Vent de panique

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Peut-être pleut-il des clous au moment où vous lisez cette chronique. Parce que si les météorologues disent vrai, l'ouragan Sandy est présentement à jeter des «tonnes» d'eau sur notre région. Et des vents de 40 à 70 km/h agrémentent le tout.

Est-ce effectivement le cas? Je ne sais pas. Je ne suis ni météorologue, ni devin. Mais chose certaine, je n'allais pas me réserver un temps de départ au golf Kingsway ou au Sorcier ce matin.

La bonne nouvelle dans tout ça, c'est que notre région devrait échapper au pire. Et tant mieux. Parce que croyez-moi, c'est terrifiant, l'approche d'un ouragan.

Je recule de 20 ans ce matin. En août 1992, alors que je me trouvais à Houston, au Texas, pour vous rapporter tous les détails du procès de Raymond Durand, un Gatinois accusé du meurtre de sa femme. Ce Durand avait tué son épouse Jeannine à Houston, en 1968, mais ce n'est que 24 ans plus tard qu'il avait été arrêté et accusé de ce crime.

Au terme d'un procès de trois semaines, il a été trouvé coupable de meurtre et a été condamné à 30 ans de prison. Raymond Durand est décédé en février 2009.

Je me trouvais donc à Houston, disais-je. Dans les journaux et les nouvelles à la télé, on apprenait qu'un ouragan baptisé Andrew venait de raser la Floride faisant près d'une soixantaine de morts. Et cet ouragan destructeur de catégorie 5 (il n'y a pas de catégorie 6) se dirigeait droit sur le Texas!

Andrew devait frapper Houston durant la nuit. Donc, la veille, les autorités avaient fermé les écoles et les bureaux. Des commerces étaient placardés. Le procès Durand avait été ajourné. La radio ne cessait de répéter les mesures d'urgence à prendre. Les gens fuyaient la ville par centaines, voire par milliers. La quasi-panique, quoi.

Je me sentais bien seul dans ma minable chambre de motel en banlieue de Houston. Que pouvais-je faire? Fuir? Mais allez où? Rentrer au Canada? Non. J'avais un travail à compléter. Et de toute façon, tous les vols en direction et en provenance de Houston étaient annulés.

Le procureur de la Couronne de Houston, un dénommé Ted Wilson, m'avait conseillé de me tenir sous un cadre de porte lors du passage d'Andrew. Mais cet ouragan devait passer durant la nuit. Allais-je coucher dans le cadre de porte de la salle de bain de ma minable chambre de motel? Non.

Et ce Wilson d'ajouter: «Ce n'est pas le passage de l'ouragan qui est le pire.

Ah non? Alors qu'y a-t-il de pire que le passage d'un ouragan?, lui avais-je demandé.

C'est le lendemain de son passage, m'avait-il répondu. C'est quand les égouts ont tous refoulé et que la ville est recouverte de rats et de serpents.»

La belle affaire. Si je n'allais pas mourir dans cet ouragan, j'allais me lever au petit matin pour être accueilli par des rats et des serpents. Et moi qui ai une phobie morbide des serpents...

Inutile de vous dire qu'un vent de panique s'est emparé de moi... En d'autres mots, j'avais la «chienne». J'étais terrifié.

Donc ce soir-là, vers 19h, j'ai appelé mon fils à Ottawa. (Il était alors âgé de deux ans.) Je lui ai dit que je l'aimais et que papa avait très hâte de le revoir. J'ai ensuite bu «quelques» bières, puis je me suis couché. Et advienne que pourra, me suis-je dit en fermant les yeux. Si mon destin est de mourir dans un ouragan au Texas, que puis-je y faire? Mais j'avoue que j'ai prié le Ciel ce soir-là...

«Mon Père, si tu m'écoutes, tout ce que je te demande, c'est un toit par-dessus ma tête à mon réveil. Et le moins de serpents possible à ma porte, s'il te plaît. Merci. Et amen.»

Le lendemain matin, tout était curieusement paisible et silencieux. J'ouvre les rideaux de ma minable chambre de motel en m'attendant à voir la dévastation mais... rien. Pas de serpents. Pas de rats. Pas de pluie. Juste un beau et radieux soleil.

L'ouragan Andrew avait bifurqué dans le golfe du Mexique durant la nuit et s'abattait maintenant sur la Louisiane.

«Merci mon Dieu», ai-je soufflé. Puis j'ai rappelé mon fils pour lui redire que je l'aimais.

Une petite précision

Petite précision en terminant.

Dans ma chronique de jeudi dernier, je vous ai parlé de l'organisme à but non lucratif Gourmet Express, du Centre des services communautaires de Vanier.

Mais je me suis trompé en écrivant: «Gourmet Express». Il aurait plutôt fallu lire: «Gourmet Xpress».

Un détail, diront certains. Peut-être. Mais quand un site Internet se nomme «Gourmet Express», et que le vôtre se nomme «Gourmet Xpress», ça peut porter à confusion.

Toutes mes excuses.

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