Question de respect

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Le restaurant de sushis à volonté, Hokkaido Sushi, du secteur Aylmer, a ouvert ses portes il y a un peu plus de trois ans. Hokkaido Sushi, faut-il savoir, est une chaîne nationale. On en retrouve un à Ottawa, rue Dalhousie, ainsi qu'à Montréal, Toronto et ailleurs au pays.

Donc celui d'Aylmer a pignon sur la rue Principale depuis trois ans. Et dès les premiers jours du Hokkaido Sushi, des plaintes à l'égard de ce restaurant se sont faites entendre.

La première a été transmise au mouvement Impératif français le 22 avril 2012. L'auteur de la lettre déplorait le fait qu'il avait été accueilli en anglais à ce resto. Et il ajoutait que le serveur était également unilingue anglais.

Une autre plainte a suivi le 8 mai 2012, quelques semaines après l'ouverture. Même constatation : hôtesse anglophone, serveur anglophone, propriétaire anglophone.

Puis il semble y avoir eu une accalmie de quelques années. Comme quoi ces petits pépins linguistiques avaient été réglés après une certaine période de rodage.

Mais la semaine dernière, Impératif français recevait une autre plainte d'un client du Hokkaido Sushi. Ce dernier racontait qu'il a téléphoné à ce restaurant pour obtenir des renseignements, mais pour se buter à une anglophone unilingue. Il a aussi remarqué que le site web du Hokkaido est uniquement en anglais et qu'aucune version française n'est disponible sur la toile.

Donc troisième plainte en trois ans... Je me devais en avoir le coeur net.

J'ai d'abord téléphoné pour demander si le restaurant était ouvert le midi. On m'a répondu en anglais. J'ai demandé si un employé francophone était présent. Et après une minute ou deux, une autre employée a pu répondre à ma simple question dans un français - dois-je le dire - plutôt boiteux.

Une fois sur place, j'ai été accueilli par une hôtesse unilingue anglaise.

« For how many ?, me demande-t-elle pour savoir combien de personnes nous serons à notre table.

- J'aimerais simplement jeter un coup d'oeil au menu, lui ai-je répondu en français.

- How many did you say ?, me répond-elle, sans même s'excuser pour son incapacité de me répondre dans la langue de la majorité en province.

- J'attends quelqu'un, nous serons deux.

- For take-out, you say ?

- Non. Pas pour apporter. J'attends un invité. Nous serons deux à notre table.

- For how many ?

J'ai abdiqué. Je lui ai simplement dit - en anglais - que je voulais jeter un coup d'oeil au menu.

Quand elle s'est éloignée, j'ai arrêté le seul serveur sur le plancher, question de savoir si lui aussi était incapable de servir les clients dans leur langue. Mais ce jeune homme parlait un excellent français.

Donc résumons : l'hôtesse (du midi) est unilingue anglaise. Le serveur (du midi) est francophone. Le menu exhaustif est bilingue. Mais le site web de cette chaîne de restaurants n'est disponible qu'en anglais.

C'est loin d'être parfait, mettons. On pourrait s'attendre à plus de la part d'un restaurant qui est en affaires, au Québec, depuis plus de trois ans.

Trois ans sans traduire son site web, c'est trop. Trois ans sans trouver un hôte ou une hôtesse bilingue, c'est trop aussi. Nous ne sommes pas en Ontario où il suffit de traduire son menu et de trouver un employé bilingue pour fermer le clapet à la minorité francophone.

Aylmer, c'est au Québec. Et ce laisser-aller du restaurant Hokkaido envers sa clientèle majoritairement francophone est inacceptable et, surtout, irrespectueux. Et ce petit commerce n'est sûrement pas le seul à agir de cette façon dans ce coin de pays.

Cette façon de faire est illégale puisqu'elle contrevient à la Charte sur la langue française qui stipule que : « Les consommateurs de biens ou de services ont le droit d'être informés et servis en français ».

Bref, le Hokkaido Sushi devra y voir.

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