Baromètres humains

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Saviez-vous que les Canadiens de Montréal ont plus de chances de remporter la coupe Stanley quand l'hiver est rigoureux? Ou que les joueurs de baseball professionnel volent plus souvent le deuxième but par journées ensoleillées? Ou encore que vous avez plus de chances d'obtenir une augmentation de salaire de votre patron quand il fait beau?

Le météorologue et auteur Gilles Brien, 57 ans, partage ces faits et plusieurs autres dans son livre intitulé Les Baromètres humains qui a récemment été lancé en librairie.

Ce météorologue, qui a oeuvré pendant 33 ans à Environnement Canada, s'est penché sur l'influence de la météo sur les gens. Et ses conclusions sont surprenantes.

Bien sûr, il ne se limite pas à des sujets aussi frivoles que les probabilités du Canadien de gagner la coupe ou les vols de but au baseball. Son livre traite aussi de l'effet de la météo sur - entre autres - les gens aux pensées suicidaires, l'influence du mois de naissance sur la santé des bébés naissants, la violence conjugale, ou encore les enfants autistes, lui qui est père d'un fils autiste âgé de 31 ans. Et son oeuvre, qui a nécessité des années de recherches et d'enquêtes, est bourrée de découvertes et de faits étonnants. Comme, par exemple, le lien entre la météo et la violence conjugale. Sur la violence, point.

«Il y a un lien direct entre les deux, affirme-t-il. Dans les années 1980, un médecin américain a démontré qu'il y a plus de violence domestique enregistrée durant les mois et les jours les plus chauds.

«J'ai fouillé cette question au Québec, poursuit-il. Et les refuges pour femmes victimes de violence m'ont dit qu'il n'y avait pas de lien avec la météo. Mais une étude réalisée par l'École de criminologie de l'Université de Montréal démontre que le seuil de 30 degrés Celsius est un seuil où la violence domestique augmente. Tout comme les voies de fait augmentent par temps chaud. Et dans les années 1960, on s'est rendu compte que les émeutes sociales se tenaient dans les villes où la température était de 28 degrés ou plus.»

La météo et le CH

Bon, je sais. Les partisans de la Sainte-Flanelle ont lu la première phrase de cette chronique et se demandent bien quel est le lien entre un hiver rigoureux et les probabilités que le CH gagne la coupe. M. Brien explique.

«Un de mes collègues à Environnement Canada a analysé 66 saisons du Canadien. Et il s'est rendu compte qu'il y avait une relation avec l'hiver. Plus il y a de neige, plus les chances du Canadien de remporter la coupe augmentent. Et l'explication est simple. Prenez l'exemple de Denver, au Colorado, une ville située à un mille d'altitude. Les joueurs professionnels détestent jouer là-bas. Ils se sentent diminués à cause de l'altitude, de la pression barométrique et de la densité de l'air qui sont plus faibles. Ils dorment mal et ils perdent l'attention à cause de l'oxygénation qui n'est pas la même qu'à la maison. Donc ils perdent plus souvent.

«C'est donc la même chose en hiver, explique-t-il. Les joueurs de hockey qui arrivent à Montréal quand une tempête se lève et que la pression change beaucoup ne sont pas acclimatés à ces conditions très turbulentes. Si vous êtes de la place, vous êtes plus acclimatés. Mais si vous êtes de l'extérieur, vous dormez mal la veille d'un match, vous manquez de focus et d'attention et ça se reflète sur le jeu.

- Et est-ce bien vrai, M. Brien, qu'il est préférable d'attendre que le temps soit beau pour demander au patron pour une augmentation de salaire?

«Oui. Les gens prennent plus de risques quand il fait beau et chaud et ils ont tendance à baisser un peu leur sens critique et leur jugement. Donc si vous avez une augmentation à demander, attendez que la pluie arrête. S'il fait beau, votre patron prendra plus de risques.»

Eh bien. En voilà une bonne chose à savoir...

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