La richesse du bilinguisme

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Mariette Mulaire est présidente-directrice générale du World Trade Centre Winnipeg.

Étienne Ranger, LeDroit

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La quatrième édition de l'Université d'été sur la francophonie des Amériques a pris son envol samedi à l'Université d'Ottawa. Chercheurs, professeurs, étudiants universitaires et journalistes; ce sont plus de 40 participants et une quinzaine de conférenciers des quatre coins du continent qui sont réunis cette semaine dans la capitale pour cette formation universitaire de haut niveau sur la francophonie.

LeDroit rencontrera au cours des prochains jours quatre participants à cette Université d'été. Quelle est la réalité francophone au Manitoba, en Louisiane, au Texas et au Brésil? Ces gens auront la réponse à cette question.

Aujourd'hui: Mariette Mulaire, présidente-directrice générale du World Trade Centre Winnipeg.

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LeDroit: «D'abord, Mme Mulaire, qu'est-ce le World Trade Centre Winnipeg?

Mariette Mulaire: C'est un réseau d'environ 330 World Trade Centre (WTC) dans près de 100 pays, et la maison mère est à New York. Au Canada, on en retrouve un à Montréal, un à Halifax et, bien sûr, un autre à Winnipeg. Le but est de s'entraider quand on a des entreprises qui cherchent des informations sur un marché en particulier. On les met en contact avec un WTC qui peut les aider dans un marché ciblé. Et nous, on fait de même au Manitoba.

LD: Et j'ai lu que vous êtes la seule Canadienne sur les 23 membres du conseil d'administration des WTC?

MM: Oui, j'ai été élue sur le c.a. en avril dernier. Nous sommes 23 personnes à siéger sur ce conseil et je suis effectivement la seule du Canada.

LD: Comment se porte le français au Manitoba?

MM: Je dirais qu'il est plus vibrant que jamais. Je suis née à Saint-Pierre-Jolys, un petit village francophone situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Winnipeg et de Saint-Boniface. Et à cette époque (elle est âgée de 53 ans), l'enseignement se faisait en anglais. Il était interdit d'enseigner en français, sauf les cours de catéchèse et, évidemment, de français. Mon frère cadet et mes deux enfants, par contre, ont fréquenté une école de langue française gérée par une division scolaire franco-manitobaine. Donc il y a eu beaucoup de progrès à ce niveau-là.

On n'a pas le choix d'aimer notre langue, de la faire vivre et de la faire rayonner. On a tellement lutté pour se rendre jusque-là, on serait malade de ne pas prendre le cadeau que nos parents et nos grands-parents nous ont légué. Je travaille à l'international et c'est normal de parler au moins deux langues. En fait, ce sont les Américains qui ont l'air drôles parce qu'ils sont unilingues anglophones. Ça ne se fait pas parler juste une langue à l'international. Et qu'on se batte ici pour deux langues officielles est complètement ridicule. Ça n'a pas de bon sens. Et qu'on ne vienne pas me dire que le bilinguisme coûte cher. Le bilinguisme est une valeur ajoutée et un outil de plus pour les Canadiens. On contribue au gouvernement à parts égales et on contribue énormément à l'économie. Et j'espère que le Canada réalisera dans l'avenir que d'investir dans le bilinguisme n'est pas une grande dépense et qu'il n'y a aucun désavantage à être bilingue, bien au contraire!

LD: Donc j'en conclus que vous êtes en faveur du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa?

MM: Le fait qu'elle ne soit pas officiellement bilingue est un mystère. À Winnipeg, on a des services en français, des quartiers bilingues, de l'affichage en français et un effort marqué de faire valoir le tourisme en français. Ça, c'est chez nous, à Winnipeg, en pleines Prairies. Mais ici, à Ottawa, que notre capitale nationale reconnue au niveau mondial ne soit pas capable d'accepter d'être officiellement bilingue n'a pas de bon sens. La capitale d'un pays officiellement bilingue est censée être bilingue.

LD: Les employés du World Trade Centre Winnipeg sont-ils bilingues?

MM: Bien entendu. C'est une exigence. Quand on travaille à l'international, l'un des outils nécessaires est la compétence linguistique pour comprendre le marché et comprendre les gens, c'est le moins qu'on puisse faire. Nos employés doivent parler les deux langues de leur pays.

LD: Merci Mme Mulaire.»

Soulignons que Mariette Mulaire est récipiendaire de l'Ordre des francophones d'Amérique et qu'elle a été choisie cette année par le commissaire aux langues officielles pour recevoir le «Prix d'excellence - Promotion de la dualité linguistique».

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