Vivre deux fois plus

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Bien malin qui pourrait imaginer ce que Marie-Ève Gagné, âgée d'à peine 24 ans, a vécu au cours des deux dernières années.

Réceptionniste à temps partiel chez Laplante Chevrolet Buick GMC, à Casselman, elle étudiait auparavant à La Cité dans le but de devenir éducatrice spécialisée. Mais elle a été obligée d'abandonner ses études collégiales il y a trois ans, trop malade était-elle pour continuer.

Marie-Ève est atteinte de fibrose kystique. Une maladie qui, avec les années, a affecté ses poumons. « J'avais l'oxygène à la maison 24 heures sur 24, dit-elle. J'étudiais à La Cité à temps partiel, je ne pouvais plus étudier à temps plein, ça me demandait trop physiquement. Et à l'été 2012, j'ai décidé de cesser les études et j'ai dit à ma famille et à mon médecin que j'étais prête. »

Prête pour quoi ? Prête pour une transplantation de poumons.

« Les médecins m'avaient parlé en 2011 d'une transplantation éventuelle, mais ma santé était encore assez bonne. Elle s'est toutefois dégradée à l'été 2012 et mes poumons ne fonctionnaient plus qu'à 18 ou 20 %. Je n'avais plus le choix, une greffe était la seule solution. »

En septembre 2012, Marie-Ève et sa mère ont déménagé à Toronto, pas très loin de l'hôpital Général, là où la transplantation allait se faire. « Il faut habiter à moins de deux heures de route de l'hôpital quand on est en attente d'un organe, explique-t-elle. Donc ma mère et moi avons loué un petit appartement et mon père et ma soeur venaient nous visiter aux deux semaines. »

En janvier 2013, après quatre mois d'attente dans la Ville-Reine, un donneur a été trouvé. « J'ai été chanceuse, dit Marie-Ève. L'attente est habituellement de six à huit mois. »

L'opération de huit heures s'est bien déroulée et, après six semaines de récupération, Marie-Ève a reçu son congé de l'hôpital. Mais elle et sa mère sont restées à Toronto deux autres mois pour les suivis médicaux à l'hôpital. Ce n'est qu'au printemps 2013 qu'elles ont pu rentrer à Casselman.

Mais Marie-Ève n'était pas au bout de ses peines...

« Mon système immunitaire était affaibli, explique-t-elle. Et l'été dernier, les médecins ont découvert une masse sur mon foie. Ils croyaient qu'il s'agissait d'un abcès. Mais après une biopsie, ils ont découvert que cette masse était cancéreuse. Je m'y en attendais un peu, je savais que d'être atteint d'un cancer était un risque après une transplantation. Mais ce fut quand même tout un choc. Mais après quatre traitements de chimiothérapie, la masse sur mon foie a diminué et elle ne serait plus cancéreuse, selon les médecins. »

Marie-Ève a repris goût à la vie. Son emploi à temps partiel est son premier emploi depuis trois ans. « J'ai cet emploi depuis seulement deux semaines, dit-elle. Avant ça, j'ai voulu profiter de la vie un peu. Et j'ai appris à vivre un jour à la fois.

« Je vois maintenant la vie différemment. Je profite de chaque moment, je suis tellement reconnaissante. Si j'ai le goût de faire quelque chose, je le fais tout de suite, sans hésiter. Quand tu réalises que tu vis sur du temps emprunté, t'as envie de vivre deux fois plus.

« Ma vie a complètement changé depuis la transplantation, poursuit-elle. Les heures de traitements, je n'ai plus ça. Les infections et les hospitalisations à répétition, je n'ai plus ça. Mes tubes d'oxygène, je n'ai plus ça. Mon fauteuil roulant que j'utilisais pour les plus longues distances, je n'ai plus ça non plus. Juste le fait de pouvoir respirer fait une énorme différence. Les gens ne réalisent pas comment respirer - simplement respirer - donne de l'énergie. Et je n'ai jamais respiré comme je peux le faire aujourd'hui. C'est fantastique. »

Marie-Ève est évidemment reconnaissante envers les médecins qui lui ont sauvé la vie... deux fois. Mais elle déborde aussi de gratitude pour ses parents, sa soeur aînée, ses grands-parents et ses amis qui lui ont tenu la main tout au long de sa difficile lutte pour sa vie.

« Quand j'étais découragée et mentalement épuisée, ils étaient toujours là pour moi, dit-elle. Et ils le sont toujours. Une personne ne peut pas passer seule à travers les épreuves que j'ai vécues. C'est impossible. J'ai été chanceuse d'avoir tous ces gens autour de moi. »

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