La faim du monde

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Mesures d'austérité. Politiques d'austérité. De bien beaux mots pour dire aux Québécois qu'ils devront tellement se serrer la ceinture, en 2015, que certains d'entre eux ne pourront presque plus respirer.

Définition du mot «austérité» selon le petit Robert: «Caractère de ce qui est austère». Définition du mot «austère», toujours selon ce dictionnaire: «Qui se montre sévère pour soi, retranche sur ses aises et ses plaisirs».

Donc c'est ça. En 2015, les Québécois devront retrancher sur leurs aises et leurs plaisirs. Et certains devront même retrancher sur leur «plaisir» de se nourrir.

L'Université de Guelph a récemment publié son rapport annuel sur les prix des aliments. Et selon ce rapport, le coût du panier d'épicerie augmentera de 2,4% en 2015, soit un taux plus élevé que le taux d'inflation.

Ce n'est pas la fin du monde, diront certains. Et c'est vrai. Mais ajoutez ça aux augmentations d'impôts, aux augmentations de frais de service supplémentaires, et aux augmentations de ci et de ça, et vous constaterez assez vite qu'il en coûtera pas mal plus cher en 2015 de maintenir la même qualité de vie.

Voici un extrait du communiqué de presse de l'Université de Guelph sur cette hausse de 2,4% du coût du panier d'épicerie: «L'autre bémol se lie aux types d'aliments ciblés par le rapport. Pour la première fois, nous anticipons une hausse importante pour deux catégories de produits importants: les viandes, ainsi que les fruits et légumes».

Plutôt choquant comme prédiction quand on sait que les viandes ont augmenté en moyenne de 12% en 2014. Et on parle maintenant d'une hausse supplémentaire de 3 à 5%. Mettons qu'il commence à coûter cher, le hamburger.

Et on parle également d'une hausse de 3 à 5% du prix au détail des fruits et légumes. Ce que l'Université de Guelph qualifie de «mauvais augure pour les familles moins nanties puisque, contrairement à d'autres aliments, il n'existe pas vraiment de substituts pour ces produits frais».

«Ce n'est pas une question de sécurité alimentaire, mais plutôt de sécurité nutritionnelle, a déclaré Sylvain Charlebois, professeur titulaire de l'Université de Guelph. Avoir les moyens de se nourrir est une chose, mais de se payer une diète équilibrée à l'année est tout autre. Avec une augmentation de 3 à 5% pour les protéines et les fibres, chaque ménage devra payer entre 150 à 200$ de plus l'an prochain pour obtenir la même nourriture. Ainsi, avoir accès à une nutrition de qualité sera un défi de taille pour plusieurs familles en 2015», a ajouté M. Charlebois.

La belle affaire, n'est-ce pas. Quand on sait que Centraide est incapable depuis quelques années d'atteindre son objectif annuel, et que ce sont conséquemment les banques alimentaires et les organismes qui viennent en aide aux familles démunies qui en souffrent et qui doivent réduire à leur tour leurs services à ces familles, cette nouvelle de l'Université de Guelph fait mal. Tout comme de savoir que le nombre de familles ayant visité une banque alimentaire en 2014 a pour la première fois augmenté de 20% (!).

Désolé pour ces chiffres déprimants en cette fin d'année, chers lecteurs. Tenez, voici une bonne nouvelle à retenir de ce rapport annuel: une hausse très modeste de 0 à 2% est anticipée pour le pain, les pâtes et les produits laitiers.

Et voici une autre bonne nouvelle pour les producteurs maraîchers locaux: la marge entre les fruits et légumes d'ici et ceux provenant d'ailleurs diminuera vraisemblablement.

Donc en 2015, si on achète nos fruits et légumes de producteurs locaux et qu'on mange plus de spaghetti à la sauce tomate que de viande hachée, tout devrait bien aller, «alimentairement» parlant, en cette période d'austérité.

Comme si la vie était si facile...

Les tricoteuses récidivent

Changement de sujet...

Ça fait un bout que je ne vous ai pas parlé de l'Armée Nicole-Dupuis. Cette «armée» est un groupe de dames de la région qui tricotent durant l'année des mitaines, tuques et foulards qu'elles remettent, l'hiver venu, aux gens dans le besoin.

C'est la Gatinoise (feue) Nicole Dupuis qui a mis ce groupe sur pied il y a quelques années. Et Margot Beauparlant a pris la relève de cette «armée» de tricoteuses quand Mme Dupuis a quitté ce monde.

Voici un courriel de Mme Beauparlant reçu la semaine dernière:

«Salut Denis, les tricoteuses ont encore travaillé très fort cette année. On a distribué plus de 800 tricots au Gîte Ami, aux Bergers de l'espoir, au BRAS, à Pierre-Janet, à la Maison Ado-jeune et au Centre de pédiatrie sociale. J'aimerais te souhaiter à toi et ta famille un bon temps des Fêtes.

- Margo.»

Chapeau Mesdames. Et bonne année à vous.

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