Laissez-moi faire mon épicerie

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Aimez-vous faire votre épicerie? Pour certains, c'est un véritable cauchemar. Comme pour ces hommes qui attendent leur conjointe dans l'auto pendant que celle-ci s'occupe des courses.

Je n'ai jamais compris ces hommes. Pourtant, s'ils détestent tellement entrer dans les IGA de ce monde, qu'ils y entrent, ne serait-ce que pour faire damner leur douce moitié.

C'est ce que je fais quand ma blonde me traîne magasiner. Je déteste magasiner. Alors je l'accompagne, mais je me donne secrètement la mission de l'exaspérer en moins d'une heure.

Parfois je me coifferai d'un chapeau ridicule que j'aurai pris sur une tablette. Puis je suivrai ma blonde dans le magasin pendant de longues minutes, ce chapeau sur la tête, jusqu'à ce qu'elle se tourne et qu'elle m'aperçoive le porter. Et c'est à ce moment précis que j'aurai droit à un «remets ce chapeau où tu l'as pris, idiot!» Puis suivra la claque sur les bras et son «t'aurais dû rester à la maison, toi». Touché.

Une autre fois ce sera une question intentionnellement stupide que je poserai à un commis. Juste pour voir ma blonde lever les yeux au ciel et l'entendre s'excuser de ma part auprès de ce commis. J'ai plein de trucs du genre, messieurs. Appelez-moi, je vous guiderai. Et je vous garantis que vos prochaines sorties de magasinage avec madame seront d'une durée de 60 minutes ou moins. Parfois beaucoup moins.

Faire l'épicerie, par contre, j'adore. Sans blague. Et Manon déteste. En fait, nous vivons ensemble depuis 20 ans, et je peux compter sur les doigts de la main le nombre de fois qu'elle m'a accompagné à l'épicerie. Et les rares fois qu'elle m'accompagne, elle me fait damner. Mais elle, contrairement à moi, ne le fait pas par exprès. Je crois...

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Où veux-je en venir avec ce long préambule? À cette nouvelle que j'ai lue récemment dans le Toronto Star.

Selon ce quotidien torontois, la compagnie Loblaws offrira bientôt le service au volant. Un projet-pilote verra bientôt le jour à Richmond Hill, dans la région métropolitaine de Toronto. Et s'il s'avère un succès, ce sont des dizaines d'autres magasins Loblaws de l'Ontario - et du Québec, je présume - qui offriront le service au volant.

Il suffira de commander vos articles en ligne, un employé s'occupera de tout trouver en magasin, et vos sacs d'épicerie vous attendront lorsque vous passerez les prendre en fin de journée sans même descendre de votre voiture.

«C'est-tu pas beautiful, ça?», demanderait Oncle Tom des Faces à claques. Eh bien non. Ce n'est pas beautiful. À moins qu'il y ait de l'espace dans les formulaires en ligne pour préciser quel produit on désire.

Voici ce que ma demande en ligne pourrait avoir l'air si j'utilisais ce service au volant:

«1 - Bananes. Quatre ou cinq bananes. Mais s'assurer que les bouts des bananes soient toujours verts. Et s'assurer aussi de ne pas choisir par mégarde les bananes dites biologiques. Parce que selon moi, on ne fait qu'ajouter le mot «biologique» pour pouvoir doubler le coût de ce fruit. Mais ça demeure la même maudite banane!

2 - pain blanc tranché. Mais s'assurer de prendre un pain qui se trouve tout au fond de la tablette. Ces pains sont habituellement plus frais que ceux placés à l'avant. Note à l'employé qui s'occupera de mon épicerie: prends garde à ton patron quand tu pigeras le pain qui se trouve au fond de la tablette. Les patrons détestent voir les clients faire ça. Mais il ne pourra pas te réprimander puisque le client a toujours raison...»

Puis la liste d'items se poursuivrait avec mes instructions spécifiques pour chacun d'entre eux. J'écrirais ensuite dans mon formulaire mes recommandations lorsque «je» passe à la caisse.

«Avis à l'employé qui s'occupe de mes épiceries:

- Ne jamais choisir la caisse #3. La commis à cette caisse n'a pas souri depuis deux décennies et elle est toujours d'une humeur massacrante.

- Évite également la caisse #5. La jeune commis à cette caisse, aussi jolie soit-elle, te tutoiera effrontément les rares fois qu'elle t'adressera la parole, trop occupée est-elle à raconter sa soirée d'hier à la commis à la caisse #4. Parlant de la commis à la caisse #4, je crois qu'elle mâche le même chewing gum depuis deux semaines.

- La commis à la caisse #1 est la plus plaisante. Blagueuse, serviable, toujours souriante. Mais malheureusement, sa caisse n'est que pour les clients qui n'ont que huit items ou moins. (Ça explique peut-être sa bonne humeur). Et si t'oses te présenter à sa caisse avec neuf items ou plus, elle fera appel à la commis à la caisse #3 pour te remettre à l'ordre. Une situation à éviter à tout prix, prends-en ma parole...

P.S.: assure-toi de goûter tous les échantillons de nourriture et de breuvage qu'on t'offrira en magasin. Sauf les fruits de mer. Je suis allergique, tu pourrais en mourir. Je passe prendre mes sacs à 17h. Et pour répondre à ta question avant que tu me la poses: plastique».

Le service au volant au magasin d'alimentation... pfff! Pas pour moi, merci.

Il me reste si peu de plaisirs dans la vie...

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