Poutine à la sauce universitaire

À l'Université d'Ottawa, on célèbre jusqu'à aujourd'hui la... (Simon Séguin-Bertand, LeDroit)

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À l'Université d'Ottawa, on célèbre jusqu'à aujourd'hui la francophonie avec... la deuxième édition du Festival de la poutine. Sur la photo: Maggie Rodriguez et Alex Wassel en pleine dégustation.

Simon Séguin-Bertand, LeDroit

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J'ai vécu ma francophonie pleinement hier midi. Mais un peu par culpabilité, dois-je avouer.

Le mois de mars était, comme à chaque année, le Mois de la francophonie. Et pour tout vous dire, je n'ai rien fait de bien spécial durant ce mois qui nous est si gentiment consacré. Bof, j'ai réalisé une entrevue avec l'humoriste François Massicotte qui était porte-parole des Rendez-vous de la francophonie. Mais ça s'arrête pas mal à ça.

Or, un peu par culpabilité, disais-je, je me suis repris hier midi à l'Université d'Ottawa. Là où on célèbre le Mois de la francophonie jusqu'à aujourd'hui, même si nous sommes rendus en avril.

Qu'ai-je fait pour souligner mon appartenance et mon attachement à notre merveilleuse langue? Ce n'est pas compliqué, je suis allé manger une poutine.

Oui, une poutine. N'y a-t-il pas un mets qui dit «francophonie» plus que la poutine?

Il semble que non. Parce qu'à l'Université d'Ottawa, on célèbre jusqu'à aujourd'hui le Mois de la francophonie en tenant la deuxième édition du Festival de la poutine. Remarquez qu'il y avait une vingtaine d'autres activités sur le campus universitaire dans le cadre de ce mois des francophones. Mais l'événement qui a fait courir le plus grand nombre d'étudiants est sans contredit le Festival de la poutine.

Mais le lieu où cette «ode à la poutine» se déroulait n'était pas facile à trouver. J'ai donc arrêté une jeune étudiante sur le campus pour lui demander des directions et, chanceux que je suis, je suis tombé sur une Française.

«C'est tout près d'ici, m'a-t-elle répondu. Vous continuez tout droit et vous apercevrez un peu à gauche un immense parking. C'est là que se trouvent tous les food trucks.»

Parking et food trucks, a-t-elle dit. Soit que les Français s'anglicisent, soit que cette jeune étudiante a remarqué mon accent franco-ontarien et qu'elle a voulu s'assurer que je la comprenne clairement...

Il y avait six food trucks dans le parking. Ou, comme on dit par chez nous, six «trucks à patates». Et chacun d'entre eux vendait des poutines aussi variées les unes que les autres. Des poutines thaïes, des poutines au canard et au brie, au haggis, au homard, à la viande fumée, nommez-les. Tout ingrédient qui peut se placer sur une pile de patates frites et de crottes de fromage y était.

Je ne suis pas friand de poutine. Ce n'est pas mauvais au goût, sauf que ce n'est pas pour rien que je surnomme ce mets «une attaque cardiaque dans une assiette». Mais voulant faire ma part en ce Mois de la francophonie, j'ai sacrifié mes artères et j'ai opté pour une poutine classique «sauce-crottes-patates».

Mais j'ai dû patienter en ligne pendant une quinzaine de minutes. Parce que des files d'au moins 25 personnes s'allongeaient devant chaque food truck. Je vous dis qu'on l'aime notre francophonie à l'Université d'Ottawa! Et on dit que les jeunes ne font rien pour manifester leur appartenance à la francophonie. Pfff...! C'est totalement faux. Ils étaient des centaines hier à célébrer leur langue, leur culture... et leur poutine.

Mais n'aurait-il pas été préférable que les jeunes femmes qui circulaient parmi la foule en souriant et en distribuant des poutine cards s'adressent aux gens en français? N'aurait-il pas été préférable si cette carte permettant une poutine gratuite après l'achat de trois poutines soit nommée une «carte poutine» plutôt qu'une «poutine card»? N'aurait-il pas été préférable que la feuille indiquant les avantages de ces poutine cards soit rédigée en français, plutôt qu'uniquement en anglais? N'aurait-il pas été approprié qu'on souligne aux propriétaires des «trucks à patates» que ce festival se déroule dans le cadre du Mois de la francophonie et qu'un simple «bonjour» ou «merci» aux clients aurait été de mise?

Et dernière question: une poutine vaut-elle vraiment 9$?

J'imagine qu'il n'y a pas de prix sur notre fierté d'être francophone...

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