Repartir à zéro

«Donc quand j'ai appris qu'EFO a été obligée... (Étienne Ranger, LeDroit)

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«Donc quand j'ai appris qu'EFO a été obligée de fermer ses portes, ça m'a brisé le coeur», affirme Valérie St-Jean.

Étienne Ranger, LeDroit

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Valérie St-Jean veut redonner un peu de ce qu'elle a reçu durant le moment le plus sombre de sa vie.

Cette femme de 37 ans est directrice générale et cofondatrice, avec son conjoint Simon Coulombe, de la boîte de création multimédia Imagithèque, à Gatineau, une maison de production qui a fait sa marque dans la région au cours des huit dernières années et qui, en décembre dernier, a ouvert un deuxième bureau à Québec.

Mais les choses n'ont pas toujours été aussi roses pour Valérie. Et elle a eu le coeur brisé en apprenant, en janvier dernier, que l'organisme qui donne meubles et vêtements aux familles démunies, Entraide familiale de l'Outaouais (EFO), devait fermer ses portes, faute d'argent.

«Sans un organisme comme EFO, je ne serais pas rendue où je le suis aujourd'hui», dit-elle.

Il y a 14 ans, la vie de Valérie a basculé. Elle était alors âgée de 23 ans et mère d'une fillette de trois ans.

«J'habitais avec mon chum qui n'était pas le père de ma fille, raconte-t-elle. Celui-ci consommait beaucoup. Je lui ai dit un jour qu'il devait arrêter de consommer, que ça ne pouvait plus marcher comme ça entre nous deux.»

Quand Valérie est rentrée ce soir-là, son chum avait changé les serrures. Elle se retrouvait sans avertissement dans la rue, avec un enfant qui lui demandait sans cesse pourquoi elles ne pouvaient pas rentrer à la maison.

«Je n'avais plus rien, dit-elle, sauf mes poches de vêtements. Et je ne pouvais pas me réfugier chez mes parents. Ma mère venait d'apprendre qu'elle était atteinte d'un cancer et qu'elle était en phase terminale. Ce n'était pas un bon temps pour la déranger. J'étais complètement démunie. Ce fut le moment le plus dur de ma vie.»

Valérie habitait alors Hawkesbury, dans l'Est ontarien. En désespoir de cause, elle s'est tournée vers les organismes de charité de l'endroit.

«On m'a d'abord trouvé un logement subventionné, reprend-elle. Puis l'organisme de là-bas qui est l'équivalent d'Entraide familiale de l'Outaouais à Gatineau m'a donné un poêle, un frigo, un lit pour ma fille Bianca, un lit pour moi, une table brune et quatre chaises orange pas très belles. Disons que mon endroit n'était pas très chic. Je n'avais pas d'ensemble de salon, pas de télé, rien de tout ça, mais ça faisait l'affaire, se souvient-elle en souriant.

C'était en mars. Neuf mois plus tard, Valérie perdait sa mère.

«Ma mère était ouvrière dans une manufacture, dit-elle. Quand je l'ai visitée à l'hôpital, elle m'a fait promettre sur son lit de mort que j'allais retourner aux études et que je n'allais pas faire comme elle et être ouvrière toute ma vie. Elle m'a dit: "T'as le potentiel, repars à zéro." Alors je lui ai promis.»

Et Valérie est retournée aux études. Elle a d'abord complété son secondaire. Puis grâce à des bourses reçues pour des résultats scolaires exemplaires et avec l'aide de sa «mère de coeur», son amie Rose qui gardait Bianca durant la journée, elle a obtenu un diplôme en relations publiques à La Cité, suivi d'un baccalauréat en communications à l'Université d'Ottawa.

«Je devais tenir la promesse faite à ma mère, dit-elle. Et il fallait que je donne une meilleure vie à ma fille. Je voulais montrer à Bianca que tout est possible dans la vie si tu y crois vraiment.

«Mais sans cet organisme comme EFO qui s'est porté à mon secours, je n'aurais pas pu accomplir ce que j'ai accompli depuis. Cette aide reçue m'a permis de faire autre chose avec le peu d'argent que j'avais. Puisque je n'avais pas à m'acheter des meubles, j'ai pu utiliser ces sous pour mes études.

«Donc quand j'ai appris qu'EFO a été obligée de fermer ses portes, ça m'a brisé le coeur. Le monde ne réalise pas le nombre de gens que cet endroit aide. Et quand tu te retrouves dans une situation comme dans laquelle j'étais, t'as besoin de cet aide. C'est un service tellement essentiel.

- Vous serez donc à la soirée-bénéfice de lundi prochain?, que le lui ai demandé en terminant.

- Bien entendu. J'ai mon billet depuis longtemps.»

***

Une soirée-bénéfice aux profits d'EFO, intitulée Les bouchées doubles, se déroulera lundi le 16 mars, de 17h30 à 20h, aux restaurants Le Steak frites St-Paul et Giorgio, au 25, chemin de la Savane, secteur Gatineau. Le coût de participation est de 100$ et tous les fonds recueillis seront versés dans le fonds de relance d'Entraide familiale de l'Outaouais.

Pour des billets, contactez Nathalie au 819-772-0044 poste 258 ou au www.entraidefamiliale.com.

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