Pas besoin de 50 raisons

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Le 6 juin 2000, moins de deux semaines après la mort de Maurice «Rocket» Richard, l'ancienne Ville de Hull adoptait une résolution proposant que le ministère des Transports du Québec (MTQ) retienne l'appellation «Autoroute Maurice-Richard» pour désigner l'autoroute 50 qui, à l'époque, était bien loin d'être achevée.

Le gouvernement péquiste de l'époque avait bien aimé l'idée et avait proposé que la Commission de toponymie du Québec se penche sur la question. Mais cette commission a préféré attendre la fin des travaux sur la 50 avant de se prononcer.

Cette autoroute a été complétée en 2012. Mais puisque la Ville de Hull n'existe plus, sa demande concernant l'autoroute 50 a été oubliée.

Mais voilà que l'ancien conseiller municipal de Hull, Claude Bonhomme, ainsi que le président d'InnovaCom Marketing et Communication, André Guibord, reviennent à la charge. Et dans une lettre qu'ils ont cosignée et qui a été publiée dans notre édition d'hier, ces deux hommes demandent à nouveau que le Rocket soit immortalisé avec l'autoroute 50.

Le dernier paragraphe de leur lettre se lit comme suit: «Nous invitons donc les leaders québécois de toutes instances, société civile, milieux politiques, économiques, institutionnels, académiques et gens des médias à promouvoir ce projet pour qu'il se concrétise enfin». Longue phrase pour dire «nous invitons tout le monde», mais bon.

Je suis d'accord avec ces deux hommes. Le nom de Maurice Richard a été oublié pour le futur pont Champlain à Montréal, alors pourquoi ne pas honorer et immortaliser le Rocket en nommant en sa mémoire une autoroute qui mène vers Montréal? Ce serait, à mon humble opinion, une bonne idée, une belle initiative.

Il faudrait cependant revoir les raisons pour lesquelles cette autoroute devrait porter le nom de Maurice Richard. Parce que les arguments évoqués à l'époque par la Ville de Hull n'étaient pas très solides, mettons.

Dans un document remis en 2000 au MTQ, la Ville de Hull disait, par exemple, que «les gens de l'Outaouais portaient et portent toujours la plus grande admiration pour Maurice Richard». D'accord. Mais n'est-ce pas le cas pour à peu près TOUS les Québécois de TOUTES les régions?

Puis on soulignait que «l'autoroute 50 porte déjà le chiffre magique des 50 buts en 50 matches que le Rocket a été le premier à marquer dans la Ligue nationale de hockey». Ichhh... Avec cette logique, la compagnie Labatt aurait renommé sa bière 50 au nom de Maurice Richard il y a des années.

Puis comme autre argument, la Ville de Hull ajoutait: «tout comme le chiffre 50 a assuré à Maurice Richard le succès et la prospérité, l'autoroute 50 est perçue comme la clé du succès économique et de la prospérité de l'Outaouais». On attribuait, dans le temps, beaucoup de vertus à cette autoroute inachevée...

Donc pas très solides comme arguments, disais-je.

Et si on demandait l'appellation «Autoroute Maurice-Richard» pour la 50 parce que cette route mène vers Montréal, là où le Rocket a vécu et connu la gloire? Et si on demandait cette appellation pour tout simplement immortaliser son nom une fois pour toutes, point à la ligne?

Tous les Québécois sont fiers de Maurice Richard, qu'ils habitent Montréal, Chicoutimi, Sherbrooke, Matane ou Gatineau. L'important, selon moi, c'est d'honorer cet homme, cette légende, peu importe où l'autoroute qui porterait son nom se trouve en province.

Parce que comme a écrit Félix Leclerc au sujet de Maurice Richard:

«C'est le vent qui patine. C'est tout le Québec debout. Qui fait peur et qui vit.»

La gaffe royale... toujours là

Changement de sujet...

En août dernier, je vous ai parlé dans une chronique intitulée «Une gaffe royale» d'un monument qu'on retrouve dans le Cimetière militaire national, à Ottawa, et sur lequel la Défense nationale a gravé un poème traduit honteusement de l'anglais au français.

On a, selon toute évidence, soumis ce poème en anglais à un moteur de recherche du genre Google, et la traduction se veut un poème français sans queue ni tête et totalement incompréhensible. Du chinois, quoi. Et pire, ce poème dédié aux hommes et femmes de l'Aviation royale canadienne est gravé dans le granit pour la postérité.

Quand il a pris connaissance de cette gaffe - disons-le, monumentale - le commandant de l'Aviation royale canadienne (ARC), le général Yvan Blondin, était hors de lui. Rouge de colère. Et il a déclaré qu'il allait s'occuper personnellement de ce dossier et que cet insultant poème envers les Canadiens français et les membres de l'ARC allait être effacé et remplacé par un poème traduit correctement en français et gravé sur ce monument d'ici le 11 novembre (hier).

Bon, je comprends très bien que le général Blondin a d'autres chats à fouetter par les temps qui courent. La mission de certains de ses hommes et femmes en Irak pour combattre l'État islamique passe - et avec raison - devant la traduction d'un poème sur un monument.

Mais c'est tout de même avec déception que j'ai constaté hier matin que rien n'avait été changé sur le monument en question. Pas une virgule.

Je me console en me disant qu'il sera peut-être corrigé d'ici le 11 novembre... prochain.

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