L'école au bout du tunnel

Jacques Lavoie, 16 ans, mène un dur combat... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Jacques Lavoie, 16 ans, mène un dur combat contre le cancer. Il saura bientôt s'il est guéri et s'il peut retourner à l'école.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Depuis 2004, l'école secondaire Omer-Deslauriers, dans l'ouest d'Ottawa, organise le Gala Coup de coeur afiin d'amasser de l'argent pour la Société canadienne du cancer. À ce jour, cette soirée a permis de récolter plus de 56000$. «Et nous avons récolté un peu plus de 7000$ cette année. C'est un record», de dire fièrement l'organisatrice de cet événement depuis les onze dernières années, la conseillère en orientation Marjolaine Beaulac.

Mais le jeudi 16 avril dernier, cette soirée avait une toute autre signification pour les étudiants de cette école du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO). Parce que l'invité d'honneur était l'un des leurs.

Jacques Lavoie, 16 ans, mène actuellement un dur combat contre le cancer. Un cancer agressif qui a bouleversé la vie de cet adolescent. Jacques a livré son témoignage lors du gala. Un discours qui lui a valu une ovation debout et une dose inestimable de courage pour poursuivre son combat.

«J'étais nerveux jeudi soir dernier, a-t-il admis. Mais j'étais vraiment content d'être là, parce que l'année précédente, je n'y étais pas car j'étais en traitement de chimiothérapie. Donc, j'étais content de revoir l'école et mes amis.»

En janvier 2014, Jacques Lavoie a été diagnostiqué avec un lymphome de Hodgkin, stade 3. Après quatre cycles de chimiothérapie et 28 jours de radiothérapie, les médecins lui ont annoncé qu'il était en rémission.

Mais quelle fut sa réaction quand il a appris qu'il était atteint du cancer?

«La première question qui m'est venue en tête, répond-il, est celle-ci: "Est-ce que je vais mourir?" Parce que dans ma tête, c'était les adultes qui avaient le cancer. Les enfants ne pouvaient pas avoir ça.

«Ma deuxième question fut: "Est-ce que ça veut dire que je vais pouvoir manquer l'école?"», lance-t-il en riant.

Mais plus sérieusement il reprend: «À l'automne 2014, je ne savais pas encore que j'avais le cancer. Je suis au programme international et ça demande beaucoup de travail et de rigueur. Mais la maladie diminuait mon niveau de rendement. Je devais me coucher tôt sans avoir complété mes travaux de la veille. Je ne savais pas ce que j'avais, j'attribuais ça au stress de l'école. En fait, quand je me suis demandé si cette maladie voulait dire que je pouvais manquer l'école, c'est parce que je n'étais plus capable de continuer.»

Un moral à toute épreuve

Donc Jacques était en rémission en juin 2014. Mais deux mois plus tard, à la rentrée scolaire en septembre dernier, le cancer est revenu, encore plus agressif et répandu que jamais.

«J'ai reçu une greffe de cellules souches après cinq jours de chimiothérapie intense, dit-il. C'était tellement intense que j'ai dû rester un mois complet à l'hôpital. Puis ont suivi 12 jours de radiation intense. Mes traitements sont maintenant terminés, mais j'ai des rendez-vous hebdomadaires à l'hôpital pour des suivis, des tests et des prises de sang. Tout semble bien aller.»

Une année infernale, quoi. Mais qui n'a nullement affecté le moral de l'adolescent. Et cet espoir et cette force de continuer et de lutter qu'il possède en lui, il les attribue en grande partie à sa famille, mais aussi à ses amis de l'école Omer-Deslauriers.

«Quand on t'annonce que t'as le cancer, c'est comme si on te mettait dans un long tunnel noir, illustre-t-il. Et il y a au bout du tunnel une toute petite lumière. Cette lumière est ta rémission, ta guérison. Donc tu fais ton chemin en suivant les traitements. Mais si la lumière s'éteint, t'es perdu. Et ça devient extrêmement difficile de ne pas perdre espoir. Et quand la lumière est éteinte, t'as besoin de quelqu'un pour te sortir de là. Et sans ta famille et tes amis, t'es incapable de sortir de ce tunnel par toi-même. Ce sont eux qui te sortent de là et te donnent le boost d'énergie pour continuer.»

Jacques saura le 6 mai prochain s'il est en rémission. Est-il optimiste?

Au Gala Coup de coeur, il a terminé son témoignage en disant aux enseignants et aux centaines d'élèves devant lui: «J'ai hâte de vous revoir l'année prochaine.»

Ça répond à la question.

Courageux, ce jeune homme.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer