Guillaume le rassembleur

Jacob et son frère Guillaume De Melo sont... (Étienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Jacob et son frère Guillaume De Melo sont passionnés de hockey.

Étienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Une autre victoire et les Patriotes de Gatineau atteindront la finale du Midget A de l'Association Hockey Gatineau (AHG). J'entends déjà leur cri de ralliement magique d'avant-match: «UN! DEUX! TROIS! GUILLAUME!!!».

Guillaume De Melo, 19 ans, de Cantley, a toujours aimé le sport. Le hockey en particulier. Enfant, il se voyait un jour enfiler le chandail du Canadien de Montréal. Mais il savait bien qu'il ne pouvait qu'en rêver, lui qui est né avec le syndrome de Rubinstein-Taybi.

«C'est une maladie très rare, d'expliquer sa mère, Chantal. On ne compte que quelques cas en Outaouais. C'est une maladie génétique qui frappe au hasard et qui, en gros, perturbe la vie de la personne atteinte en lui dressant toutes sortes de défis et à tous les niveaux. Que ce soit au niveau social, académique, médical, physique ou cognitif, tout y passe.»

Guillaume a atteint l'âge adulte mais son corps ressemble davantage à celui d'un adolescent de 13 ou 14 ans. «Les médecins pensaient que je ne serais jamais plus grand que quatre pieds, dit-il. Mais j'ai dépassé ça et je mesure aujourd'hui cinq pieds et un pouce, peut-être même deux. J'étais déçu de ne pas être grand, mais je suis déjà plus grand que je pensais», ajoute-t-il fièrement.

Guillaume est grand, effectivement. Grand dans son optimisme contagieux. Grand dans sa joie de vivre qu'il propage autour de lui. Grand dans sa candeur, dans sa générosité envers les autres et dans sa façon bien à lui de parler avec son coeur. Comme si une vieille âme habitait son corps fragile.

Guillaume joue toujours au hockey. Mais dans une ligue printanière sans contact et sans compétition. Il joue pour le simple plaisir de jouer et par amour pour la game.

Et durant l'hiver, il est le partisan #1 de son frère cadet, Jacob, 15 ans, qui est gardien de but pour les Patriotes de Gatineau. Mais Guillaume ne regarde plus les matches de son frère assis seul dans les froids gradins des arénas du grand Outaouais.

Car aujourd'hui, il est membre à part entière des Patriotes...

---

Guillaume a fêté ses 19 ans le 11 octobre dernier.

«On avait un match à Maniwaki ce jour-là, se souvient son frère Jacob. Et les gars dans l'équipe et moi voulions faire quelque chose pour la fête de Guillaume. Mais autre chose que de faire deuxheures de route pour qu'il vienne s'asseoir seul dans les estrades et nous regarder jouer. Donc les gars et moi avons eu l'idée de demander à Sylvain (Sylvain Beauchamp, l'entraîneur-chef des Patriotes) d'inviter Guillaume derrière le banc pour qu'il agisse comme entraîneur adjoint le temps d'un match. Mais mon frère n'a pas pu ce jour-là parce que son nom ne figurait pas sur la liste du personnel d'entraîneurs. Ça allait à l'encontre des règlements de l'AHG. Mais en revenant de Maniwaki, Sylvain s'est occupé de prendre les mesures nécessaires pour que Guillaume devienne entraîneur adjoint.»

Et dès le match suivant, Guillaume était fièrement debout derrière le banc des joueurs des Patriotes. Et il a accompli un si bon travail que «le coach» Sylvain l'a «embauché» pour la saison!

«Dans une équipe de calibre Midget, on compte des joueurs âgés de 15 à 17 ans, d'expliquer l'entraîneur-chef. À 15 ans, on parle de jeunes qui commencent à sortir de leur coquille. Tandis que les 17 ans, ce sont eux qui sont parfois difficiles à gérer au hockey. Mais l'arrivé de Guillaume avec nous a immédiatement soudé l'équipe de A à Z. Les plus vieux et les plus jeunes se sont tous ralliés autour de lui. Il est vraiment notre rassembleur et il a pris sa place dans l'équipe. Et où l'esprit d'équipe a vraiment pris, c'est à Maniwaki, en octobre dernier. C'est là que les joueurs ont créé leur cri de ralliement.»

Et ce cri les rallie depuis.

«Je viens de passer le plus bel hiver de ma vie, lance Guillaume. J'ai adoré l'expérience, j'ai adoré les gens, j'ai adoré l'ambiance dans l'équipe et j'ai adoré le fait qu'on finisse la saison au premier rang! Les joueurs des Patriotes sont comme ma deuxième famille. Ils m'ont donné une deuxième vie.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer