligner que le maire d'Ottawa Jim Watson a profité de la fête pour remettre à M. Bélanger un livre sur l'histoire de la Ville d'Ottawa. Tandis que le conseiller municipal d'Ottawa-Vanier, Mathieu Fleury, a indiqué aux 250 convives qu'une rue du quartier Vanier allait d'ici peu être renommée en l'honneur de Joffre Bélanger.

Il était temps...

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