Du hockey à la flore africaine

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Quelle platitude! Mais quelle platitude!

J'aime bien le hockey. Je pense que je vous l'ai déjà mentionné dans une chronique ou deux...

J'aime tellement le hockey que j'ai regardé durant le week-end les émissions diffusées dans le cadre du match des étoiles de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui se déroulait à Columbus. Et croyez-moi, il fallait vraiment aimer le hockey pour passer, voire gaspiller quelques heures à regarder ces platitudes.

Il y avait d'abord le «repêchage» de vendredi soir. Les joueurs Jonathan Toews et Nick Foligno, les capitaines de leur équipe respective, choisissaient tour à tour les hockeyeurs étoiles qui allaient composer leur équipe.

Comment peut-on diffuser un tel «événement» et rendre la chose intéressante pour le téléspectateur? C'est impossible. On peut bien ajouter de la musique, des feux d'artifices, des pétards, des lumières, des animateurs aux commentaires insipides et des poupounes dites hôtesses, ça ne change rien. Ça demeure d'abord et avant tout un repêchage comme on le faisait enfants dans la cour d'école, avec le pauvre petit nerd par très athlétique qui était toujours repêché dernier.

Voici comment se déroule ce repêchage du match des étoiles de la LNH: on braque la caméra sur Foligno, celui-ci pige un joueur, on coupe à la caméra qui se trouve dans un salon où les joueurs prennent un verre et où certains d'entre eux semblent selon toute évidence légèrement saouls, ou chaudasses comme on dit dans le jargon de taverne (allô Alex Ovechkine), le joueur choisi se lève et se rend sur scène prendre place à côté de son capitaine, une poupoune lui remet un chandail de l'équipe qu'il l'enfile et on reprend l'exercice... 35 fois! Trente-cinq fois!! J'aurais dû enregistrer cette émission pour les nuits où je souffre d'insomnie.

Samedi soir n'était guère mieux. C'était soirée du concours d'habiletés. Donc 35 joueurs plantés au milieu de la glace qui attendent chacun leur tour soit de tirer la rondelle sur une cible installée dans le filet, soit de participer au concours de vitesse, soit de participer au concours de fusillades.

C'est ce dernier concours que je ne comprends pas. Beaucoup d'amateurs, de joueurs et d'entraîneurs détestent les fusillades au hockey. On voudrait les abolir. Or, qu'organise-t-on au match des étoiles? Un concours de fusillades! C'est comme être invité à souper chez des amis que vous prévenez que vous êtes végétarien, et que ceux-ci vous servent comme repas un boeuf bourguignon.

Puis finalement, il y avait le match des étoiles présenté dimanche soir. Le clou du week-end. Le moment tant attendu. Un match qui s'est terminé par la marque de 17 à 12... Une farce, quoi. Un match de ringuette des Filles d'Isabelle de Rapides-des-Joachims aurait été plus captivant.

J'ai regardé la première période. (Je me demande encore pourquoi). Puis je suis passé aux nouvelles de 18 h suivi de l'émission Découverte. Oui, j'ai choisi de regarder un documentaire sur l'Afrique à Découverte plutôt que de regarder une partie de hockey. Ma blonde a voulu prendre ma température, convaincue était-elle que je délirais.

Si la LNH tient tant à son ennuyeux match des étoiles, pourquoi ne revient-elle pas à la formule des années 50 et 60, dans le temps que cette ligue ne comptait que six équipes?

Durant ces années, les meilleurs joueurs de la LNH affrontaient l'équipe championne de la coupe Stanley de l'année précédente. Donc cette année, on aurait regardé les Stamkos, Ovechkine, Toews, Price et compagnie jouer contre les Kings de Los Angeles. Avouez que ce serait drôlement plus intéressant.

Ce serait impossible avec la LNH d'aujourd'hui, je le sais. Les contraintes et les obstacles seraient beaucoup trop nombreux. Mais ce serait peut-être plus intéressant que la faune et la flore africaine...

En fait, la LNH devrait tout simplement abolir ce match des étoiles, cette platitude. C'est d'un ennui mortel année après année.

Et dire que c'est avec de telles niaiseries que les dirigeants de cette ligue tentent de vendre leur produit aux Américains. Et qu'ils seront ensuite surpris de voir tant de gradins vides en Floride, en Arizona, en Caroline, en...

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