Oui au pont Maurice-Richard

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Le Rocket serait-il devenu un mal-aimé?

Le gouvernement de Stephen Harper a laissé entendre, il y a quelques jours, que le nouveau pont qui sera construit à Montréal pour remplacer le pont Champlain pourrait être nommé le pont Maurice-Richard.

C'est une bonne idée, me suis-je dit en apprenant cette nouvelle. Le grand Maurice Richard mérite un tel honneur. Vous n'avez qu'à lire le livre Le Rocket de Roch Carrier - l'auteur de l'oeuvre Le Chandail de hockey - pour comprendre le rôle que ce joueur de hockey du Canadien de Montréal à joué dans l'émancipation du peuple québécois. Je vous recommande ce bouquin.

Mais voilà que des voix se lèvent, dont celle du président français François Hollande, pour s'opposer à une telle désignation pour le nouveau pont. Ces gens voudraient conserver le nom «pont Champlain» plutôt que de le renommer en l'honneur du Rocket.

Mais pourquoi? Pourquoi pas le pont Maurice-Richard? Ce n'est pas comme si la mémoire de Samuel de Champlain avait été oubliée au Québec. Les sites, les lieux et les institutions qui portent son nom sont innombrables en province.

Il y a par exemple le village Champlain, en Mauricie. Dans la région de Québec, on y trouve le quartier Petit Champlain, la promenade Samuel-de-Champlain, le monument de Samuel de Champlain. À Montréal, il y a l'hôtel Champlain et le collège anglophone Champlain, dans le sud de la ville, pour ne nommer que ces deux endroits. Et à Gatineau, il y a le pont interprovincial Champlain. On a même nommé un terrain de golf en son honneur!

Et je suis sûr que si je fouillais sur le web un peu, je trouverais rapidement quelque part en province un restaurant nommé Pizza Champlain et un autre nommé La Poutine Champlain.

Si Samuel de Champlain revenait par miracle parmi nous, je pense qu'il en serait gêné. Et je crois qu'il dirait lui-même que c'est une bonne idée de nommer le futur pont en l'honneur de Maurice Richard. «Je vois déjà mon nom à chaque coin de rue, je vais donc me garder une p'tite gêne en ce qui a trait à ce pont», ajouterait-il sûrement.

Pourquoi pas la 50?

Ce pauvre Rocket. Ce n'est pas la première fois qu'on lui fait le coup.

En 2001, on a voulu nommer l'autoroute 50 qui lie l'Outaouais à Montréal en son honneur. Et ce dossier était tellement avancé qu'Ottawa l'avait même nommée ainsi dans les cartes d'Élections Canada faisant état des nouvelles limites des circonscriptions électorales. La carte de Gatineau montrait le tracé de l'autoroute 50 et celle-ci était désignée par le nom «autoroute Maurice-Richard».

Peu de temps après cette «gaffe» du fédéral, la Commission de toponymie du Québec a publié un communiqué de presse pour préciser que ce nom n'avait pas encore fait l'objet d'une officialisation de sa part. Cette commission voulait attendre que les travaux d'aménagement de l'autoroute soient complétés avant de prendre une décision.

Puis depuis... rien. Les travaux sont complétés, on roule d'un bout à l'autre de cette autoroute depuis quelques années, mais rien. Elle porte toujours le nom, ou le nombre devrais-je dire, d'une marque de bière de la compagnie Labatt.

Que s'est-il passé au juste? Pourquoi le nom du Rocket a-t-il été oublié pour l'autoroute 50?

Pour la simple raison que Gatineau et les villes et villages qui longent la 50 n'en ont jamais fait la demande auprès de la Commission de toponymie du Québec.

La demande initiale avait été faite par l'ancienne Ville de Hull. La commission avait alors préféré attendre la fin des travaux et consulter les autres villes et villages qui longent l'autoroute 50 avant d'officialiser ce nom. Mais quand ces travaux ont été complétés, la Ville de Hull n'existait plus. Sa demande aurait dont été classée dans la filière 13, voire la poubelle.

Il aurait donc fallu que la nouvelle Ville de Gatineau et les autres villes et villages concernés déposent à leur tour une demande à la Commission de toponymie. Et si elles l'avaient fait dès la fusion des municipalités, on roulerait probablement sur l'autoroute Maurice-Richard depuis son ouverture complète.

Les élus de Gatineau rouvriront-ils ce dossier? Reste à voir.

D'ici là, on devra se contenter de l'immense statue du Rocket qui trône à l'entrée du parc Jacques-Cartier et qui n'est vraiment pas à sa place, si vous me demandez mon avis.

Mais comme on dit, c'est mieux que rien.

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