Un «cinq-à-sept» matinal

Mardi le 3 février 2015, c'est toute la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Mardi le 3 février 2015, c'est toute la communauté franco-ontarienne qui trinquait le retour presque miraculeux de la fromagerie St-Albert.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le party était pogné mardi matin à Saint-Albert, dans l'Est ontarien. Et pour cause! Puisqu'on procédait à l'ouverture officielle de la nouvelle fromagerie St-Albert, qui renaît de ses cendres, deux ans jour pour jour après le terrible incendie qui l'a complètement détruite.

Le 3 février 2013, c'est toute la communauté franco-ontarienne qui pleurait la perte de «sa» fromagerie fondée en 1894. Et mardi le 3 février 2015, c'est toute la communauté franco-ontarienne qui trinquait à son retour presque miraculeux. Vous m'excuserez le jeu de mot mais... disons que tout le gratin franco-ontarien y était. (Merci pour la blague, Éric Brousseau, notre directeur des ventes et du marketing.)

Et Dieu!, qu'on s'est «bourré la face»! Quel lunch! Ils l'ont l'affaire, mes camarades francos de l'Est ontarien. Là-bas, on ne sert pas sur des cabarets ambulants des petites bouchées non identifiables. Vous savez? Ces petites bouchées quelconques au saumon pas cuit, ou une crevette enveloppée dans une asperge, ou encore un petit morceau de «Dieu-sait-quoi» qui goutte le saumon pas cuit et la crevette enveloppée dans une asperge?

Rien de ça à Saint-Albert. Le lunch de mardi là-bas se limitait pas mal à des mini-hamburgers et de la poutine. En plein dans ma ligue, quoi!

Et vous ai-je dit que le vin et le champagne coulaient à flots? À 11h le matin! On se serait cru dans un «cinq-à-sept» pour «Impatients Anonymes».

En fait - et là je ne blague pas -, les organisateurs de cette ouverture officielle ont voulu la tenir dans le cadre d'un «cinq-à-sept». Mais peu de gens y auraient assisté. Parce que, voyez-vous, la fromagerie St-Albert est une coopérative de producteurs laitiers de l'Est ontarien. Ce sont eux qui emmènent «le lait au moulin». Et tous ces gens étaient évidemment invités à la fête de mardi matin. Mais si cette fête s'était tenue entre 17h et 19h, ils n'auraient pu être de la partie puisque c'est durant ces heures qu'ils traient leurs vaches. Donc soit qu'ils allaient trinquer à la santé de «leur» nouvelle fromagerie dans un «cinq-à-sept», soit qu'un méchant paquet de vaches se seraient couchées mardi soir avec les pis bien pesants et bien tendus. Voilà pourquoi la fête s'est déroulée de 11h à 13h. Pour le bien-être des vaches. Et de leur part, je dis aux organisateurs de l'événement: meuuuurci!

Parlant de vache... Albertine était aussi présente mardi matin. Albertine, c'est la vache mascotte du Festival de la curd de Saint-Albert et de la fromagerie. Et mardi, Albertine était sur scène avec les dignitaires invités. Encore là, je ne blague pas.

En fait, la meilleure blague de la journée est venue de l'animateur de la cérémonie, Michel Picard, qui a lancé...

Non, attendez que je vous mette les choses en contexte. L'un des seuls «invités de marque» à ne pouvoir être de la fête mardi était le député conservateur de Glengarry-Prescott-Russell, Pierre Lemieux. Celui-ci a donc demandé à Michel Picard de lire ses mots à sa place (!). Ce que ce dernier à fait. Et après la lecture du court discours du député Lemieux, Picard a déclaré: «Eh bien! Voilà deux premières dans ma carrière: lire un discours d'un député conservateur, et animer en compagnie d'une vache.» (Ça, c'est une blague, Éric!)

Monseigneur Réjean Lebrun, du diocèse d'Alexandria-Cornwall, a procédé en ouverture à la bénédiction de la fromagerie. La tradition veut que le prêtre bénisse un nouveau bâtiment en le contournant tout en l'aspergeant d'eau bénite. Mais compte tenu qu'il faisait à peu près -82°C hier matin, Monseigneur Lebrun a préféré bénir l'endroit de l'intérieur plutôt que d'aller se geler les curds à l'extérieur. Sage décision. Il a donc sorti de sa soutane une bouteille de plastique remplie d'eau bénite (oui, une bouteille de plastique du Dollarama; coupures budgétaires au diocèse, faut-il croire), et il a aspergé l'eau bénite à sa gauche, à sa droite et devant lui, éclaboussant et bénissant au passage Albertine (devenue sur le coup une vache sacrée) et la procureure générale de l'Ontario, Madeleine Meilleur.

C'est Mme Meilleur qui a d'ailleurs prononcé les plus belles paroles de la cérémonie d'hier dans un discours très touchant et venu droit du coeur. Voici en terminant un court extrait de son allocution:

«Je dis souvent à Mme Wynne (la première ministre de l'Ontario) que les Franco-Ontariens ne sont pas des gens qui craignent des difficultés, et qu'ils ne se laissent pas facilement intimider. Elle m'a toujours crue. Mais c'est vous qui le lui avez prouvé.»

Bien dit. Chapeau la gang. Longue vie à la fromagerie St-Albert et à ses crottes de fromage! (Désolé, Réjean Ouimet. Il fallait bien que je glisse les mots «crottes de fromage» quelque part...)

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer