Journal «d'outre-temps»

Les nouvelles ont bien changé depuis 1867, comme...

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Les nouvelles ont bien changé depuis 1867, comme l'a constaté notre chroniqueur.

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Je n'avais jamais vu ce journal de toute ma vie. J'ignorais même qu'il avait existé. Il se nommait simplement «Canada». Et l'année en cours s'ajoutait à ce titre, comme dans «Canada 1867».

Oui, 1867. L'année de la Confédération. L'année où le Canada est devenu un pays comptant quatre provinces: le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, le Québec et l'Ontario. Le Manitoba allait joindre le Dominion en 1870; la Colombie-Britannique, l'année suivante; l'Île-du-Prince-Édouard en 1873; l'Alberta et la Saskatchewan en 1905; et enfin Terre-Neuve en 1949. (Les trois territoires se sont joints en 1870 [TNO], en 1898 [Yukon] et en 1999 [Nunavut].)

Je n'ai pas été fouiller sur le Web pour obtenir ces dates. C'est que j'ai la copie du journal Canada du 30 mars 1867, celle qui annonçait en manchette la création de la Confédération canadienne. Et j'ai aussi les autres éditions du Canada qui relataient l'adhésion des autres provinces à ce nouveau pays. Donc j'ai à peu près une dizaine de copies de ce quotidien en tout et partout. Des copies historiques, il va sans dire. (Merci à ma voisine Edmonde Houle, qui me les a généreusement offertes).

Le Canada était un quotidien bilingue de quatre ou six pages, basé à Montréal, qui relatait les nouvelles internationales et nationales, et qui gardait la dernière page pour des «p'tites» nouvelles d'ici. Et ces brefs textes publiés en dernière page m'ont fait bien rire.

J'en partage quelques-uns avec vous. Vous constaterez assez rapidement que les temps ont bien changé au cours des 150 dernières années...

***

FAUX-BILLETS: Les journaux du Haut-Canada annoncent qu'il circule actuellement des faux billets bien exécutés de $3 de la Banques Commerciale du Canada. Comme cette banque n'a jamais émis de tels billets, la dénomination doit être contrefaite. (11 mars 1865)

DES ENLEVEURS À MONTRÉAL: La semaine dernière, M. Haskett, de cette ville, a été assailli par trois marchands américains de chair à canon, qui voulaient le lier et l'amener sur les frontières. L'arrivée de deux hommes les fit renoncer à leur tentative audacieuse. (11 mars 1865)

ARRESTATION PAR LA POLICE: Le chef de police vient de publier son rapport. Il annonce que 11578 individus ont été arrêtés dans le cours de l'année dernière. De ce nombre sont: 18 avocats, 15 médecins et chirurgiens, 10 notaires, 3 vétérinaires, 14 étudiants en droit et en loi, 14 étudiants en médecine, 21 autres étudiants, 2 courtiers, 3 prêteurs sur gage, 181 commis, 11 officiers de l'armée, 40 volontaires, 4 cadets, 3 dentistes, 435 habitants, 29 épiciers, 81 marchands, 149 bourgeois, 12 musiciens, 69 imprimeurs, 192 commerçants, 102 tailleurs, 129 orfèvres. (30 mars 1867)

MOINS DE CRINOLINE: La crinoline commence à disparaître. Dimanche et lundi, nous avons vu plusieurs Dames et Demoiselles qui n'avaient pas cet «indispensable» et elles n'étaient pas moins jolies. (30 mars 1867)

SÉGRÉGATION: Montréal - On dit qu'un monsieur de couleur, qui entrait ces jours derniers pour dîner dans un restaurant, a été rejeté de la table par un autre monsieur qui s'y trouvait déjà; ce que voyant, le monsieur de couleur a intenté une action au propriétaire du restaurant pour l'insulte qu'il a reçue dans son établissement. Cette cause sera une nouveauté dans son genre. (30 mars 1867)

ENFANT PERDU: Un petit garçon de 8 ans est disparu au village St-Jean-Baptiste, lundi matin. Il porte chapeau gris, surtout gris, et pantalon jaune. Il doit répondre au nom canadien de Georges St-Jean, mais il ne parle pas un mot de français. Il appartient à une famille canadienne arrivée la semaine dernière de Chicago. Les personnes qui en auraient eu connaissance sont priées de le faire savoir à son père, M. Isaac St-Jean, au village St-Jean-Baptiste. (30 mars 1867) [À son père!? On n'appelait pas la police à l'époque? Ah non, c'est vrai, le téléphone n'allait être inventé que quelques années plus tard...]

SALAIRE DES POLICIERS: Il y a quelques jours, plus de 130 hommes de la force de police de Montréal ont présenté au Comité de Police une requête le priant de vouloir bien augmenter leur salaire de 7 piastres à 8 piastres par semaine, parce que le salaire qu'ils ont eu jusqu'à présent n'est pas suffisant pour faire vivre une famille, qu'ils ne peuvent rien économiser pour le moment, et que dans l'accomplissement de leurs devoirs ils sont souvent exposés à des accidents de toute nature qui peuvent les jeter eux et leur famille dans une extrême misère. (16 juillet 1870)

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