La cabane «à pète»

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L'idée me semblait saugrenue.

Il y a cinq ans, quand Alain Lapensée, le propriétaire de La Binerie de Plantagenet, m'a appelé pour me parler de la tenue du tout premier Festival de la Bine de Plantagenet, j'ai cru que les vapeurs de ses chaudrons lui étaient finalement montées à la tête.

L'ami Alain voulait célébrer la bine, les fameuses fèves au lard de Plantagenet. Avouez que ça semble un peu bizarre comme idée. Pas plus bizarre qu'un festival pour célébrer des crottes de fromage, direz-vous. Et vous aurez entièrement raison. Comme quoi on ne rate jamais une occasion de fêter chez mes compatriotes franco-ontariens. Toute raison est bonne pour tenir un party.

Le premier Festival de la bine de Plantagenet, en 2011, a connu un vif succès. Et il en sera cette année à sa cinquième édition, qui se tiendra du 18 au 20 septembre, et qui aura comme porte-parole l'humoriste bien connu Patrick Groulx.

Et il y aura une nouveauté cette année à ce festival. Une nouveauté qui risque de faire du bruit, c'est le cas de le dire.

De quoi s'agit-il? Eh bien cette année, ce festival inaugurera sa «cabane à pète».

Vous avez bien lu. Une cabane à pets.

Quand j'ai lu ça dans le communiqué de presse émis hier pour annoncer l'événement, j'ai conclu que les organisateurs allaient installer des «bécosses» sur le terrain et que, dans l'Est ontarien, on appelle une toilette portative: une cabane à «pète».

Il était temps, me suis-je dit. Comment se fait-il qu'on n'y ait jamais pensé avant? Quand on réunit des centaines de personnes dans un même lieu et qu'on leur fait manger des bines à longueur de journée, la logique veut qu'il y ait des toilettes portatives sur place.

Au Festival de la curd de St-Albert, c'est moins important. On connaît tous les effets du fromage sur le système digestif. Mais des bines!? Elles sont le Rapibus des aliments. Elles arrivent au «terminus» avant même que vous soyez rendus au dessert.

Mais bon, en lisant un peu plus loin, j'ai vite compris que la «cabane à pète» ne sera pas une «bécosse». Voici ce qu'on explique dans le communiqué:

«Nouveauté cette année, la fameuse cabane à pète d'une dimension de huit pieds par 18 pieds construite de vieux bois de grange se verra être un mini-musée relatant entre autres l'histoire de la Binerie Plantagenet et émettant des sons bizarres».

J'ai appelé Alain Lapensée pour en savoir plus long sur ces «sons bizarres».

«Parle-t-on ici de bruits de pets?, lui ai-je demandé, tout en me demandant si je ne venais pas de poser la question la plus bizarre de ma carrière.

- C'est ça, Denis. Des bruits de pets, de crampes au ventre et tout ça, m'a-t-il répondu. Ça faisait des années que l'idée me trottait dans la tête. Les gens me demandaient: 'Elle s'en viens-tu, ta cabane à pète Alain?'. Alors voilà. Nous aurons enfin notre musée qu'on a baptisé la cabane à pète. Et en passant, Denis, nous n'avons toujours pas de mascotte à notre festival, mais il se peut qu'on en ait une dès l'an prochain».

Mais pourquoi ajoutait-il ce détail, me suis-je demandé en raccrochant. Puis une chronique écrite il y a cinq ans sur l'arrivée de ce festival dans l'Est- ontarien m'est revenue en tête. Je l'ai retracée dans nos archives et voici ce que j'avais écrit en conclusion:

«J'ai déjà hâte (à ce festival). Et non patron, il n'en est pas question. Je ne ferai pas d'entrevue avec Flatulence, la mascotte du Festival de la bine».

Il n'y a pas de mascotte nommée Flatulence. Il n'y en a jamais eue. L'an prochain, par contre...

Je vois déjà le titre de cette prochaine chronique: «La naissance de Flatulence».

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