Tableaux noirs et blancs

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Il y a un peu moins de deux ans, l'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, annonçait dans le discours d'ouverture d'une nouvelle session parlementaire que plus de 40000 tableaux numériques allaient être achetés en cinq ans pour remplacer les tableaux noirs dans les salles de classe des écoles primaires et secondaires du Québec.

Cette nouvelle m'a surpris. Surpris d'apprendre que la majorité des écoles du Québec n'étaient pas déjà munies de ces tableaux interactifs. «Tout un retard sur l'Ontario», me suis-je dit.

Depuis quelques années, j'ai la chance, dans le cadre d'un projet spécial, de visiter des écoles élémentaires et secondaires de langue française de la grande région d'Ottawa. Des écoles du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), plus précisément.

Et dès ma première visite dans une école - l'école élémentaire catholique Montfort, dans ce cas-ci -, j'ai été renversé par ces tableaux interactifs. En regardant les jeunes élèves travailler sur ces tableaux à la fine pointe de la technologie, je me souviens d'avoir dit au directeur de l'école Montfort: «Ouais... On est bien loin des anciens tableaux noirs, des craies blanches et des effaces en feutre, n'est-ce pas?». Et lui de me répondre: «Nous sommes à des lunes de cette époque.» Et il aurait pu ajouter: «Bienvenue au xxiesiècle, M.Gratton.»

C'est quoi un tableau interactif?

C'est comme une immense tablette tactile fixée au mur. Ou un iPad géant.

Voici comment la directrice adjointe de l'école Montfort, Chantal Feltham, m'avait décrit ces tableaux de l'ère moderne: «Ce sont des tableaux sur lesquels les enseignants peuvent écrire de leur ordinateur. Ils donnent toutes leurs leçons sur ces tableaux interactifs. Les enfants peuvent aussi écrire sur ces tableaux qui sont utilisés dès la maternelle. Sur ces tableaux, on peut également diffuser des émissions éducatives créées pour les écoles par TFO et d'autres médias francophones. Puis il y a aussi des jeux interactifs qui mettent en action les élèves.»

En d'autres mots, ce sont des tableaux qui suivent l'évolution de la vie. Ce sont des tableaux qui vont là où sont rendus les enfants, c'est-à-dire dans un monde où les ordinateurs, les tablettes numériques et les téléphones intelligents font partie de leur quotidien. Les écoles dotées de ces tableaux numériques sont les écoles de 2012, les écoles - non pas de l'avenir - mais d'aujourd'hui.

Ceci dit, on apprenait la semaine dernière que le gouvernement Marois n'a pas l'intention de poursuivre le programme lancé par Jean Charest. Le gouvernement n'en voudrait plus de ces tableaux interactifs.

«Ces tableaux ne correspondent pas nécessairement aux besoins des commissions scolaires et des écoles», a déclaré la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy.

Cette nouvelle m'a renversé. Québec lève le nez sur ces tableaux qui ont pourtant fait leurs preuves dans toutes les écoles qui les utilisent.

Tenez, voici ce que m'a dit Jacqueline Beausoleil, une enseignante à la maternelle à l'école Montfort depuis plus de 20 ans: «Personnellement, tous ces nouveaux outils pédagogiques et technologiques m'ont redonné le goût de l'enseignement. Je ne pourrais jamais revenir à une école conventionnelle. Avec les tableaux blancs interactifs, les enfants apprennent beaucoup plus vite. J'ai constaté un énorme changement dans la rapidité d'apprentissage grâce aux outils technologiques. Dans le passé, la plupart de mes élèves de maternelle pouvaient compter jusqu'à 30. À présent, ils peuvent compter jusqu'à 80 ou 90. Pourquoi? Parce que les nouveaux outils sont stimulants. On a l'attention des élèves de début à la fin. Le tableau interactif, c'est l'outil de rêve pour tout enseignant!».

«Les enfants apprennent beaucoup plus vite», a-t-elle dit. «Un outil de rêve pour tout enseignant», a-t-elle ajouté.

Et Québec n'en veut pas...

C'est quoi encore le taux de décrochage dans les écoles secondaires de la Belle Province?

En conclusion, je cite Marie-Ève Archambault, une enseignante de Boucherville, au Québec, qui a réagi à l'annonce du gouvernement Marois en écrivant une lettre au quotidien montréalais La Presse: «L'enseignement n'est pas un milieu à part des autres, a-t-elle écrit. Dans plusieurs domaines ainsi que dans les foyers québécois, les gens utilisent les ordinateurs, les tablettes numériques et les téléphones intelligents. C'est l'avenir! Et je ne comprends pas la raison de l'exclusion du monde scolaire. Arrêtons d'enseigner comme dans le temps d'Émilie Bordeleau, nous sommes en 2012!»

Une savoureuse citation. Surtout la dernière phrase...

Mes condoléances

En terminant, mes condoléances les plus sincères aux parents et amis de M.Marcel Beaudry. L'Outaouais et toute la grande région de la capitale nationale ont perdu un grand, un vrai.

Et mes condoléances à mon ami Daniel Séguin qui a perdu son père la semaine dernière. Mes pensées sont avec toi, Daniel, ainsi qu'avec tes proches et tes amis.

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