La dernière chance

Baaden Kalala et son épouse Chantal Mpunga, espèrent... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Baaden Kalala et son épouse Chantal Mpunga, espèrent trouver 20 000 $ pour pouvoir aller de l'avant avec la greffe de rein.

Patrick Woodbury, LeDroit

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«Vous pouvez venir écouter le match des Canadiens de Montréal avec moi si, vous ne me croyez pas», m'a-t-il lancé.

Baaden Kalala, 55 ans, est un maniaque des Glorieux. «Un fanatique», dit-il. Et il rate rarement un match de son équipe. Mais il ne regarde pas ces matches, il les écoute. Diabétique, M. Kalala est aveugle depuis 2005.

Il a fui son Congo natal en 1989 pour immigrer au Canada et il s'est établi à Québec. Son épouse, Chantal Mpunga, 51 ans, est venue le rejoindre en 1993. Puis, ils sont déménagés à Gatineau en 2003 où M. Kalala a travaillé comme professeur de français langue seconde à la fonction publique fédérale. Les deux sont parents de deux filles nées au Canada: Patricia, 20 ans, étudiante à La Cité, et Leila, 17 ans, étudiante au Cégep de l'Outaouais. Elles habitent avec leurs parents dans une maison plus que modeste du secteur Gatineau.

M. Kalala et son épouse ont communiqué avec moi pour obtenir de l'aide dans la lutte de M. Kalala pour sa survie. Parce qu'en plus d'avoir perdu la vue à cause du diabète, ce dernier souffre d'insuffisance rénale majeure. Et ses reins ne fonctionnent qu'à 5% de leur capacité. Seule une greffe de rein lui sauvera la vie. Et ses jours sont comptés.

Le hic, c'est que les médecins de l'Hôpital d'Ottawa, là où M. Kalala se rend trois fois par semaine pour des traitements de dialyse d'une durée de cinq heures chacun, n'arrivent pas à trouver un donneur du type sanguin O, soit le même que M. Kalala. La période d'attente pour un donneur compatible pourrait s'étirer pendant près de sept ans. Et les chances que M. Kalala survive pendant sept années sont minces, très minces.

En fait... non. Correction. Les médecins ont bel et bien trouvé un donneur pour M. Kalala. Tous les tests et les vérifications ont été effectués et ce donneur est compatible.

Le hic, c'est qu'il habite en Namibie, en Afrique. Il s'agit du frère cadet de M. Kalala, le pasteur Shérif Kalala. Un homme qui a passé tous les tests requis par l'Hôpital d'Ottawa dans un hôpital de l'Afrique du Sud, pays voisin de la Namibie. Et un homme prêt à laisser ses sept enfants derrière lui pendant plusieurs mois pour venir au Canada sauver la vie de son grand frère.

Mais M. Kalala et son épouse doivent trouver approximativement 20000$ dans les plus brefs délais pour faire venir Shérif à Ottawa. Pourquoi cette somme? Le billet d'avion aller-retour, le visa, l'onéreuse assurance santé privée exigée par l'Hôpital d'Ottawa, les médicaments requis après la greffe, et j'en passe.

M. Kalala, son épouse et leurs deux filles vivent uniquement du salaire de Mme Mpunga, chez Bibliothèques et Archives Canada. Et ils n'ont simplement pas les 20000$ requis.

Quand j'ai demandé à Mme Mpunga si elle ou son mari avait tenté d'obtenir un prêt de leur banque, elle m'a répondu: «je ne vois pas comment Baaden et moi pourrions rembourser un tel prêt».

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J'arrête pour un instant. Je sais ce que certains d'entre vous pensent, chers lecteurs. Vous pensez qu'il s'agit d'une fraude. Que je me suis fait «embarquer» et que je me fais berner par ces gens.

Et vous avez raison d'être sceptiques. Moi aussi, je reçois souvent des courriels frauduleux et apparemment en provenance d'Afrique de gens qui me racontent des histoires invraisemblables et qui tentent de m'arnaquer par toutes sortes de moyens. Et mon premier réflexe en lisant le tout premier courriel de l'épouse de M. Kalala a été de le mettre de côté en me disant: «cette histoire sent la fraude à plein nez».

Mais je suis quand même allé rencontrer ce couple. Pour me rendre compte qu'ils ont tous les documents requis pour prouver à qui que ce soit que leur histoire est bel et bien vraie. Malheureusement...

Et après que Mme Mpunga m'ait montré une lettre du Dr John Mahoney, soit le chirurgien de l'Hôpital d'Ottawa qui effectuera la greffe de rein - si greffe il y a - M. Kalala m'a lancé: «Je vais pour ma dialyse à 17h ce soir à l'Hôpital d'Ottawa. Je serai là jusqu'à minuit. Il y a un match du Canadien contre les Panthers de la Floride. Vous pouvez venir écouter le match avec moi là-bas si vous ne me croyez pas.

- Ça va, M. Kalala, je vous crois, lui ai-je répondu. Et de toute façon, je suis partisan des Sénateurs, ai-je ajouté à la blague.

«Ah pas moi! Moi, c'est le Canadien! C'est l'équipe que j'aime depuis que je suis arrivé au Canada en 1989 et je suis fanatique.»

Et pour une rare fois ce soir-là, j'ai applaudi la victoire du Canadien...

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M. Kalala et son épouse ne se sont pas apitoyés sur leur sort et ils tentent de trouver une solution à leur dilemme. Ils ont fait appel à leurs amis de la communauté congolaise d'Ottawa-Gatineau. Ceux-ci se sont cotisés pour les aider financièrement. Et les collègues de travail de Chantal ont organisé une vente de sapins de Noël pour leur venir en aide. Et jusqu'à maintenant, ils ont amassé près de la moitié des 20000$ requis.

Ils sont donc encore loin de leur cible et M. Kalala et son épouse se tournent maintenant, en désespoir de cause, vers la générosité du public, de la communauté.

«Nous avons formé un groupe qui a ouvert un compte à la caisse Desjardins, dit Chantal. Et il s'agit d'un compte dépôt, sans retrait possible. Et par mesure de transparence, il y a quatre signataires sur ce compte, quatre amis à nous. Tout est très transparent et je peux vous donner les noms de quatre personnes contacts qui répondront à toutes les questions des gens.»

Courageux, ce couple. Des gens droits et fiers. Et ce n'est pas de gaieté de coeur qu'ils tendent la main au public. C'est qu'ils ne savent plus où se tourner et à quel saint se vouer.

Et les jours d'un père de famille sont comptés.

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Si vous pouvez aider, voici le numéro du compte bancaire où vous pouvez donner: 815-30126-1. Folio: 111865. (Caisse populaire Desjardins, 655 boulevard St-René O).

Pour communiquer avec M. Kalala et son épouse: 819-561-7620.

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