Le français au pays des cow-boys

Quand Florina Matu parle de la culture francophone...

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Quand Florina Matu parle de la culture francophone du Québec en classe, elle utilise parfois les petites vidéos... des Têtes à claques.

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La série de rencontres avec des participants à l'Université d'été sur la francophonie des Amériques, qui se déroule cette semaine à l'Université d'Ottawa, se poursuit. Aujourd'hui: Florina Matu, détentrice d'un doctorat en français et professeur de français à la St Edwards University d'Austin, au Texas.

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LeDroit: Vous êtes originaire de la Roumanie, qu'est-ce qui vous a emmenée au Texas, aux États-Unis?

Florina Matu: L'esprit d'aventure, d'abord. À l'époque où j'ai décidé de passer par le processus d'immigration, j'avais 25 ans et l'envie de découvrir le monde. Puis j'ai fait mes études pour une maîtrise. Ça s'est très bien passé et j'ai décidé de rester aux États-Unis. Ça fait maintenant 12 ans que j'y suis, j'ai ma citoyenneté américaine. Puis j'ai obtenu mon doctorat à l'Université d'Alabama en 2012, et ensuite un emploi comme professeur de français. En fait, j'ai été embauchée comme francophoniste. Dans le milieu académique américain, un francophoniste est quelqu'un qui travaille sur les pays francophones, autres que la France, et qui expose les étudiants à la francophonie américaine, africaine, etc.

LD: Parlez-vous du Québec à vos étudiants?

FM: Je prends toutes les opportunités de le faire. Mais pas seulement sur la présence du français au Québec, mais partout au Canada. Je viens d'ailleurs de comprendre de plus en plus comment le français est important en Ontario, alors que je connaissais l'Acadie et le Québec. Mais quand je parle de la culture francophone du Québec en classe, j'utilise parfois les petites vidéos des Têtes à claques.

LD: Pardon!?

FM: Vous avez bien compris (rires). Il y a, par exemple, une vidéo des Têtes à claques sur un prof pas comme les autres. C'est l'histoire de Bégin, un élève victime du prof vieux jeu qui hurle et qui le terrorise. Donc cette petite vidéo - non seulement est-elle vraiment amusante - mais elle me sert d'introduction au vocabulaire de la salle de classe.

LD: Peut-on vivre en français au Texas?

FM: Si. Il y a beaucoup de francophones un peu partout, beaucoup plus qu'on le pense. D'ailleurs, la présence française est très solide à Houston, à environ deux heures et demie d'Austin. Le Consulat général de France se trouve à Houston. Il est très dynamique et il rassemble de manière efficace les francophones de cette ville par des activités culturelles et des rencontres. Austin, pour sa part, est la ville jumelle d'Angers, en France. Il y a beaucoup d'échanges qui se font entre ses deux villes et nous avons un campus Angers à l'université St Edwards. Et chaque semestre, des profs de notre université vont à Angers pour enseigner l'anglais là-bas pendant un semestre. Et certains de nos étudiants américains y vont pendant une année entière.

LD: Comment aimez-vous votre expérience à l'Université d'été?

FM: Je connais les programmes du Centre de la francophonie des Amériques et je me sers de leurs outils tout le temps. Donc quand j'ai reçu l'invitation, je n'ai pas hésité une seconde. Ici on a le privilège d'avoir tous ces conférenciers, des gens extraordinaires, et c'est stimulant. Il y a aussi le côté de l'échange au niveau humain qui est important. Les 40 participants sont déjà amis, c'est incroyable. Il y a une fraternité extraordinaire. Nous sommes un peu comme des vampires qui profitent des connaissances des autres. (Rires).

Et j'ai compris aussi combien nous, les francophones, sommes nombreux et combien nous sommes forts. Et nous avons la responsabilité de cesser de nous plaindre. Je ne comprends pas l'attitude de certains francophones en milieu minoritaire. Je comprends leur réalité et leur milieu, mais je ne comprends pas le complexe d'infériorité chez certains. Il faut qu'on soit fier de ce qu'on fait, il faut qu'on y croie. On ne peut pas convaincre les autres si on est réticent, c'est impossible. Oui, nous sommes une minorité au niveau des statistiques. Mais la minorité est aussi une attitude. Et moi, je reste optimiste et je préfère me servir de mon énergie et de mes capacités intellectuelles afin de construire quelque chose plutôt que de me plaindre tout le temps.»

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