Un emploi grâce au job dating

Alain Bisson a rencontré Gabriel Lavergne-Auger lors du... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Alain Bisson a rencontré Gabriel Lavergne-Auger lors du job dating organisé par La Relance. Depuis un an et trois mois, Gabriel travaille à la Maison Bisson.

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est par hasard que Gabriel a appris l'an dernier la tenue d'un job dating organisé par La Relance pour les personnes vivant avec une ou des limitations fonctionnelles et à la recherche d'un emploi. Et pour ce jeune Gatinois, ça ne pouvait mieux tomber.

Gabriel Lavergne-Auger, 22 ans, a une déficience intellectuelle légère. Il travaillait à temps partiel à la Fruiterie de l'Outaouais, mais des réductions dans le personnel l'ont obligé, il y a quelques mois, à se trouver un nouvel emploi. Et bien qu'il frappait à de nombreuses portes depuis des semaines et qu'il distribuait son curriculum vitae comme d'autres distribuent leurs cartes d'affaires, c'était peine perdue. Son téléphone ne sonnait pas.

«Quand j'ai appris que La Relance organisait ça (le job dating), je m'y suis présenté et j'ai donné mon c.v. à plusieurs employeurs, se souvient Gabriel. Puis j'ai rencontré Alain (Alain Bisson, propriétaire des boucheries spécialisées et épiceries fines La Maison Bisson à Gatineau) et je me suis présenté. Je lui ai dit: 'Je m'appelle Gabriel et je cherche un emploi. J'aimerais bien travailler chez vous si vous avez un poste de disponible.' Puis je lui ai donné mon c.v. et il m'a dit qu'il allait m'appeler.»

Et le téléphone de Gabriel a enfin sonné.

«J'étais vraiment content quand Alain m'a appelé pour que j'aille le rencontrer, reprend-il. Et quand j'ai été le rencontrer, il m'a offert un emploi. Mes parents étaient fiers de moi», lance-t-il en souriant timidement.

«Je connaissais un peu Gabriel, d'enchaîner Alain Bisson. Je le voyais travailler à la Fruiterie de l'Outaouais quand je passais par là et il semblait être un excellent employé. Et quand les propriétaires de ce commerce m'ont parlé en bien de lui, je l'ai appelé. Mais je ne l'aurais probablement jamais revu s'il ne s'était pas présenté au job dating

Gabriel ne se tourne pas les pouces à La Maison Bisson. Demandez-lui de vous décrire ses tâches et il vous répondra: «Je fais de tout.»

«Je coupe les viandes, dit-il, je fais de l'emballage, je vérifie régulièrement la température dans les frigos et les congélateurs, je sers parfois les clients. Je travaille environ 20 heures par semaine, parfois un peu plus.»

«Gabriel est avec nous depuis un an et trois mois et il accomplit de l'excellent boulot, de dire son patron. On lui montre une tâche à accomplir, il l'apprend, et on n'a pas besoin de lui montrer à nouveau ou de lui rappeler ses fonctions. Quand il arrive le matin, il se met immédiatement au travail et il sait exactement ce qu'il a à faire. Il travaille fort, il travaille avec une rapidité que d'autres de son âge non pas et il prend un plaisir à travailler ici. On ne pourrait demander mieux comme employé.»

La Relance en sera cette année à sa troisième édition du job dating pour personnes handicapées. L'événement se tiendra jeudi le 4 juin à la Maison du citoyen, secteur Hull, et on attend une vingtaine d'entreprises participantes. Toute personne vivant avec une ou des limitations fonctionnelles et à la recherche d'un emploi peut s'y joindre gratuitement.

À souligner que cette activité se tiendra dans le cadre de la semaine québécoise des personnes handicapées.

«Je pense que c'est un peu le rôle des entrepreneurs de la région de contribuer à la société en participant au job dating, dit Alain Bisson. Et c'est une excellente opportunité pour trouver des candidats qui ont du plaisir à travailler. C'est une belle expérience pour un employeur. Tout le monde gagne, bref. Et La Relance est toujours là pour nous guider et nous appuyer. On peut toujours consulter les gens de cet organisme s'il y a une situation avec laquelle nous ne sommes pas familiers.»

«Combien de temps comptes-tu travailler ici?, ai-je demandé à Gabriel avant de quitter.

- Je me vois ici pendant encore cinq ou dix ans. Après, je verrai.

- Après t'achèteras la compagnie?, lui ai-je lancé à la blague.

- Noooon...», a-t-il répondu en regardant son employeur du coin de l'oeil.

Et toujours ce timide et attachant sourire.

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