Le colistier

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J'essaie depuis jeudi de comprendre le sens de toute cette histoire de colistiers à Gatineau. Et je me dis que si tout le monde y trouve son compte, l'élection municipale de novembre prochain à Gatineau risque d'être un joyeux bordel.

Récapitulons.

Le conseiller municipal du secteur Buckingham, Maxime Pedneaud-Jobin, forme le parti politique Action Gatineau. Une fois ce parti officiellement reconnu, Pedneaud-Jobin déclare qu'il pourra se présenter à la mairie avec un colistier.

(On ouvre une parenthèse pour expliquer ce qu'est un colistier. Un système de colistier permet au chef d'un parti politique - Pedneaud-Jobin, dans le cas qui nous concerne - de se présenter à la fois comme maire et comme conseiller lors d'une élection. Si Pedneaud-Jobin est défait à la mairie, il peut tout de même siéger comme conseiller à la place de son colistier. On ferme la parenthèse.)

C'est toutefois la Ville, voire le conseil municipal, qui accepte ou non ce système de colistier lors d'une élection. Et à Gatineau, la majorité du conseil a dit à Maxime Pedneaud-Jobin d'aller se faire cuire un oeuf avec son histoire de colistier.

Ne reculant devant rien, ce dernier a dit qu'il allait demander à Québec d'intervenir et de décider si oui ou non Gatineau peut avoir le système de colistier aux élections de novembre prochain.

Vous me suivez toujours, chers lecteurs? Oui? D'accord. Alors, je continue.

Devant ce nouvel affront du conseiller Pedneaud-Jobin, le maire Bureau a dit qu'il ne s'objecterait pas à un système de colistier imposé par Québec, mais à condition que les candidats indépendants - c'est-à-dire ceux qui ne sont pas membres d'un parti politique, comme lui - puissent jouir des mêmes privilèges que les chefs de partis et puissent se présenter eux aussi avec un colistier.

On attend des nouvelles de Québec depuis.

***

La belle affaire, n'est-ce pas?

Imaginez si Québec donne son aval à un système de colistiers pour tout le monde. Imaginez le nombre de candidats qui se présenteront à la mairie.

Tous ceux qui y songent présentement, tous ceux qui hésitent. Les Riel, Goneau, Psenak, Tassé et le reste. Ils vont tous se présenter à la mairie en novembre puisqu'ils n'auront rien à perdre!

Puisque ceux qui seront défaits à la mairie auront de maudites bonnes chances de gagner tout de même dans leur quartier respectif et ainsi demeurer conseiller municipal en tassant leur colistier.

Ce serait totalement ridicule.

Imaginez maintenant le pauvre électeur. «Pour qui est-ce que je vote au juste?» se demandera-t-il. Si, par exemple, un électeur d'Aylmer est satisfait du travail du conseiller Psenak, mais qu'il ne voit pas ce conseiller à la mairie, pour qui votera-t-il?

Si un autre électeur aime bien un candidat, mais ne peut pas sentir son colistier, pour qui votera-t-il?

Marc Bureau a pris un risque en se présentant à la mairie contre Yves Ducharme, il y a un peu plus de sept ans. Et il a gagné son pari.

L'ancien conseiller Aurèle Desjardins a pris le même risque contre le maire Bureau aux dernières élections. Mais lui a perdu son pari. Et il a du même coup perdu son siège à la table du conseil municipal.

C'est le risque à prendre. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.

Depuis jeudi donc, je tente de démêler toute cette histoire de colistier. Et j'arrive à la conclusion qu'un tel système à Gatineau se transformerait rapidement en un joyeux bordel.

Laissons les choses comme elles sont. Oublions les colistiers. Et que ceux qui se présentent à la mairie en novembre prochain aient le courage de leurs convictions.

Car poser sa candidature à la mairie n'est pas une aventure de Batman et Robin.

***

Changement de sujet...

LeDroit posait la question suivante, hier, sur son site Web: «Avez-vous été vacciné contre la grippe?»

Du nombre des répondants, plus de 60% ont répondu «non». Donc au moins six personnes sur 10 ne se font pas vacciner. Et je suis de ce nombre.

Je n'ai pas d'excuse. Ça fait deux fois que mon médecin de famille m'offre ce vaccin. Mais je le refuse.

Je déteste prendre des médicaments, je n'aime pas injecter n'importe quoi dans mon système et je ne crois pas vraiment en l'efficacité de ces vaccins. Certains diront «moi non plus». Et d'autres nous accuseront d'être de ceux qui ne font que propager le virus de la grippe en refusant ce vaccin.

Comme si la grippe allait disparaître à tout jamais si tout le monde se faisait vacciner...

Permettez-moi d'en douter.

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