Le Possédé

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Dans quelle sorte de monde vit-on quand un ordinateur - une machine!- prend des décisions à notre place?

Remarquez que c'est peut-être juste le mien qui agit de la sorte. J'ai peut-être un ordinateur possédé par une force invisible et machiavélique.

Mais chaque fois que je reçois un courriel, Le Possédé décide où classer cette missive électronique. Sans même me consulter. Sans même m'en parler.

Avant même que je reçoive un courriel, Le Possédé décide s'il le classe dans ma boîte de réception, là où je peux le lire, ou encore dans mes courriels indésirables, là où je l'ignore. Mon ordi lit donc mes courriels avant moi.

C'est scandaleux. Presque criminel.

Imaginez si quelqu'un fouillait dans votre boîte aux lettres à la maison et que cette personne décidait par elle-même quoi faire de ces lettres qui vous sont adressées: «Oh! Une facture. Denis ne voudra pas voir ça. Alors hop! Aux poubelles!»

Et vous ne verriez jamais la facture en question. Vous en prendriez connaissance seulement quand ce créancier vous appellerait pour vous demander pourquoi vous avez ignoré votre devoir de le payer.

C'est un peu ce que fait Le Possédé. Il reçoit un courriel - votre courriel - et il décide unilatéralement si vous êtes digne ou non de le lire.

Et je me suis rendu compte récemment que ma vie pourrait être bien différente si Le Possédé ne censurait pas mes courriels.

J'ai jeté un coup d'oeil sur ceux jugés «indésirables» par Le Possédé. Et j'en suis presque tombé en bas de ma chaise.

D'abord, celui-ci:

«Commandez votre diplôme dès aujourd'hui!, peut-on lire. Trouver un emploi est facile lorsque vous avez un diplôme. Et si vous êtes sans diplôme, nous pouvons vous aider. Appelez-nous, laissez votre nom et votre numéro de téléphone, et nous vous rappellerons dans les plus brefs délais. Et dans quelques jours, vous recevrez votre doctorat par la poste!»

Un diplôme gratuit, imaginez. Non, plus que ça! Un DOCTORAT gratuit! C'est ce que j'aurais pu recevoir il y a des jours si Le Possédé n'avait pas décidé par lui-même de classer ce courriel parmi les «indésirables».

Bon, j'ai un diplôme en journalisme qui me fait bien vivre. Mais en ajoutant un doctorat à mon curriculum vitae, plusieurs portes s'ouvriraient devant moi. Et si jamais LeDroit décidait de me montrer la porte, je n'aurais absolument rien à m'inquiéter, je serais docteur! Et j'aurais un diplôme pour le prouver. Je me demande s'il est trop tard pour répondre à ce courriel...

En voici un autre qui aurait pu changer ma vie, mais que Le Possédé a décidé de me cacher:

«Les scientistes découvrent le secret pour pouvoir apprendre et maîtriser n'importe quelle langue en 10 jours! En utilisant cette méthode révolutionnaire achetée par le FBI, vous apprendrez en 10 jours la langue de votre choix.»

Bordel! Qui n'a pas rêvé de pouvoir parler plusieurs langues? Que pensait Le Possédé en classant ce courriel parmi les «indésirables»!? Si ce n'était pas de lui, je pourrais aujourd'hui rédiger cette chronique en italien, espagnol, chinois ou serbo-croate.

Les possibilités seraient infinies. Et si j'avais vu ce courriel, j'aurais vite appelé pour me procurer le «kit vidéo» en question. Et aujourd'hui, plutôt que de vous écrire quelque chose comme «je vous souhaite une bonne semaine, chers lecteurs», j'aurais pu, pour m'amuser, vous écrire: «Le deseo una buena semana, queridos lectores.»

Sapré Possédé va. S'il n'avait pas pris le contrôle de mes courriels, je serais aujourd'hui docteur ET polyglotte.

Et c'est sans parler de cet autre courriel qu'il m'a caché et selon lequel j'aurais pu ajouter deux pouces à - comment dirais-je? - à «un ami qui m'est cher», mettons.

Donc je reprends. Si ce n'était pas du Possédé qui lit MES courriels avant moi, je pourrais aujourd'hui être un docteur polyglotte «équipé pour veiller tard».

Maudite technologie... Dans quelle sorte de monde vit-on?

La prostituée

Changement de sujet...

Vous avez été plusieurs à m'écrire et aussi à m'appeler pour me dire que ma chronique intitulée «La prostituée», publiée le samedi 19janvier, vous a touchés. Je vous en remercie.

Et plusieurs se demandaient, comme moi, si la fille de joie en question était toujours de ce monde. Or, j'ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle, c'est qu'elle est toujours de ce monde. Comment le sais-je? Eh bien ça, c'est la mauvaise nouvelle.

Je le sais parce que je l'ai revue samedi midi. Elle était de retour à son «bureau» au coin de la rue...

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