Le rêve de Noël Charette

Noël Charette veut reprendre la distribution des petits... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Noël Charette veut reprendre la distribution des petits déjeuners dans les écoles de la région.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Noël Charette m'avait donné rendez-vous hier dans un petit restaurant de la rue Notre-Dame, à deux pas de l'organisme qu'il a fondé en 1986 et qu'il a dirigé pendant un quart de siècle, la Soupière de l'amitié de Gatineau.

Mais il ne va plus à «sa» Soupière. Parce qu'au printemps de 2012, le conseil d'administration de l'endroit lui a révoqué sa carte de membre sans avertissement. Pourquoi?

Ce n'est pas clair. Mais paraît-il que M. Charette prenait maintenant un peu trop de place dans cet organisme. Et lui qui gardait les comptes de la Soupière sur papier et au crayon était démuni devant l'arrivée des nouvelles technologies. Bref, sa façon de gérer l'endroit était dépassée et des changements à la direction s'imposaient, a-t-on jugé.

M. Charette a été blessé et bouleversé par ce rejet. Mais ce chapitre est aujourd'hui derrière lui. Et cet homme qui s'est dévoué pratiquement toute sa vie pour aider les gens dans le besoin n'a pas changé. Il veut toujours aider et s'impliquer. Malgré ses 87 ans.

Il est entré dans le restaurant en marchant appuyé sur une canne. «J'utilise parfois mon quadriporteur, dit-il. Mais ce matin, j'ai emprunté l'auto de ma fille.»

Si M. Charette voulait me rencontrer, c'était pour me parler d'un rêve qu'il veut concrétiser, celui de reprendre la distribution de petits-déjeuners dans les écoles de l'Outaouais.

La Soupière de l'amitié assurait auparavant ce service. Mais l'an dernier, de sérieux problèmes financiers ont obligé cet organisme à cesser de desservir les 35 écoles de la région où les élèves pouvaient compter sur un repas à leur arrivée à l'école.

Le Club des petits-déjeuners du Québec a pris la relève de la Soupière dans trois de ces 35 écoles. Mais pour le reste, rien. Et c'est ce vide que Noël Charette veut combler.

Mais comment? Il se pose lui-même la question. Parce que ce n'est pas avec sa pension de vieillesse qu'il pourrait démarrer un tel projet.

«Je cherche d'abord du financement, dit-il. Je ne sais pas si Mme (Huguette) Koller serait prête à m'aider. Mais si oui, je suis ouvert à ce qu'elle aurait à me proposer.»

(La femme d'affaires Huguette Koller a été présidente du conseil d'administration de la Soupière de l'amitié de Gatineau pendant 25 ans, de 1986 à 2011. En juin dernier, elle a sauvé in extremis cet organisme d'une faillite assurée en épongeant sa dette de 532000$. Elle avait alors déclaré au Droit que le service des petits-déjeuners était un service fondamental et que la Soupière allait continuer de l'offrir. Mme Koller n'a évidemment pu convaincre les gens du conseil d'administration et le service des petits-déjeuners a été abandonné par la Soupière).

«Une fois qu'on aura le financement, de reprendre M. Charette, il faudra mettre sur pied une corporation et trouver trois administrateurs. Il faudra que tout ça soit très transparent.

«La Soupière offrait chaque matin des muffins, des berlingots de lait et des fruits aux élèves dans le besoin, poursuit-il. Et c'est à la Soupière que les muffins étaient préparés. Or, je compte m'entretenir avec des dirigeants de la chaîne de restaurants Tim Horton - ou une autre chaîne pour leur demander de fournir les muffins. Je crois que ça coûterait beaucoup moins cher de cette façon. Il nous faudra ensuite un véhicule offert par un concessionnaire de la région qui pourrait annoncer son commerce sur cette voiture. Et, finalement, il faudra trouver un local. Et j'ai les yeux sur un endroit dans le secteur Gatineau. Je sais que mon projet est très embryonnaire, mais je compte bien le mettre sur pied.

- Pourquoi y tenez-vous tant, M. Charette?

- Parce que le besoin est là. Et je ne peux pas concevoir ou accepter que des enfants se rendent à l'école le matin le ventre vide. Ça me brise le coeur de savoir ça.

- Vous savez M. Charette, à l'âge de 87 ans, vous auriez le droit de vous reposer un peu?

- Pas question! Tant que je pourrai aider les gens dans le besoin, je le ferai. C'est plus fort que moi. Robert Labine m'a dit un jour que j'étais un «quêteux professionnel». Je l'ai pris comme un compliment. Parce que je ne quête pas pour moi, mais pour aider les autres.»

***

Si vous pouvez lui donner un coup de main: Noël Charette, 819-230-3428.

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