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Simon Chénier tient à remettre ce qu'il a... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Simon Chénier tient à remettre ce qu'il a reçu: le don de la vie.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Simon Chénier croyait que ses jours étaient comptés. Atteint de l'hépatite C qui a mené vers une cirrhose du foie - rien à voir avec l'alcoolisme, précisera-t-il - la santé de cet homme de 50 ans de Mayo se détériorait à vue d'oeil. Plus une once d'énergie en lui, il devait dormir près de 18 heures par jour, et son seul espoir de s'en sortir reposait entre les mains d'un donneur d'organes, d'un foie dans son cas.

Il y a un an de ça. Aujourd'hui, M. Chénier se dit en pleine forme, il a repris le travail, il sourit à la vie et sa terrible maladie n'est plus qu'un mauvais rêve. «J'étais fait à l'os, et là je pète le feu», lance-t-il d'un large sourire.

Une greffe du foie l'a sauvé. Une greffe réalisée à l'hôpital Saint-Luc, à Montréal, le 23 mai dernier. Une greffe qui a failli bien mal tourner...

Visite dans l'au-delà

Simon Chénier a subi un arrêt cardiaque sur la table d'opération. Son coeur a cessé de battre pendant quatre longues minutes durant lesquelles il a quitté ce monde... avant de décider d'y revenir. Il raconte.

«Mon coeur a lentement cessé de battre. Et plus il ralentissait, plus je suffoquais, comme si je me noyais. Mais dès que mon coeur a cessé de battre, mon esprit a pris vie et j'ai changé de dimension.

«Je suis sorti de mon corps. Je voyais les infirmières, la chirurgienne et les instruments dans mon corps. Je voyais la chirurgienne me travailler dans le corps et j'avais peur de ressentir de la douleur. Mais je ne sentais rien.

«J'ai quitté la pièce, j'étais comme sur un nuage. Et j'ai aperçu au loin une lumière, un tunnel. Je me suis dirigé vers cette lumière et ce tunnel et il y avait une grande ouverture. Et il y avait aussi cette force qui me tirait comme un aimant vers la lumière. J'ai senti cette énergie qui m'attirait. C'était calme, c'était chaleureux, c'était super sharp de l'autre bord. Mais je savais que si j'y entrais, je ne revenais pas. Et c'est comme si on m'a donné un moment pour décider si j'y entrais ou non. J'ai pensé à ma fille Stéphanie et j'ai dit: je ne veux pas mourir. Donc j'ai choisi de vivre. Puis je suis revenu dans mon corps de la même façon que je suis parti, et mon coeur s'est remis à battre, un battement à la fois.

«Mais pendant ces quatre minutes, j'étais dans une autre dimension. Je n'ai pas entendu de voix, je n'ai pas vu mes proches qui sont décédés, je n'ai pas vu de petit Jésus et je n'ai pas vu Elvis non plus. Mais maintenant je n'ai plus peur du moment où mon jour viendra pour de bon. Parce que je sais ce qui m'attend, je sais que je retournerai au même endroit. Et cette fois-là, je déciderai d'y entrer.»

L'ambassadeur

Simon Chénier est aujourd'hui rempli de gratitude et il mord dans la vie à pleines dents. Et il tient à remettre ce qu'il a reçu: le don de la vie.

«J'ai été nommé ambassadeur de la Maison des greffés Lina Cyr, à Montréal, dit-il. Cette maison offre l'hébergement aux patients qui habitent à l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal, comme les gens de l'Outaouais. Les patients y sont accueillis avant la greffe et post-greffe.

«Je me suis donc engagé corps et âme à promouvoir le don d'organes. Ça sauve des vies, j'en suis la preuve vivante. Il faut signer l'autocollant de la RAMQ relatif au consentement au don d'organes et de tissus et l'apposer au dos de notre carte d'assurance maladie. C'est très important. Une seule personne peut sauver jusqu'à huit vies en donnant ses organes à son décès. Et il faut surtout faire part de notre décision à nos proches. Parce que c'est à eux qu'on demandera si vous avez consenti au don d'organes. Ils pourront ainsi parler en votre nom et votre volonté sera respectée.»

Conférencier et auteur-compositeur-interprète dans ses temps libres, Simon Chénier présentera deux spectacles au Café des artistes, à Buckingham, les 6 février et 18 avril prochains. Il organise de plus un brunch qui se tiendra au Domaine de L'Ange-Gardien le 23 août. Les profits de ces trois activités seront versés à la Maison des greffés Lina Cyr.

«Je chanterai mes propres compositions durant ces deux spectacles à Buckingham, dit-il. Et je vais chanter une chanson que je suis en train de composer et qui s'intitule Merci. Merci à celui qui m'a donné la vie.

- Savez-vous de qui il s'agit?, lui ai-je demandé en fin d'entrevue.

- Non. Et je ne tiens pas à le savoir. Et en ne le sachant pas, ça m'oblige à traiter tout le monde avec respect et gratitude comme si c'est leur frère, leur soeur ou leur proche qui m'a sauvé la vie. Je vis ma vie d'une façon où si je rencontrais l'un des membres de la famille du donneur, je pourrais le regarder dans les yeux et être fier de ce que je fais avec le cadeau que j'ai reçu.»

Pour de plus amples renseignements sur le don d'organes et de tissus: www.signezdon.gouv.qc.ca (Québec) ou www.soyezundonneur.ca (Ontario).

Pour faire un don à la Maison des greffés Lina Cyr: www.maisondesgreffes.com ou le 514-527-8661.

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