Retour dans le passé

Pendant la marche de deux kilomètres, les personnages... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Pendant la marche de deux kilomètres, les personnages ayant marqué l'histoire de l'ancienne municipalité Eastview racontent les événements marquants du quartier.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Je me trouvais devant l'église St-Charles jeudi après-midi, sur la rue Beechwood à Vanier, lorsque le Curé François-Xavier Barrette est sorti de l'église pour me faire un brin de jasette.

J'avoue que j'étais plutôt surpris, pour ne pas dire stupéfait, compte tenu que le curé Barrette est décédé en 1962. Mais c'était bien lui, en chair et en os.

Il n'était pas très heureux, le bon curé. Il m'a raconté sa déception de voir les gens déserter les églises. Et il était complètement désemparé par le fait que « son » église qu'il a dirigé de 1912 à 1961 avait été récemment vendue pour faire place à un développement immobilier.

Puis on a jasé de Vanier, de francophonie et de tout ça, lorsqu'une prostituée s'est pointée le nez. Une prostituée... « assimilée ». C'est-à-dire une francophone qui préfère parler l'anglais parce que, comme elle a dit au prêtre, « English is the language of cash ! ».

Le curé Barrette était hors de lui, vous comprendrez. Lui qui était un grand défenseur de la langue française. Il lui a donc dit de quitter les lieux immédiatement. Mais la fille de joie a refusé, lui faisant un pied-de-nez tout en riant. Je croyais que le curé allait mourir une deuxième fois.

Puis la prostituée s'est tournée vers moi pour me dire que le curé n'était pas si sage que les paroissiens le croient. Elle m'a raconté qu'il refusait de confesser les paroissiens anglophones. Et que c'est lui qui a secrètement fondé l'Ordre de Jacques-Cartier, ou la Patente comme on l'appelait, dans le sous-sol de la salle paroissiale de cette église de Vanier.

Je le savais. Mais d'entendre l'histoire de la Patente racontée par une fille de joie « assimilée » avait quelque chose de surréaliste et, quelque part, de fort amusant.

En fait, ce chapitre de l'histoire de Vanier ne m'a jamais paru si intéressant !

J'ai quitté quelques minutes plus tard pour me diriger vers le cénotaphe de Vanier, à quelques pâtés de maisons de l'église, où j'ai été surpris par le journaliste Fulgence Charpentier qui a surgi d'un boisée en criant à tue-tête la devise du Droit : « L'avenir est à ceux qui luttent ! L'avenir est à ceux qui luttent ! ».

Je le croyais mort depuis quelques années, notre cher collègue Fulgence, lui qui a fait ses débuts comme journaliste au Droit en 1922. Et qui écrivait encore dans nos pages lorsqu'il était centenaire ! Mais il était là lui aussi, en chair et en os. Plus jeune et plus exubérant que jamais.

Puis Fulgence m'a parlé de l'économie de l'époque à Vanier, de politique, d'éducation, de faits divers. Et du Droit, bien entendu. J'ignorais qu'il en connaissait autant sur ma ville natale. Et j'étais bien content de le revoir.

PARCOURS VANIER

Non, détrompez-vous, j'en ai pas fumé du bon, hier après-midi.

J'ai pris part à « Parcours Vanier », une promenade guidée sur la rue Beechwood et les environs durant laquelle les guides du Muséoparc Vanier et cinq comédiens du Théâtre Belvédère, d'Ottawa, racontent avec une touche d'humour l'histoire de Vanier.

C'est une marche de deux kilomètres et d'environ 90 minutes (portez des souliers confortables) durant laquelle on rencontre des personnages qui ont marqué l'histoire de cette municipalité appelée autrefois Eastview, et qui nous la raconte d'une façon amusante dans de courtes scènes théâtrales.

Vous aimeriez rencontrer le Curé Barrette, Fulgence Charpentier et d'autres personnages colorés ? Les départs pour le Parcours Vanier se feront du Muséoparc Vanier (300, avenue des Pères-Blancs) ce soir à 18 h, 18 h 30 et 19 h. Ainsi que demain, samedi, à 13 h, 13 h 30, 14 h, et en soirée aux mêmes heures que la veille. Parcours Vanier reprendra aux mêmes heures le week-end prochain.

Les billets se vendent au coût de 7 $ par promeneur. Pour réserver ou de plus amples renseignements : Alexandre Meloche, 613-842-9871.

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