Les Cadiens de demain

Laura Atran-Fresco, 29 ans, professeure de français à... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Laura Atran-Fresco, 29 ans, professeure de français à l'Université de Louisiane à Lafayette a découvert «un peuple chaleureux et accueillant avec une joie de vivre incroyable», en Louisiane.

Étienne Ranger, LeDroit

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La quatrième édition de l'Université d'été sur la francophonie des Amériques bat son plein cette semaine à l'Université d'Ottawa. LeDroit poursuit aujourd'hui sa série de rencontres avec quatre participants à cette formation de haut niveau sur la francophonie.

Aujourd'hui: Laura Atran-Fresco, 29 ans, professeure de français à l'Université de Louisiane à Lafayette et détentrice d'un doctorat en sociologie en études francophones.

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LeDroit: «Vous êtes originaire de Paris. Qu'est-ce qui vous a emmenée à Lafayette, en Louisiane?

Laura Atran-Fresco: Mon père est natif de New York et ma mère de Paris. J'ai donc la double citoyenneté. Je me suis toujours intéressée aux questions du bilinguisme et du multiculturalisme. Durant ma première année de master (maîtrise), j'ai participé à un échange avec l'Université de Montréal. Je suis rentrée en France où j'ai terminé mon master et commencé mon doctorat, mais je voulais vraiment retourner en Amérique du Nord. Parce que c'est à Montréal que je suis tombée amoureuse de la francophonie en Amérique du Nord. Donc je suis repartie pour les États-Unis, mon deuxième pays, pour découvrir les Cadiens du sud de la Louisiane. Je n'étais jamais allée en Louisiane et je voulais enrichir mes connaissances sur la francophonie en situation minoritaire. Et j'habite Lafayette depuis maintenant cinq ans.

LD: Et qu'avez-vous découvert en Louisiane?

LAF: J'ai découvert un peuple chaleureux et accueillant avec une joie de vivre incroyable. Là-bas, on dit 'laissez les bons temps rouler', et c'est vrai. C'est un côté très agréable de la vie en Louisiane, mais il y a aussi un petit côté négatif à tout ça, parce que les gens perçoivent un côté simpliste dans 'ces bons vieux Cadiens, de simples bonasses'. Mais ce n'est pas le cas du tout.

LD: Justement Mme Atran-Fresco, on parle de ces Cadiens et de leur vie en français loin là-bas, dans les bayous de la Louisiane. Mais est-ce un simple attrait touristique et, comme on dit par ici, un 'show de boucane'?

LAF: En fait, l'aspect touristique et économique est indissociable de la pérennité du fait français louisianais. Ceci étant dit, quand on voit le succès des programmes d'immersion française en Louisiane, on comprend que ce n'est pas un 'show de boucane'. Ces programmes d'immersion ont été mis en place en 1983 et nous sommes passés de 400 étudiants, au début des années 1990, à plus de 4000 aujourd'hui. Et pour l'état de la Louisiane, c'est vraiment un résultat très encourageant.

LD: Comment expliquez-vous ce succès?

LAF: Le succès est dû aux patrimoines historique, culturel et linguistique de la Louisiane. Mais aussi au fait que des études ont montré très clairement les bienfaits et les bénéfices académiques des programmes d'immersion. Les étudiants inscrits en immersion française ont des résultats nettement meilleurs que ceux inscrits dans des programmes réguliers. Et l'avantage de cette réussite scolaire vient avant l'avantage culturel dans le choix des parents d'inscrire leur enfant dans une école d'immersion. Ça fait des enfants plus intelligents et bilingues. Et c'est très bien pour la francophonie louisianaise. C'est un win-win.

LD: Êtes-vous confiante en l'avenir de la francophonie en Louisiane?

LAF: J'ai de l'espoir, on va nuancer. On se trouve présentement dans une époque charnière parce qu'on commence à avoir les premiers enseignants issus eux-mêmes de la première génération d'immersion. C'était l'objectif principal, le but ultime de ce programme. Parce qu'à l'heure actuelle, on a beaucoup plus d'enseignants étrangers qui enseignent l'immersion française en Louisiane.

LD: À quels niveaux scolaires offre-t-on les programmes d'immersion?

LAF: L'immersion commence à la maternelle. Ensuite au primaire ainsi qu'au lycée (secondaire). Le problème, c'est que l'immersion s'arrête à la fin du lycée. Mais les cours d'immersion offerts au lycée sont passés de trois cours sur huit, à cinq cours sur huit. On essaie de faire en sorte qu'il y ait de plus en plus de cours en français dans le but que l'étudiant soit bilingue à la fin de son lycée.

LD: Merci Mme Atran-Fresco. Et désolé que vous ayez été obligée de m'accorder cette entrevue plutôt que de vous joindre aux autres participants de l'Université d'été partis visiter la fromagerie St-Albert cet après-midi.

LAF: Je vous en voudrai toute ma vie, j'adore le cheddar! Et chaque fois que j'en mangerai, je penserai à vous!» (rires).

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