Le chevalier canadien

Pierre Dubuc, qui vient de fêter ses 91... (Denis Gratton, LeDroit)

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Pierre Dubuc, qui vient de fêter ses 91 ans, est un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale.

Denis Gratton, LeDroit

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En voilà un honneur grandement mérité.

Mardi soir à Bowman, petite municipalité voisine de Val-des-Bois, on a rendu hommage à un homme qui a risqué sa vie pour son pays, pour les siens.

Pierre Dubuc, qui vient de fêter ses 91 ans, est un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale qui a été hautement décoré et honoré par le Canada. Les sept médailles militaires qui décorent son veston d'ancien combattant le prouvent.

Mais mardi, à Bowman, c'est la France qui est venue lui dire merci en lui remettant le grade de chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur, la plus haute distinction remise par ce pays à des citoyens étrangers. Un prestigieux honneur qui a beaucoup touché M. Dubuc.

«C'est une médaille qui est, pour moi, un grand honneur, m'a-t-il confié mercredi matin quand je l'ai rencontré chez lui. J'ai toujours rêvé à une médaille comme ça, mais je n'ai jamais pensé l'avoir sur mon veston un jour», a-t-il ajouté, visiblement ému.

Père de trois filles, M. Dubuc est atteint de la maladie de Parkinson, une maladie neurologique qui a beaucoup ralenti cet homme de 91 ans. Mais bien qu'il soit aujourd'hui limité physiquement, sa mémoire et son esprit restent toujours aussi vifs. Et il se rappelle comme si c'était hier de son enrôlement dans l'Armée canadienne.

À l'été 1940, un groupe de recruteurs de l'armée s'est installé à l'hôtel de Val-des-Bois pendant une journée pour tenter de recruter des jeunes hommes du coin prêts à faire la guerre. Une seule personne s'est présentée à l'hôtel ce jour-là. Devinez qui?

«Mais j'étais trop jeune et trop petit, je ne faisais pas le poids, se souvient M. Dubuc. Et je n'avais que 15 ans».

Oui, il voulait se rendre au front à l'âge de 15 ans, alors que l'âge minimum pour s'enrôler était de 18 ans. Et il le savait. Pourquoi Pierre Dubuc était-il si déterminé à prendre les armes au nom de son pays?

«Parce que je voulais réellement défendre la France, le pays de mes ancêtres», m'a-t-il répondu quand je lui ai posé la question.

Malgré ce refus de l'armée, Pierre Dubuc n'allait pas reculer et il allait récidiver en temps et lieu. Et c'est arrivé en mai 1942, à Ottawa, alors qu'il était âgé de 17 ans.

«Mais je leur ai dit que j'avais 19 ans et que j'avais oublié mon baptistaire, lance-t-il en riant. J'ai passé l'examen médical, ils m'ont remis mon uniforme et mon équipement, puis on m'a octroyé une place dans la caserne. L'armée m'a accordé quatre jours de congé le lendemain. Et on m'a dit de revenir de Bowman avec mon baptistaire. Mais quand je suis revenu, je ne l'avais pas. Et on ne me l'a jamais demandé!», dit-il en s'esclaffant.

Et en 1944, l'artilleur Dubuc quittait avec son régiment pour la Normandie avec la mission de libérer les villages de Falaise et de Caen, le village de ses ancêtres...

M. Dubuc a été grièvement blessé durant ces combats par une bévue de l'armée de l'air américaine qui a accidentellement bombardé les troupes canadiennes. Mais on peut presque dire qu'il a été un peu chanceux, quand on sait que 68 des 78 hommes dans son peloton ont été tués ou si gravement blessés qu'ils ne sont jamais retournés au combat.

M. Dubuc, lui, est retourné au front. Quatre mois après son hospitalisation. Et en Hollande cette fois-ci. L'armée lui a-t-il donné le choix? Aurait-il pu rentrer chez lui à Bowman après son séjour dans un hôpital de Londres?

«Non, je n'ai pas eu le choix, répond-il. Et même si on me l'avait donné, je serais retourné. Jamais je n'aurais abandonné mes compagnons d'armes. J'ai même insisté pour retourner au front. Je voulais participer à la victoire.»

Ce ne sont que quelques bribes de la courageuse histoire du soldat Dubuc. Ses années et son histoire dans l'Armées canadienne, il la relate dans son autobiographie intitulée Les mémoires d'un artilleur.

À lire si vous voulez savoir pourquoi la France est «débarquée» à Bowman mardi dernier pour lui rendre hommage...

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