Je veux mon hockey

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Je connais des gens - et j'en suis un - qui s'abonnent à des canaux spécialisés durant l'hiver pour pouvoir regarder les matches de la Ligue nationale de hockey (LNH).

J'en connais d'autres qui achètent des t-shirts de leur équipe de hockey favorite, des petits fanions pour accrocher à leur voiture, des casquettes aux couleurs de leurs favoris. Bref, toutes sortes de bidules pour afficher fièrement leur attachement à leur équipe.

Et je connais d'autres gens plus fortunés qui s'achètent des billets de saison ou qui louent des loges corporatives pour leurs clients et invités.

Tous ces gens, riches et moins riches, dépensent de l'argent pour acheter un produit. Beaucoup d'argent. Mais cette saison, la LNH a dit à ces gens: «Merci pour votre fidélité, mais vous n'aurez pas le produit que vous vous êtes procuré.»

Pardon? Vous prenez mon argent mais vous ne me donnez rien en retour?

Cette dispute entre la LNH et les joueurs de cette même ligue, c'est l'histoire d'un gars qui va s'acheter un char.

Le gars entre chez un concessionnaire et il est accueilli par un vendeur souriant. Après une discussion entre les deux hommes, l'essai sur la route d'une voiture et une négociation pour un prix juste et final, le gars est satisfait et il achète la voiture.

«Merci Monsieur, lui dit le vendeur. Il ne me reste qu'à faire approuver par mon gérant le prix sur lequel nous nous sommes entendus. Je reviens tout de suite.»

Le vendeur revient après quelques minutes, il dit au client que son gérant a approuvé le prix, puis il lui demande de revenir le lendemain lorsque sa nouvelle voiture sera plaquée et prête pour la route.

Le deal est complété et tout le monde est content. Le gars paie les milliers de dollars requis et rentre chez lui en rêvant au lendemain matin.

Mais le lendemain matin, chez le concessionnaire:

«Bonjour Monsieur Client, lui dit le même vendeur, mais sans sourire cette fois-ci.

Bonjour. Est-ce que ma voiture est prête?

Heu... Oui et non.

Que voulez-vous dire?

Elle est prête, mais vous ne pouvez pas l'avoir.

Et pourquoi pas!?

Parce que mon gérant a réduit ma commission. Je devais obtenir un tel pourcentage de la vente de votre auto, mais mon gérant a décidé du jour au lendemain que ce pourcentage était trop élevé. Donc, tant et aussi longtemps que lui et moi n'aurons pas trouvé une façon de se diviser votre argent, votre voiture restera ici.

Mais... C'est mon argent!

Oui Monsieur, vous avez raison. Mais si je laisse la voiture sortir d'ici, ce sera un signe d'abdication de ma part et le gérant aura gagné. Je ne peux pas faire ça.

Je veux voir le gérant immédiatement!

Vous perdrez votre temps, Monsieur, il vous dira la même chose que moi.

Mais quand pourrai-je prendre possession de ma voiture!?

Dès que nous aurons trouvé une façon juste et équitable de se diviser votre argent, Monsieur.»

***

C'est farfelu comme comparaison, je le sais. Mais dans le fond, n'est-ce pas un peu ce que font présentement la LNH et les hockeyeurs professionnels?

Ils se disputent NOTRE argent. L'argent qu'on a dépensé et qu'on dépensera pour un billet pour un match, pour le stationnement, pour un hot-dog, pour une bière, pour un t-shirt de notre équipe, pour un canal télé spécialisé,etc.

C'est le président américain, Barack Obama, qui a le mieux résumé la situation. Voici ce qu'il a répondu à un journaliste du Minnesota qui lui demandait son opinion sur ce conflit ridicule et interminable dans la LNH: «Mon message (aux propriétaires et aux joueurs) est le suivant: vous faites beaucoup d'argent, et beaucoup d'argent sur le dos des spectateurs et de vos admirateurs, alors agissez en les considérant dans l'équation. Vous pouvez vous entendre sur la façon dont vous voulez partager les revenus, par contre n'oubliez pas les amateurs qui vous ont toujours appuyés.»

Le président a poursuivi en précisant sa pensée: «Je ne devrais pas m'impliquer dans une dispute entre athlètes fortunés et propriétaires encore plus riches. Mais ils doivent se souvenir de ceux qui leur permettent de mettre tant d'argent dans leurs poches.»

Voilà. J'aime ce président américain. J'aime un leader qui dit les vraies choses.

Messieurs les millionnaires et milliardaires du hockey, vous vous disputez NOTRE argent. Et si, un jour, on s'exaspère de votre conflit inutile et de votre entêtement, on vous tournera le dos et vous n'aurez plus rien à vous disputer puisqu'il n'y en aura plus d'argent!

Je veux mon hockey. Je veux le produit pour lequel je paie depuis toujours. Je veux mon char.

dgratton@ledroit.com 613-562-7531

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