Les amis de Bobino

Partager

C'est curieux comme on aime tous s'approprier les gens qui ont du succès dans la vie et avec qui on partage un petit quelque chose.

Exemple: l'ancienne vedette des Islanders de New York, Denis Potvin. Il est de Vanier, ce joueur de hockey intronisé au Temple de la renommée. Et quand son nom se glisse dans une conversation, tout Vaniérois dira fièrement quelque chose comme: «Il est de Vanier, ce gars-là.» D'autres diront: «Je suis allé à l'école avec lui.» Ou encore: «Je le connais bien, Denis Potvin. Il était le voisin de mon oncle.»

C'est parfois n'importe quoi. Mais parce qu'il est de Vanier, et parce que nous le sommes aussi, on se croit permis de proclamer qu'il est notre ami, une connaissance, un ancien collègue de classe ou encore un ancien voisin.

Comme si ça nous grandit de partager un lien - si insignifiant soit-il - avec quelqu'un qui a réussi et qui est connu de tous.

Quand j'étais enfant, j'étais jaloux des Hullois. Je pouvais bien dire en me bombant le torse que Denis Potvin était de Vanier. Mais un Hullois pouvait dégonfler rapidement ma balloune en répliquant: «Ah oui? Eh bien, Guy Sanche est de Hull.»

Comment pouvais-je rivaliser avec ça? Les Hullois pouvaient légitimement se proclamer amis de Bobino. Wow! Il aurait fallu que Sol et Gobelet et toute la distribution de La Ribouldingue soient originaires de Vanier pour que les Vaniérois soient à égalité avec les Hullois.

Le grand Bobino était l'un des leurs. Maudits chanceux!

Il y a quelques années, la Ville de Gatineau a invité la population à suggérer des noms pour le boulevard qui allait éventuellement être nommé des Allumettières.

La Ville a fait le bon choix avec ce nom. Il était temps qu'on honore ces ouvrières qui ont marqué l'histoire de Hull. Et si vous n'êtes pas convaincus que «des Allumettières» est le bon nom pour ce boulevard, lisez le roman Les demoiselles aux allumettes de l'auteure Marie-Paule Villeneuve. On s'en reparlera.

Mais durant la tenue de ce «concours» pour trouver un nom au «nouveau» boulevard, j'ai suggéré dans une chronique qu'on le nomme le «boulevard Bobino», en hommage au Hullois Guy Sanche.

Certains ont aimé ma suggestion. D'autres moins. Et d'autres pas du tout. Et certains me traitent encore de «baby-boomer illuminé» pour avoir proposé un tel nom.

Mais dans ma tête, il était inconcevable que Hull, et maintenant Gatineau, n'ait pas encore rendu hommage à cet homme. Comment avions-nous pu oublier la contribution de Guy Sanche à la culture, au savoir, à la créativité et à l'imaginaire? Comment avions-nous pu oublier Bobino?

Un petit groupe de gens - Jacinthe Beaudin en tête - a bien aimé mon idée et a tenté par une pétition et par toutes sortes de moyens de convaincre les élus de nommer le boulevard en l'honneur et en la mémoire de Guy Sanche. Mais en vain.

Ces gens n'ont cependant pas «lâché le morceau». Et mardi, on apprenait que la bibliothèque Bowater de la Maison de la culture allait être renommée: la bibliothèque Guy-Sanche.

Enfin, me suis-je dit. Peut-être que le «baby-boomer illuminé» que je suis n'avait pas si tort...

Chapeau à Jacinthe Beaudin et à tous ceux qui l'ont appuyée dans ses démarches pour qu'enfin les Gatinois puissent se proclamer fièrement «ami de Bobino».

Je suis jaloux.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer