Le banana split du bonheur

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

La chaîne de crémeries et de restaurants Dairy Queen fêtera ses 75 ans lundi prochain. Et pour souligner l'occasion, tous les Dairy Queen offriront gratuitement des petits cornets de crème glacée molle à la vanille pour tous ceux qui se présenteront ce jour-là à l'un de leurs comptoirs.

C'est gentil. Mais dommage que cet endroit ait vu le jour en mars et non en juillet. Parce qu'en mars, la moitié des Dairy Queen sont toujours fermés pour la saison. Et c'est tout à fait normal, qui voudrait d'un Blizzard en hiver? Sauf qu'une fois la saison chaude revenue, la crème glacée sur notre petit cornet gratuit aura sûrement fondu...

Quand j'étais enfant, le Dairy Queen du chemin de Montréal était le lieu de rencontre de tous les ados du quartier. Le Dairy Queen était notre quartier général.

C'est là qu'on se rassemblait lors des chaudes soirées d'été. On jasait, on se taquinait, casquette tricolore des Expos sur la tête et assis à une vieille table de pique-nique entourée au sol d'une dizaine de bicyclettes mustang.

Des bicyclettes... quoi?, se demandent sûrement les plus jeunes lecteurs. C'était la mode à l'époque. Si tu n'avais pas un mustang, t'étais loser. C'était aussi simple que ça.

Un mustang, c'était un vélo muni d'un long siège en forme banane et de longs guidons renversés comme ceux d'une moto Harley-Davidson. En fait, je crois que ces vélos étaient dessinés pour ressembler à une Harley. Mais sans moteur, sans bruit, sans vitesse et sans veste de cuir.

C'était au Dairy Queen du chemin de Montréal, disais-je. Là où se trouve aujourd'hui une boutique de pipes à marijuana et de papier à rouler de marques variées. Comme quoi les temps changent...

À l'époque, on y allait pour manger un dessert gelé. Aujourd'hui, on y va pour se geler.

Et il y avait un autre Dairy Queen à Vanier. Situé sur le chemin McArthur, celui-là. Il y est toujours.

Et chaque fois que je passe devant, je deviens nostalgique en pensant à mon père. Parce que c'est là qu'il m'emmenait quand les choses n'allaient pas dans ma jeune tête. Quand mon père s'apercevait que je broyais du noir ou que j'avais le coeur gros, il me lançait un: «On va au Dairy Queen, Denis?»

Puis une fois là-bas, on parlait, on discutait. Parfois de tout et de rien. Parfois de ce qui me chatouillait le coeur.

Puis on rentrait à la maison et j'avais immanquablement retrouvé le bonheur. Un peu à cause du banana split que je venais d'empiffrer, mais surtout parce que je venais de passer un peu de temps seul avec mon père.

Et issu d'une famille de sept enfants, ces moments seuls avec mon père étaient si rares.

Je ne me souviens pas de la dernière fois que j'ai mis les pieds dans un Dairy Queen pour prendre un dessert. Il y a des années, des décennies même. Cet endroit, pour moi, appartient aujourd'hui à mes souvenirs d'enfance.

Et c'est bien ainsi.

La farce «plate» du jour

Entendu d'un ami, mardi:

«Denis, t'as vu le Journal de Montréal de ce matin?

- Non. Pourquoi?

- On parle en long et en large du comédien Joël Legendre qui a reçu une contravention de plus de 400$ pour avoir uriné derrière un arbre dans un parc public.

- Ah bon.

- Ils n'ont pas arrêté le bon gars.

- Pourquoi dis-tu ça?

- Parce que si les policiers me suivaient l'été sur un terrain de golf, ils feraient beaucoup plus d'argent que ça!»

Vu d'même...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer