Troublant...

Le meurtrier du juge Alban Garon, de sa... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

Le meurtrier du juge Alban Garon, de sa femme Raymonde et de leur amie Marie-Claire Beniskos - un triple meurtre survenu en 2007 à Ottawa - pourrait être le même homme qui aurait, cet hiver, perpétré une invasion de domicile chez Ernest Côté, un vétéran de 101 ans d'Ottawa.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Troublant cette affaire.

Le meurtrier du juge Alban Garon, de sa femme Raymonde et de leur amie Marie-Claire Beniskos - un triple meurtre survenu en 2007 à Ottawa - pourrait être le même homme qui aurait, cet hiver, perpétré une invasion de domicile chez Ernest Côté, un vétéran de 101 ans d'Ottawa.

La police d'Ottawa serait d'ailleurs sur le point de déposer des accusations dans cette affaire vieille de sept ans contre Ian Bush, qui est présentement détenu en attendant son procès pour l'invasion du domicile de M. Côté. L'ADN de ce suspect concorderait avec celui retrouvé chez les Garon et chez M. Côté.

Troublant.

J'ai rencontré M. Côté le mois dernier à son condominium d'Ottawa, là où il est passé à un cheveu de la mort. Il m'a raconté en détail la façon dont son agresseur s'en est pris à lui. Voici un passage de ce compte rendu de ma rencontre avec lui: «Le 18 décembre dernier, un individu dans la cinquantaine s'est présenté à la résidence de M. Côté en lui disant qu'il était un employé de la Ville d'Ottawa. Une fois à l'intérieur du condo du centenaire, il a bâillonné ce dernier et ligoté ses mains avec du ruban adhésif toilé (duct tape), pour ensuite lui glisser un sac de plastique sur la tête qu'il a également attaché au cou de la victime avec le ruban adhésif.»

On apprenait mardi dans le quotidien Ottawa Citizen que le juge Garon, son épouse et leur amie sont morts de suffocation et que les trois avaient un sac de plastique sur la tête quand ils ont été retrouvés sans vie...

Troublant.

Ernest Côté a presque miraculeusement et héroïquement réussi à se libérer par lui-même en décembre dernier.

«Si j'étais resté assis 10 ou 15 minutes de plus, je me serais évanoui, m'a-t-il raconté quand nous nous sommes rencontrés le mois dernier. Je voyais mon souffle dans le sac de plastique. Quand j'y pense avec un peu de recul, je me dis que si je n'avais pas réussi à me détacher, je ne serais pas ici aujourd'hui pour vous parler. Parce que je n'attendais personne avant quelques heures».

Ernest Côté était censé mourir ce jour-là. Suffoqué. Un homme de 101 ans n'était pas censé réussir à se libérer par lui-même.

Comment M. Côté a-t-il réagi cette semaine en apprenant ce lien possible entre les trois meurtres d'il y a sept ans et le crime dont il a été victime en décembre dernier? Impossible de le savoir. M. Côté est affaibli par la grippe depuis quelques jours et il s'est dit trop fatigué mardi pour s'entretenir avec les journalistes.

Sa fille Lucie m'a cependant dit que son père réalise qu'il a été très chanceux, mais qu'il n'est pas le genre à ruminer sur les choses. «Et il est très heureux que tout ça puisse servir à quelque chose, a-t-elle ajouté.

«Si tout s'avère vrai, ce sera tant mieux que la police ait pu solutionner ces meurtres crapuleux, poursuit Mme Côté. C'est quelque chose qui a choqué toute la société.»

Je relisais l'entrevue que j'ai réalisée avec M. Côté le mois dernier. Voici un passage que j'avais oublié et qui m'a fait sursauter en le relisant. À la question: «Croyez-vous pouvoir pardonner Ian Bush un jour?», le vétéran a répondu: «Non. Ce gars-là savait exactement ce qu'il faisait. C'était un geste calculé. M'a-t-il choisi par hasard? Je ne sais pas. L'enquête policière le dira. Mais je n'avais jamais rencontré cet homme de ma vie. Et je me demande parfois s'il n'a pas déjà commis un tel crime ailleurs. On veut le faire passer comme un homme mentalement déficient. Il a peut-être quelque chose qui ne va pas, mais j'ai l'impression qu'il savait exactement ce qu'il faisait.»

J'ai relu ce passage à sa fille, Lucie, mardi matin. Et elle m'a confié que son père est revenu sur cette question après mon départ de son condo et qu'il lui a dit: «J'aurais dû répondre: je lui pardonne le vol d'argent. Mais le fait qu'il ait tenté de me tuer, non.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer