Les confitures du commandant

Le commandant Andrew Leslie affirme être devenu l'employé... (Étienne Ranger LeDroit)

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Le commandant Andrew Leslie affirme être devenu l'employé de sa conjointe, Karen.

Étienne Ranger LeDroit

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Qu'est-ce qu'un commandant et ancien chef d'état-major de l'armée de terre canadienne fait une fois à la retraite?

Réponse: des confitures. Des confitures pour venir en aide aux anciens combattants canadiens.

Le commandant Andrew Leslie, 57 ans, d'Ottawa, a passé 35 années de sa vie dans les Forces armées canadiennes. De l'ex-Yougoslavie à l'Afghanistan, en passant par l'Afrique, l'Amérique du Sud et tant d'autres coins sur la Terre, il a été de tous les conflits et de toutes les missions de paix des Casques bleus canadiens. Et ici au Canada, il a mené ses hommes et femmes en missions humanitaires, que ce soit durant une tempête de verglas ou de neige, une inondation, un feu de forêt ou toute autre catastrophe naturelle.

«Ma femme Karen, nos trois enfants et moi avons déménagé 18 fois durant ces 35 années, dit-il. Et j'étais presque toujours parti en mission, loin de ma famille. Une chance que mon épouse est forte, patiente et indépendante», de dire celui qui défendra la bannière libérale dans Orléans lors des prochaines élections fédérales.

«Andrew a été parti si longtemps après la naissance de notre fils que je croyais que notre garçon n'allait pas le reconnaître, d'enchaîner Karen. Et il y a eu des moments très inquiétants durant ses absences. Comme quand 10000 obus ont été largués sur la petite ville de Knin, en Croatie, là où Andrew se trouvait. J'étais convaincue qu'il avait été tué. Et les communications avaient été coupées, donc il était impossible de savoir s'il était toujours en vie. Disons que j'ai été très heureuse et soulagée de recevoir son appel.»

Mais après toutes ces années passées loin des siens, M. Leslie affirme qu'il a aujourd'hui une dette à rembourser à son épouse. Il est donc devenu son «employé».

PAsse-temps

Karen a un passe-temps depuis une quinzaine d'années. «Une passion», dira-t-elle. Enseignante de profession, elle est aujourd'hui bénévole à l'hôpital Montfort. Mais sa passion, ce sont les confitures. Et aussi les relishs, les ketchups et les gelées faits maison. Elle cueille les fruits dans la variété d'arbres qui poussent sur son terrain à Ottawa. Pour ensuite gâter ses parents et amis de pots de confitures aux saveurs aussi variées les unes que les autres.

Mais de produire de 20 à 40 pots de confitures par semaine nécessite de l'aide. C'est donc son mari qui a été assigné à l'épluchage, au lavage des fruits et légumes, au pilage des patates et le reste.

«Ici à la maison, je ne suis pas commandant, c'est clair, lance-t-il en riant. Ici, c'est moi qui obéis aux ordres. Je fais ce que Karen me dit de faire et je me tais. Je suis son esclave.»

«Et il est très bon, de dire son épouse. Je n'ai jamais vu quelqu'un éplucher un légume si rapidement que lui. C'est parce que lorsqu'il se trouvait sur les bases militaires à travers le monde, Andrew visitait souvent ses hommes et femmes sur leur lieu de travail. Et quand il allait s'entretenir avec ceux qui travaillaient dans les cuisines, il épluchait des légumes tout en jasant avec eux. Il m'a surprise par son talent», ajoute-t-elle en souriant.

Les deux tourtereaux s'amusent. Ça se voit. Mais ils aimeraient maintenant commercialiser leurs produits. «On pourrait les vendre dans les boutiques spécialisées et dans les commerces d'Ottawa et de la région qui offrent des produits locaux», d'expliquer Karen.

«Et nous faisons présentement des démarches auprès des ministères gouvernementaux concernés pour tout faire selon les normes et les lois», d'ajouter son mari.

Mais ils ne feront pas ça pour faire fortune ou pour un deuxième revenu. Ils comptent plutôt verser tous les profits de leur entreprise pour venir en aide aux vétérans de l'armée canadienne.

«Saviez-vous qu'on compte à Ottawa - et à Ottawa seulement - environ 100 vétérans qui vivent dans la rue? Des vétérans qui souffrent de toutes sortes de problèmes et qui sont complètement démunis. Et on ne parle pas des vétérans de la Deuxième Guerre mondiale. Mais bien des jeunes vétérans des conflits récents. Des gars âgés dans la vingtaine et la trentaine.

«Donc nous aimerions que tous les profits de notre entreprise soient utilisés pour venir en aide aux vétérans, spécialement à ceux devenus itinérants malgré eux. C'est notre but.»

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