Trop cher

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Je vous ai parlé dans ma chronique de vendredi dernier intitulée Deux poids, deux mesures du budget préliminaire de la Ville d'Ottawa qui est uniquement disponible en anglais sur le site web de la Ville.

Mais sur ce même site, la Ville indique que «ce rapport disponible en anglais seulement pourrait être traduit en partie ou en totalité sur demande». Puis on ajoute que cette demande doit être acheminée au gestionnaire au service des Finances, Tom Fedec.

J'ai donc demandé par courriel à M. Fedec une traduction complète de ce budget préliminaire. Pour me faire répondre que la Ville ne traduit pas le budget au complet compte tenu que ce document est beaucoup trop volumineux.

Donc on dit aux contribuables francophones d'en faire la demande, et lorsque ceux-ci la font, on les envoie paître. Et le maire Jim Watson aura le culot de nous répéter que le bilinguisme officiel à la Ville d'Ottawa n'est pas nécessaire puisque le bilinguisme pratique marche très bien...

Un peu contrarié par cette réponse inacceptable de M. Fedec, j'ai invité les lecteurs du Droit de lui faire à leur tour une demande pour obtenir une traduction complète de ce budget préliminaire.

Et tout près de 80 d'entre vous en ont fait la demande.

Si bien que, durant la matinée de vendredi, quelqu'un à la Ville a rédigé une réponse générique en français expédiée à tous les contribuables francophones qui en ont fait la demande par courriel. Tout le monde a donc reçu la même réponse. Et la voici:

«Merci pour votre courriel concernant le budget préliminaire 2015 de la Ville d'Ottawa. Veuillez noter que tous les documents ne sont pas traduits systématiquement en français pour diverses raisons. En ce qui concerne la traduction du budget préliminaire 2015, elle représente 900 pages en tout avec en moyenne 350 mots par page, soit une estimation de 300000 mots au total. On estime qu'il faudrait trois mois au Service de traduction pour traduire ce document. Le budget serait donc adopté avant que la traduction ne soit terminée. (...) Si des parties spécifiques du rapport sur le budget préliminaire vous intéressent, veuillez m'en aviser et je les ferai traduire en fonction de nos ressources.»

Et c'est signé: Tom Fedec

"*

Épluchons un peu cette réponse.

D'abord, ça veut dire quoi: «tous les documents ne sont pas traduits systématiquement en français pour diverses raisons»? Quelles raisons? Et pourquoi ces documents ne sont-ils pas rédigés en français en même temps qu'ils le sont en anglais? Serait-ce une question d'argent?

Deuxièmement, on dit qu'on estime qu'il faudrait trois mois pour traduire ce document. D'accord. Alors pourquoi n'a-t-on pas débuté sa traduction ou sa rédaction en français il y... trois mois? Serait-ce une question d'argent?

Puis enfin, que veut dire M. Fedec quand il invite les contribuables (et j'insiste sur le mot «contribuables») francophones à demander des parties spécifiques de ce budget, s'ils le désirent, et qu'il les fera traduire en fonction des ressources?

Quelles ressources? Les ressources humaines ou les ressources financières? Ou les deux? Parce que dans les deux cas, il est question d'argent.

En fait, M. Fedec - voire la Ville d'Ottawa - aurait pu résumer sa longue réponse en sept mots: «oubliez ça, le bilinguisme coûte trop cher».

C'est ce que je retiens de cette réponse. De là pourquoi je la trouve complètement inacceptable.

Le contribuable francophone paye les mêmes impôts fonciers que le contribuable anglophone. Alors pourquoi n'a-t-il pas droit aux mêmes services?

Parce que de diffuser en ligne ce budget préliminaire ou tout autre document uniquement en anglais est injuste et inéquitable. C'est un service qu'on offre uniquement aux contribuables anglophones. Tandis que les contribuables francophones, eux, doivent en faire la demande, ils doivent faire un effort, ils doivent quémander, ils doivent patienter. Et dans ce cas précis, même s'ils ont fait tout ça, ils se sont tout de même fait répondre qu'ils rêvent en couleurs.

C'est ce qu'on appelle être des citoyens de deuxième classe. Et c'est d'une injustice crasse.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer